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Crise financiĂšre des subprimes : qui sont les responsables ?

11 mars 2008 2 063 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

La crise des subprimes aux Etats-Unis montre l’essoufflement d’un systĂšme capitaliste irresponsable qui menace toute l’Ă©conomie mondiale. François Asensi soutient la crĂ©ation d’une commission d’enquĂȘte parlementaire afin d’évaluer les risques de propagation de la crise et appelle Ă  une refonte du systĂšme Ă©conomique.

Proposition de RĂ©solution

CrĂ©ation d’une commission d’enquĂȘte afin de mesurer et d’analyser les effets de la crise du capitalisme financier sur l’évolution de l’activitĂ© Ă©conomique dans notre pays et ses impacts territoriaux et sociaux

Présentée par M. Daniel PAUL, Mme Marie-HélÚne AMIABLE, MM. François ASENSI, Alain BOCQUET, Patrick BRAOUEZEC, Jean-Pierre BRARD, Mme Marie-George BUFFET, MM. Jean-Jacques CANDELIER, André CHASSAIGNE, Jacques DESALLANGRE, Mme Jacqueline FRAYSSE, MM. André GERIN, Pierre GOSNAT, Maxime GREMETZ, Jean-Paul LECOQ, Roland MUZEAU, Jean-Claude SANDRIER et Michel VAXÈS

Depuis plusieurs mois, la crise des « subprimes » – prĂȘts hypothĂ©caires Ă  risques – affecte l’ensemble du systĂšme financier international. L’opacitĂ© est telle que les autoritĂ©s publiques ignorent l’ampleur des implications des banques dans cette crise, ce qui signifie que les gouvernements eux–mĂȘmes ne sont pas informĂ©s des niveaux des pertes de chaque banque dans leurs pays


Cette situation nourrit aussi la mĂ©fiance, les banques hĂ©sitant Ă  se prĂȘter de l’argent entre elles, chacune craignant que l’autre soit handicapĂ©e par des titres adossĂ©s aux subprimes ou Ă  des valeurs suspectes et ne puisse donc honorer ses engagements.

Cette insuffisance de liquiditĂ©s augmente la sĂ©lectivitĂ© Ă  l’égard de leurs clients, alors mĂȘme qu’avec la primautĂ© donnĂ©e aux stratĂ©gies financiĂšres, l’accĂšs au crĂ©dit s’était dĂ©jĂ  considĂ©rablement durci, en particulier pour les PME : atteindre une rentabilitĂ© financiĂšre rapide et Ă©levĂ©e, telle Ă©tait et demeure la rĂšgle.

Cette situation a pesĂ© et pĂšse toujours sur l’investissement et l’emploi, d’autant que les actionnaires exigent des entreprises des dividendes toujours plus Ă©levĂ©s : ainsi, ces derniers sont passĂ©s de 5,9 % du montant des salaires nets en 1978, Ă  21,9 % en 2005 ! Ils sont mĂȘme plus Ă©levĂ©s aujourd’hui que les rĂ©sultats nets : pour couvrir la diffĂ©rence, les entreprises doivent donc emprunter, rĂ©duire ou ne pas renouveler des investissements, ou externaliser tout ou partie de leurs activitĂ©s.

« L’affaire » de la SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale Ă©claire – si besoin Ă©tait – une autre facette de la rĂ©alitĂ©, celle de l’abondance des liquiditĂ©s qui alimentent les marchĂ©s financiers !

Ainsi, en quelques mois, plus de 50 milliards d’euros – un montant supĂ©rieur Ă  l’endettement de la France pour 2007 – ont pu ĂȘtre utilisĂ©s par un seul « trader », pour cette seule banque, sans que cela attire l’attention des moyens de contrĂŽle internes ou externes
 Et en dĂ©cembre dernier, l’émission, par la BCE, de 349 milliards de liquiditĂ©s, a Ă©tĂ© absorbĂ©e en quelques jours par les banques europĂ©ennes.

DĂ©cidĂ©ment, il y a Ă©normĂ©ment d’argent dans notre pays, comme aux niveaux europĂ©en et international, mais ces capitaux sont destinĂ©s, en prioritĂ©, Ă  la spĂ©culation que nourrit la sphĂšre financiĂšre ; et non seulement cette prioritĂ© se fait au dĂ©triment des besoins en investissements Ă©conomiques et sociaux, mais elle sert aussi de prĂ©texte pour peser sur les politiques publiques en matiĂšre de santĂ©, de formation, etc
, aggravant un vĂ©ritable cercle vicieux.

Et alors que la CommunautĂ© EuropĂ©enne pourrait se construire sur une autre logique et encourager d’autres orientations conformes aux intĂ©rĂȘts des peuples et aux besoins de dĂ©veloppement des territoires, force est de constater qu’elle accompagne, au contraire, cette financiarisation mondialisĂ©e, ce que l’attitude de la BCE ne fait que renforcer.

La Fed a baissĂ© ses taux d’intĂ©rĂȘts, la BCE a injectĂ© des liquiditĂ©s sur les marchĂ©s monĂ©taires : Ă  l’évidence ces interventions massives n’ont pas restaurĂ© la confiance et la spĂ©culation continue.

Il est urgent d’exiger la transparence dans les opĂ©rations financiĂšres, de favoriser les financements sĂ©lectifs destinĂ©s Ă  dĂ©velopper, Ă  former, Ă  investir et de sanctionner ceux dont le seul objectif est la spĂ©culation financiĂšre, au prix de gaspillages et de dĂ©sastres Ă©conomiques et sociaux.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

Il est crĂ©Ă© une commission parlementaire d’enquĂȘte de 30 membres en vue de mesurer et d’analyser les effets de la crise du capitalisme financier sur l’évolution de l’activitĂ© Ă©conomique dans notre pays et ses impacts territoriaux et sociaux.

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