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Pourquoi la réforme des retraites est injuste et inefficace?

20 juillet 2010 3 860 vues 2 commentaires Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Malgré l’opposition d’une majorité de français, exprimée avec force lors de la mobilisation du 24 juin dernier, le gouvernement a profité de la période estivale pour engager au pas de charge une réforme des retraites qui marque un recul sans précédent de notre protection sociale et qui pénalisera des millions de salariés et fonctionnaires.

Comment justifier une telle précipitation, si ce n’est pour éviter le débat avec les syndicats et avec les français et pour répondre aux impératifs des marchés financiers ?

A grand renfort de communication, le gouvernement présente la hausse à 62 ans de l’âge légal de départ en retraite comme une fatalité démographique et économique. Il n’en est rien.

J’estime que le gouvernement fait le choix d’une réforme des retraites inefficace et injuste dans le seul but de favoriser les intérêts de quelques uns.

Le déficit du régime des retraites est une réalité, mais il faut en rappeler la principale cause : un chômage de masse frappant au premier rang notre département et notre jeunesse. Le chômage, et la compression des salaires qui en découle, représentent des dizaines de milliards de cotisations en moins pour notre système social. Alors que plus de la moitié des plus de 55 ans sont exclus de l’emploi, le relèvement de l’âge de départ à la retraite sera inefficace et n’aboutira qu’à la baisse des pensions.

Le projet gouvernemental est inefficace car en épargnant les revenus financiers, les déficits ne pourront pas être résorbés. Mais est-ce bien le but de la droite, qui lors des précédentes réformes a fait reculer le droit à la retraite et le niveau des pensions sans assurer l’équilibre financier du régime ?

Chaque réforme bancale est une brèche dans la crédibilité du système de retraite par répartition, brèche dans laquelle s’engouffrent les tenants d’une retraite par capitalisation, influents conseillers du pouvoir.


Première injustice de la réforme, les inégalités entre les salariés s’aggraveront.

Les femmes, pénalisées par des carrières incomplètes, devront attendre 67 ans pour partir avec une pension à taux plein souvent dérisoire, tout comme les travailleurs précarisés par la flexibilisation du marché du travail. Les personnes ayant commencé le plus tôt à travailler devront cotiser le plus longtemps, jusqu’à 44 années.

La seconde injustice majeure de cette réforme concerne son financement.

Les millions de salariés frappés de plein fouet par la crise financière supporteront 85% du coût de la réforme des retraites. Les entreprises et les grandes fortunes, dont les profits et les rentes sont repartis à la hausse, ne participeront qu’à hauteur de 15% à son financement !

Je suis pour ma part profondément attaché à ce que la retraite à 60 ans demeure un droit qui assure à tous un temps de vie libéré du travail, après une dure vie de labeur.

Le financement de la retraite à 60 ans est possible en imposant les revenus financiers autant que les salaires. C’est la démonstration qu’apporte la proposition de loi rédigée par les députés communistes, républicains et du Parti de Gauche.

Depuis les années 1980, le fruit du travail des salariés a été accaparé par la hausse des dividendes et des rémunérations indécentes des dirigeants. Chaque année, ce sont 100 milliards d’euros qui vont enrichir les actionnaires et transitent par les paradis fiscaux, au lieu d’être versés sous forme de salaires. C’est plus que le déficit du système de retraite en 2050 dans le pire des scénarii. Les cadeaux fiscaux, au premier rang le bouclier fiscal pour les plus riches, et la financiarisation de l’économie ont vidé les caisses de l’Etat et de la Sécurité sociale.

Taxation des revenus financiers des entreprises, multipliés par 7 depuis 30 ans, taxation des retraites chapeaux et des parachutes dorés, suppression du bouclier fiscal et des exonérations de cotisations patronales,… ce sont près de 60 milliards de ressources potentielles pour assurer le droit à la retraite à 60 ans, mais que la droite repousse car elles bousculent les intérêts de ses amis des milieux patronaux et de la finance.

Le gouvernement, affaibli par les affaires et l’échec de sa politique, redoute un mouvement social de grande ampleur à la rentrée, l’obligeant à faire machine arrière.

Je vous invite à faire du mardi 7 septembre, journée de défense des retraites, une journée de mobilisation citoyenne historique pour que le gouvernement retire son projet de loi.


Vous pouvez compter sur ma détermination pour soutenir ce mouvement dans notre circonscription et défendre à l’Assemblée nationale notre système de retraite fondé sur la solidarité entre les générations et le droit au repos des travailleurs.

2 commentaires »

  • çapassepas a écrit :

    CRAPULERIE D’ETAT

    Cette réforme ne se justifie ni socialement ni économiquement.Le marché des retraites complémentaires(ou « retraites par capitalisation »)qui se constitue progressivement est la seule vraie raison de cette réforme brutale et ordonnée depuis l’Elysée sans véritable consultation des organisations professionnelles.Ce marché constituerait une manne de plusieurs centaines de milliards d’euros que les sociétés privées seront amenées à se partager.Pour des millions de salarié(e)s cela signifiera concrètement des pensions de misère ne leur permettant pas de vivre dignement.Cette véritable raison-un peu crapuleuse quand on regarde avec soin cette affaire-devait être cachée sans quoi….Elle a été soigneusement cachée(non pas ignorée!)par les soit-disants experts en économie.Presqu’aucune personnalité médiatique n’a alerté l’opinion publique sur cette réalité…à de rares exceptions près parmi lesquelles Ségolène Royal…Bonjour la démocratie et le pluralisme de l’information!!

  • Quent. a écrit :

    Nous faudra-t-il vraiment une révolution
    Pour que gouvernement rime avec solution ?

    Arracher au sol les pavés et les lancer
    Au front des démocrates aux valeurs éventées,
    Couper à l’Elysée l’immonde pompe à fric,
    Interdire, exiler, politiques et flics.

    Il y a deux siècles à peine qu’on a tondu la reine,
    Guillotiné le roi pour en vider les veines,
    Aujourd’hui, pas de gêne, le peuple fait la loi,
    La haine nous gangrène, l’exprimer nous nettoie.

    Je suis poli, je tique et je garde patience,
    Mais cette politique est hasard et pas science ;
    Ces impôts-de-vin sont au vol qualifié
    Ce que sont aux voyous les tyrans statufiés.

    Alors sus aux mensonges, sus à l’envahisseur
    Qui, comme un bon cancer, nous prend de l’intérieur,
    Arrêtons de penser, redoublons nos efforts :
    Il faut frapper la tête et nous frapperons fort !

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