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Ma déclaration au groupe communiste à l'assemblée nationale

20 juin 2007 2 395 vues 4 commentaires Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Je vous retranscris ici ma contribution au groupe communiste Ă  l’AssemblĂ©e nationale. Nous sommes actuellement en plein dĂ©bat. La constitution d’un groupe est essentielle pour peser dans les dĂ©bats et dans les travaux de la nouvelle assemblĂ©e Ă©lue. VoilĂ  ce que j’en pense:

Le rĂ©sultat du deuxiĂšme tour des Ă©lections lĂ©gislatives pour les dĂ©putĂ©s communistes est une juste reconnaissance de leur contribution au pluralisme, et du rĂŽle qu’ils jouent dans les deux assemblĂ©es.

Il faut s’en fĂ©liciter.

Malheureusement, ces rĂ©sultats n’effacent pas l’échec de la candidature communiste Ă  l’élection prĂ©sidentielle et notre affaiblissement qui atteint un niveau historique jamais connu depuis la fondation du PCF.

Par consĂ©quent, il ne peuvent en aucun cas crĂ©er l’illusion d’un redressement Ă©lectoral comme en atteste les tendances structurelles de notre dĂ©pĂ©rissement depuis plusieurs annĂ©es.

Nous n’atteignons pas les 5 % dans 432 circonscriptions ; nous avions 7 circonscriptions avec moins de 2 % en 1997 ; nous en avons 113 en 2007 ; nous avions 60 circonscriptions à plus de 20 % en 1997 ; 32 en 2002 ; 23 en 2007. Seul ce niveau de 20 % nous permet de nous maintenir au deuxiùme tour.

La question de refondation communiste, et la mise en oeuvre d’un processus constituant pour une force de transformation sociale Ă  gauche, dans laquelle l’apport de notre culture sera prĂ©sent, est posĂ©e.

La dĂ©fĂ©rer ou ne pas y rĂ©pondre, c’est disparaĂźtre. Quant Ă  notre place dans cette assemblĂ©e, il est inutile de demander Ă  la droite de nous octroyer un groupe de 15 dĂ©putĂ©s et par consĂ©quent, quĂ©mander une faveur.

Et ce d’autant plus que les conditions politiques d’un groupe avec l’apport d’autres dĂ©putĂ©s, Verts, radicaux de gauche, voire socialistes, peuvent ĂȘtre rĂ©unies.

C’est Ă  ma connaissance la proposition faite par notre secrĂ©taire national qui a eu un Ă©cho favorable.

Un groupe rĂ©duit Ă  15 par le truchement d’une modification rĂ©glementaire, serait certes identitaire, mais ne correspond pas Ă  la situation politique.

Ce groupe oĂč plusieurs sensibilitĂ©s se retrouveraient, serait Ă  la fois technique et politique.

Technique pour avoir les moyens de fonctionner et d’exister au Parlement.

Politique parce qu’il permettrait tout Ă  la fois que chacune des sensibilitĂ©s s’expriment et votent selon ses choix, politique encore parce qu’il permettrait de faire travailler ensemble des cultures diffĂ©rentes. Ce croisement d’idĂ©es, cet Ă©change, serait pour nous communistes, d’une grande richesse.

Il serait une volonté forte de construire.

4 commentaires »

  • bruno morin a écrit :

    merci !
    nous avons besoin de produire du commun avec d’autres forces, avoir raison tout seul et ne rien changer cela correspond Ă  ce Ă  quoi des dirigeants du pcf dĂ©clarent Ă©chapper : au gauchisme

  • Camille a écrit :

    Monsieur Asensi,
    Il est faux de dire que l’affaiblissement est le plus faible jamais connu…le PCF a dĂ©jĂ  eu encore moins de dĂ©putĂ©s sur une mandature…

  • gib a écrit :

    Merci de cet éclaircissement qui répond à la question que je te posais en commentaire de tes remerciements.

    Il serait dramatique qu’un rĂ©sultat moins mauvais que celui qui Ă©tait pronostiquĂ© permette Ă  la direction du Parti communiste de s’exonĂ©rer des remises en questions indispensables. Je ne crois pas que la dĂ©fense de l’identitĂ© passe par le repli. Au fond, un repli signifierait publiquement que les dirigeants communistes refusent d’accepter que « nous ne sommes pas tous pareils ». Le problĂšme, c’est que « pourquoi ne sommes-nous pas tous pareils » qui se traduit parfois par « le parti se renforce en s’épurant » n’est pas une question politique. Elles est du ressort de la gestion de l’intime et du social a minima. Nous savons maintenant que dans l’engagement au sein d’un parti et dans la volontĂ© de le voir toujours soudĂ©, il y a une part de rĂ©ponse Ă  nos angoisses les plus intimes.
    Il n’est pas habituel de creuser ces questions tant est forte la tradition qui consiste Ă  tenter d’effacer l’individuel derriĂšre le collectif. Mais masquer les diffĂ©rences ne les font pas disparaĂźtre. Au contraire, plus on cherche Ă  les enfouir, plus elle sont douloureuses et stĂ©rilisantes !
    Accepter nos sensibilitĂ©s diffĂ©rentes serait rendre le plus grand service au peuple de ce pays. Il faut, pour transformer la sociĂ©tĂ©, un outil. Et cet outil, moins il est pur, plus il est fonctionnel. Il se renforce en se nourrissant de tout ce qui, au service de transformation de la sociĂ©tĂ©, n’est pas lui. Cela se fera avec ou sans la direction du Parti communiste. Je souhaite que cela ne se fasse pas contre elle mais la balle est dans le camp de cette direction.

    gib

  • rinaldo a écrit :

    QUE FAIRE ? ton analyse est juste car c’est au pied du mur que l’on voit les maçons.Et nous communistes en savons quelque chose…c’est pour cela que les camarades dĂ©putĂ©s qui se sont maintenus sont ceux qui Ă©taient le plus sur le terrain au contact des citoyens.Et c’est dans cette  » alliance » que nous ferons notre diffĂ©rence car nous savons d’ou nous venons et connaissons le chemin qui reste a faire. fraternellement.rinaldo crespi

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