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Cure d’austĂ©ritĂ© libĂ©rale : la GrĂšce aujourd’hui, demain la France ?

20 avril 2010 2 574 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Soutenus par les Etats au plus fort de la crise du systĂšme capitaliste, les marchĂ©s partent dĂ©sormais sans vergogne Ă  l’attaque des modĂšles sociaux europĂ©ens, au dĂ©triment des intĂ©rĂȘts des populations.

Nous devons affirmer notre solidarité avec le peuple grec en lutte pour ses droits, et faire front contre cette nouvelle offensive des spéculateurs.

La tyrannie des marchĂ©s de capitaux, un temps discrĂ©ditĂ©s par la grave crise Ă©conomique et sociale que leur recherche du profit a engendrĂ©, regagne du terrain. Pour rassurer ces marchĂ©s anonymes et tout-puissants face Ă  l’aggravation des dĂ©ficits publics, les gouvernements europĂ©ens se voient contraints de rogner sur les droits sociaux fondamentaux. Ce n’est pas un hasard si les attaques concertĂ©es des fonds de pension se concentrent sur les pays dirigĂ©s par les sociaux-dĂ©mocrates, qui en Espagne, au Portugal, en GrĂšce, annoncent tout Ă  tour, en gage, le relĂšvement de l’ñge de dĂ©part Ă  la retraite. Dans ce dernier pays, des mesures draconiennes ont Ă©tĂ© prises pour juguler le dĂ©ficit et Ă©trangler le pouvoir d’achat des classes populaires : chute de 6% du salaire des fonctionnaires, relĂšvement de deux points de la TVA, gel des retraites, hausse de 63% des taxes sur le tabac, coupe dans les budgets sociaux


Contrairement aux effets d’annonce, les remĂšdes de cheval ultralibĂ©raux, promus par le FMI dans le cadre du consensus de Washington, n’ont aucunement Ă©tĂ© remisĂ©s au placard. DestinĂ©s originellement aux pays en dĂ©veloppement, les plans d’ajustement en viennent mĂȘme Ă  s’appliquer dans les pays europĂ©ens, pour liquider les pans du modĂšle social qui entravent l’intĂ©gration au marchĂ© de la santĂ©, de l’éducation, des tĂ©lĂ©communications.

Comment accepter que cette mise au pas de la GrĂšce s’opĂšre sous la bĂ©nĂ©diction de la commission europĂ©enne et des gouvernements français et allemand ? Alors qu’il faudrait soumettre enfin les marchĂ©s Ă  la puissance publique, les dirigeants de l’Union europĂ©enne acceptent que les puissances Ă©conomiques remettent en cause la souverainetĂ© populaire et les choix politiques opĂ©rĂ©s sous son mandat.

Depuis plusieurs semaines, les peuples grecs, mais aussi espagnols, sont entrĂ©s en rĂ©sistance contre la tyrannie des marchĂ©s. Je leur apporte tout mon soutien dans leur mobilisation contre les mesures injustes et inefficaces qui les frappent, et j’appelle Ă  la vigilance des français pour Ă©viter un scĂ©nario identique dans notre pays.

Comme l’a notĂ© la Cour des Comptes, l’ampleur du dĂ©ficit public français rĂ©clame une hausse des prĂ©lĂšvements et une baisse des dĂ©penses publiques. Un tour de vis budgĂ©taire, afin de repasser sous les fourches caudines du Pacte de stabilitĂ© et de croissance europĂ©en Ă©tablies par les libĂ©raux et les socialistes, est une crainte fondĂ©e.

Pour autant, ce dĂ©ficit ne peut ĂȘtre imputĂ© Ă  la seule crise Ă©conomique, et les responsabilitĂ©s du gouvernement sont Ă©crasantes : qui a laissĂ© filer le dĂ©ficit public en accordant des baisses d’impĂŽt dĂ©mesurĂ©es aux entreprises (6 milliards de suppression de la taxe professionnelle) ou aux mĂ©nages fortunĂ©s (1 milliard du bouclier fiscal) ? Qui a multipliĂ© les niches fiscales (70 milliards d’euros)?

Les promesses du G 20 pour rĂ©guler le capitalisme ont fait long feu. Les paradis fiscaux ont Ă©tĂ© blanchis sans que l’on remette en cause les entreprises françaises qui dĂ©tiennent toujours des filiales dans ces territoires opaques, ni que les paradis fiscaux europĂ©ens (Londres, la Suisse, le Luxembourg,
) ne soient inquiĂ©tĂ©s. La taxation nĂ©cessaire des transactions financiĂšres tarde Ă  voir le jour par manque de volontĂ© politique des Etats.

La France, chantre de la rĂ©gulation financiĂšre avec la nomination du commissaire europĂ©en Michel Barnier au marchĂ© intĂ©rieur, ne peut se contenter de discours incantatoires et doit passer aux actes de toute urgence. Plus que jamais, la pression des peuples doit s’exercer sur les dirigeants europĂ©ens, dans la rue et dans les urnes, pour rĂ©clamer l’abandon des politiques libĂ©rales et un dĂ©passement du capitalisme.

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