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Soutien aux cinémas publics

10 octobre 2007 2 306 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Dans une lettre adressée aux maires et aux directeurs de cinéma de la Seine-Saint-Denis, François Asensi appelle à une mobilisation forte en faveur des cinémas publics et de la diversité culturelle menacés par les attaques répétées des grands exploitants…

« Dans le dernier numéro du journal municipal de Tremblay, je me suis ouvert aux Tremblaysiens de l’attaque scandaleuse d’UGC contre le cinéma « le Méliès » de Montreuil. Le groupe UGC, rejoint par le groupe MK2, a lancé une poursuite en justice pour « abus de position dominante ».

UGC, qui a également lancé trois autres procédures à Noisy-le-Grand, à Epinal et à Lyon, fait preuve d’un appétit décomplexé et inquiétant. D’autant plus qu’il est rejoint dans sa lutte par Martin Karmitz (MK2) avec lequel ils ont récemment décidé d’une carte illimitée en commun.

Qui peut croire alors que le géant des multiplexes dont le centre de Rosny-sous-Bois accueille 2,5 millions de spectateurs par an soit menacé par des salles qui ne dépassent pas les 200 000 entrées ?

Ces salles publiques reçoivent le soutien financier des collectivités locales. C’est grâce aux subventions et aux efforts de nombreuses villes qu’un important réseau de cinémas associatifs ou municipaux a pu se développer et se moderniser en Seine-Saint-Denis.

Ces salles de cinéma, très souvent classées Art et Essai, sont celles qui diffusent le cinéma le plus innovant, le plus créatif et le plus ouvert sur la diversité culturelle. Aujourd’hui, 50% des films à l’affiche dans ces salles n’accèdent jamais aux nombreux écrans des multiplexes.

Ces salles sont aussi celles qui garantissent un tarif raisonnable et donc l’accès de tous aux œuvres cinématographiques. Malgré d’importantes recettes sur les publicités et sur les produits dérivés, les grands exploitants ont librement choisi d’augmenter leur tarifs, jusqu’à atteindre 10 euros pour une entrée.

Nous le savons, leurs critères de sélection ne passe pas par l’intérêt esthétique, la démarche artistique ou la recherche de talents mais par la rentabilité financière et la conquête de parts de marché.

Cette logique uniquement commerciale, qui nie la dimension culturelle du cinéma, pose aujourd’hui la question des règles dans ce secteur.

Doit-on laisser s’organiser les concentrations qui permettent à certains groupes de contrôler l’ensemble du circuit de la création (production, distribution, diffusion) ? Doit-on laisser les grands groupes dont le cinéma n’est pas le cœur de métier devenir les acteurs majeurs de la culture ?

Face au risque d’une jurisprudence désastreuse pour la création artistique et la liberté des auteurs, nous devons réaffirmer l’idée que la culture est un bien commun auquel chacun doit avoir accès.

C’est pourquoi nous, élus, directeurs de cinéma et d’équipements culturels, professionnels et amateurs, membres des réseaux culturels et spectateurs, devons nous mobiliser et gagner cette bataille. »

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