François Asensi se mobilise pour le cinéma indépendant
François Asensi, qui a contribuĂ© au mouvement de soutien en faveur du MĂ©liès Ă Montreuil, a interpelĂ© Mme la ministre de la culture et de la communication sur l’avenir qu’elle souhaite rĂ©server au cinĂ©ma art et essai.
En 1955, l’Association française des cinĂ©mas art et essai (AFCAE) Ă©tait créée, Ă laquelle cinq salles adhĂ©raient. En 1959, avec la crĂ©ation du ministère de la culture et sous l’impulsion d’AndrĂ© Malraux, ils Ă©taient reconnus publiquement. En 1962, pour la première fois, une commission de classement accorde Ă cinquante salles le label Art et essai en France. En 2002, une rĂ©forme du classement Art et essai a Ă©tĂ© mise en oeuvre pour mieux prendre en compte les spĂ©cificitĂ©s de leur travail : politique d’animation, action en direction du jeune public, diversitĂ© des films Art et essai proposĂ©s, recherche et dĂ©couverte, situation gĂ©ographique et environnement socioculturel et enfin classement par Ă©tablissements et non plus par salles.
Aujourd’hui ces salles, avec 39 % des Ă©crans, rĂ©alisent 28,4 % des entrĂ©es, alors que les multiplexes en rĂ©alisent 51,9 % avec seulement 31 % des Ă©crans. Bien que cherchant parfois Ă profiter de ce label dans leur multisalles, cette rĂ©partition actuelle ne satisfait pas les grands groupes (UGC et MK2 notamment) qui ont entrepris des manoeuvres de concentration contre le travail menĂ©e par le rĂ©seau art et essai. Sont ainsi engagĂ©es en peu de temps des actions qui vont toutes dans le mĂŞme sens : la baisse de la rĂ©tribution des distributeurs sur les entrĂ©es rĂ©alisĂ©es grâce aux cartes illimitĂ©es, la carte commune UGC/MK2, des procès contre le Comoedia, Ă Lyon, le MĂ©lies, Ă Montreuil et le projet du « Bijou » Ă Noisy-le-Grand.
Devant ce qui reprĂ©sente une offensive manifeste contre toute forme d’aide au cinĂ©ma, le Gouvernement s’est contentĂ© de crĂ©er en septembre dernier, une mission sur « le cinĂ©ma et le droit de la concurrence ». Pourtant, tous les observateurs avertis savent que le cinĂ©ma français ne doit sa survie qu’Ă l’existence d’un système d’aides multiples et adaptĂ©es. Le travail d’un rĂ©seau art et essai, soutenu par les collectivitĂ©s, en fait pleinement partie. Il permet la diversitĂ© des oeuvres, le maillage et l’amĂ©nagement territorial, l’initiation des jeunes. Cette offensive, menĂ©e au nom de la concurrence, met l’ensemble du dispositif actuel Ă la croisĂ©e des chemins.
François Asensi souhaite savoir si le ministère de la Culture va continuer à défendre le cinéma art et essai. Il demande au gouvernement, au-delà de la mission récemment mise en place, quelle position le ministère va prendre vis-à -vis des multiplexes, et face aux concentrations qui se dessinent.











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