Fête de l'Humanité : les quartiers populaires à l'offensive

4 septembre 2010 0 Par Francois Asensi

Lors de la Fête de l’Humanité du 10-12 septembre à La Courneuve, les débats consacrés à « la banlieue » – terme auquel je préfère celui de « villes populaires »- ont occupés le haut du pavé.

Prises en étau par les conséquences de la crise économique, par une politique gouvernementale préférant le sécuritaire à la justice sociale, et par l’image stigmatisante propagés dans certains médias commerciaux, les villes populaires sont des territoires de souffrance, mais aussi de résistance.

acadban_002bis

L'Académie des banlieues : une association de villes pour briser les clichés sur les banlieues

C’est l’esprit qui animait le stand de l’Académie des Banlieues, association de collectivités locales que je préside. Son but : dénoncer les images médiatiques stigmatisantes et valoriser la richesse humaine, économique et culturelle de ces villes.

Au cours du débat consacré au travail des médias en banlieues, j’ai rappelé le grave préjudice subi en avril dernier par la ville de Tremblay-en-France, lors de la diffusion du reportage « Mon voisin est un dealer », au contenu racoleur et réducteur.  Aux côtés d’élus, de sociologues, de journalistes,  j’ai souligné les contraintes économiques qui entravent le travail des journalistes et génèrent le plus souvent une vision pauvre des banlieues.

PN_FH2010_SAM_0213bis

François Asensi à la tribune de l'Agora de l'Humanité, aux côtés de (de g. à d.) Nordine Nabili (Bondy blog), Bariza Khiari (Sénatrice PS de Paris), Fabrice Truong (Professeur en sciences sociales) et Gilles Poux (Maire de La Courneuve)

« La Banlieue porte plainte ». Tel était le thème retenu pour le grand débat de l’Agora de la Fête de l’Humanité, suite à la plainte de la ville de Tremblay contre TF1 et à la saisine de la Halde par la ville de La Courneuve.

Dans mon intervention à la tribune, j’ai mis en garde contre la tentation de traiter les villes populaires sous le seul angle religieux. Voici un piège tendu par la droite et dans lequel la gauche de transformation ne doit pas s’enfermer. S’il est nécessaire de dénoncer les fortes discriminations ethniques qui entravent les jeunes des quartiers, il est tout aussi indispensable de rappeler que la ségrégation des villes populaires est le fruit de la spécialisation des territoires. Ce développement du capitalisme, soutenu par l’Etat, a doté certaines zones de grandes richesses et d’infrastructures, tout en privant nos villes des ressources suffisantes pour répondre aux besoins des populations les plus modestes.

C’est ce combat pour l’égalité des villes et contre les discriminations territoriales qu’il faut mener, et que je continuerai à porter à l’Assemblée nationale.

.