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Soutien aux cinémas publics

10 octobre 2007 2 308 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Dans une lettre adressĂ©e aux maires et aux directeurs de cinĂ©ma de la Seine-Saint-Denis, François Asensi appelle Ă  une mobilisation forte en faveur des cinĂ©mas publics et de la diversitĂ© culturelle menacĂ©s par les attaques rĂ©pĂ©tĂ©es des grands exploitants…

« Dans le dernier numĂ©ro du journal municipal de Tremblay, je me suis ouvert aux Tremblaysiens de l’attaque scandaleuse d’UGC contre le cinĂ©ma « le MĂ©liĂšs » de Montreuil. Le groupe UGC, rejoint par le groupe MK2, a lancĂ© une poursuite en justice pour « abus de position dominante ».

UGC, qui a Ă©galement lancĂ© trois autres procĂ©dures Ă  Noisy-le-Grand, Ă  Epinal et Ă  Lyon, fait preuve d’un appĂ©tit dĂ©complexĂ© et inquiĂ©tant. D’autant plus qu’il est rejoint dans sa lutte par Martin Karmitz (MK2) avec lequel ils ont rĂ©cemment dĂ©cidĂ© d’une carte illimitĂ©e en commun.

Qui peut croire alors que le géant des multiplexes dont le centre de Rosny-sous-Bois accueille 2,5 millions de spectateurs par an soit menacé par des salles qui ne dépassent pas les 200 000 entrées ?

Ces salles publiques reçoivent le soutien financier des collectivitĂ©s locales. C’est grĂące aux subventions et aux efforts de nombreuses villes qu’un important rĂ©seau de cinĂ©mas associatifs ou municipaux a pu se dĂ©velopper et se moderniser en Seine-Saint-Denis.

Ces salles de cinĂ©ma, trĂšs souvent classĂ©es Art et Essai, sont celles qui diffusent le cinĂ©ma le plus innovant, le plus crĂ©atif et le plus ouvert sur la diversitĂ© culturelle. Aujourd’hui, 50% des films Ă  l’affiche dans ces salles n’accĂšdent jamais aux nombreux Ă©crans des multiplexes.

Ces salles sont aussi celles qui garantissent un tarif raisonnable et donc l’accĂšs de tous aux Ɠuvres cinĂ©matographiques. MalgrĂ© d’importantes recettes sur les publicitĂ©s et sur les produits dĂ©rivĂ©s, les grands exploitants ont librement choisi d’augmenter leur tarifs, jusqu’à atteindre 10 euros pour une entrĂ©e.

Nous le savons, leurs critĂšres de sĂ©lection ne passe pas par l’intĂ©rĂȘt esthĂ©tique, la dĂ©marche artistique ou la recherche de talents mais par la rentabilitĂ© financiĂšre et la conquĂȘte de parts de marchĂ©.

Cette logique uniquement commerciale, qui nie la dimension culturelle du cinĂ©ma, pose aujourd’hui la question des rĂšgles dans ce secteur.

Doit-on laisser s’organiser les concentrations qui permettent Ă  certains groupes de contrĂŽler l’ensemble du circuit de la crĂ©ation (production, distribution, diffusion) ? Doit-on laisser les grands groupes dont le cinĂ©ma n’est pas le cƓur de mĂ©tier devenir les acteurs majeurs de la culture ?

Face au risque d’une jurisprudence dĂ©sastreuse pour la crĂ©ation artistique et la libertĂ© des auteurs, nous devons rĂ©affirmer l’idĂ©e que la culture est un bien commun auquel chacun doit avoir accĂšs.

C’est pourquoi nous, Ă©lus, directeurs de cinĂ©ma et d’équipements culturels, professionnels et amateurs, membres des rĂ©seaux culturels et spectateurs, devons nous mobiliser et gagner cette bataille. »

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