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Pour un Front de gauche démocratique et ouvert à l'ensemble de la gauche de transformation sociale

18 juin 2010 2 605 vues Un commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Déclaration

 Paris, le 18 juin 2010

 

Pour un Front de gauche démocratique et

 ouvert à l’ensemble de la gauche de transformation sociale

 

Dévoilée à la veille de l’ouverture du Congrès du PCF, la nouvelle étape du Front de gauche exclut toute possibilité d’élargir ce rassemblement à l’ensemble des organisations et des militants de la gauche de transformation sociale, alors même que cet objectif est désormais revendiqué par toutes ses formations. C’est une profonde et nouvelle déception.

En guise d’ouverture, le PCF, le PG et GU ont concédé la création d’une association des «partisan(e)(s) du Front de gauche » dont le rôle est pour le moins flou. On peut craindre que ses membres soient sans prise sur les orientations du rassemblement et sa gouvernance.

Avec ce « club de supporters », c’est le retour des compagnons de route, en leur temps autant admirés que tenus à l’écart. Pourtant, l’offensive sans précédent de la finance contre nos modèles sociaux et nos retraites réclame des militants investis à part entière et non des militants de second rang réduits à des faire-valoir.

Pourquoi exiger d’un sympathisant dévoué à la réussite du Front de gauche le passage obligé par l’un des trois partis fondateurs et l’adhésion à l’ensemble de ses positions ? Le rassemblement ne peut s’opérer sur la base d’une inégalité de statut entre un adhérent d’un parti du Front de gauche et un citoyen militant engagé à gauche.

L’heure est à la créativité politique sur la forme comme sur le fond. La poussée de l’abstention et les nouvelles formes d’engagement questionnent tous les partis. Je mets en garde depuis plusieurs mois contre la tentation de repli du Front de gauche sur un simple cartel d’organisation calqué sur la défunte Union de la gauche. N’ayons pas peur d’innover et de confronter nos idées aux apports extérieurs de cultures politiques diverses!

Je souhaite l’ouverture d’adhésions directes au Front de gauche afin de lui donner une dimension citoyenne et populaire. Il s’agirait, j’en suis convaincu, d’un formidable signal pour tous les citoyens déçus par l’émiettement de la gauche d’alternative.

Je le dis aux militants des organisations du Front de gauche : ce ne serait en aucun cas réduire la place des partis politiques, mais se doter d’un outil pour travailler au rassemblement et enrichir nos idées. Ne serait-ce pas le meilleur moyen de lancer ce « programme partagé », un projet résolument en phase avec les attentes des classes populaires ?

Déjà le Parti socialiste et l’UMP, rentiers du bipartisme, se mettent en ordre de bataille pour 2012 avec la promesse au pire de la continuité, au mieux de l’alternance. Alors que le capitalisme s’enfonce dans une crise systémique et étale ses impasses environnementales et sociales, nous avons la responsabilité historique de construire ce contre-modèle de société assurant l’émancipation de tous.

1 commentaire »

  • alainguillou a écrit :

    Ce n’est en toute logique pas aux instances dirigeantes des organisations ayant « institué » le « Front de Gauche » que « nous » devons adresser une demande d’ouverture… le meilleur moyen de lancer ce « programme partagé », un projet résolument en phase avec les attentes des classes populaires, c’est d’ouvrir aux citoyen « notre atelier de co-écriture ».

    « Nous », ce sont à la fois les adhérants du PCF, du PG, de GU, et « les autres », ceux qui lors de la manifestation d’hier se sont parlé « Ã  travers leurs appartenances et leurs non-appartenances », car ils ont bien partagé « une autre intelligence de la situation »: pas celle qui travaille les collectifs institués, celle qui frémit à l’interface des générations : qu’une jeune fille ose manquer son cours de pianno choisi par vocation, pour faire un bout de manif en exposant à un vétérant harnaché de badges « institués » ses doutes, son trouble de jeune citoyen en attente d’outils pour son expression politique souveraine, cela a un sens: la révolution « inattendue » (de Francette Lazard) sera un « court-cicuit-mental-populaire »: l’isolant idéologique des partis fond à la chaleur de la « nécessité historique » !

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