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Banlieues, "la rage"

20 juin 2008 1 906 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

C’est un article court, paru dans Le Monde lundi dernier.
Son propos n’est ni dĂ©culpabilisant, ni sĂ©curitaire. Il dit simplement et avec force la rĂ©alitĂ© sociale que vivent au quotidien les habitants des banlieues, l’engagement des Ă©lus de terrain et l’hypocrisie du gouvernement.
Tout cela prend sens, dans cette formule : « en attendant les banlieues ont la rage ».

LE MONDE | 16.06.08
« Depuis un quart de siĂšcle, Ă  Vaulx-en-Velin, plus encore depuis les Ă©meutes de l’automne 2005 dans des dizaines de quartiers dits « sensibles » du pays, le scĂ©nario est connu, trop connu. Une altercation Ă©clate, cette fois-ci entre jeunes et non pas avec les forces de l’ordre, un coup de feu est tirĂ©, un garçon de 20 ans s’Ă©croule et dĂ©cĂ©dera deux heures plus tard, la citĂ© s’embrase dans une bouffĂ©e de « haine » incontrĂŽlable, voitures brĂ»lĂ©es, enseignes dĂ©molies, gare SNCF saccagĂ©e. En dĂ©pit des incessants appels au calme du maire, socialiste en l’occurrence, ou des « grands frĂšres ». Le lendemain, le silence retombe sur la douleur d’une famille et les souffrances d’un quartier traumatisĂ©.
La violence qui a balayĂ© Vitry-le-François (Marne) dans la nuit du 14 au 15 juin a obĂ©i aux lois de ce dĂ©sespoir ordinaire qui secoue sporadiquement les banlieues. Comment pourrait-il en ĂȘtre autrement ? D’un cĂŽtĂ© se creusent toutes les fractures – sociales, scolaires, ethniques, urbaines – qui minent la sociĂ©tĂ© française et accentuent les logiques de sĂ©grĂ©gation et de ghettoĂŻsation des quartiers les plus pauvres. D’un autre cĂŽtĂ©, malgrĂ© le courage et l’abnĂ©gation des Ă©lus et des acteurs locaux, toutes les tentatives des pouvoirs publics de sortir de cette impasse s’Ă©puisent en vaines querelles tant la tĂąche semble sisyphĂ©enne et les moyens trop chiches.
Le temps d’une campagne, il y a un an, Nicolas Sarkozy semblait avoir pris la mesure de l’enjeu, Ă©voquant l’urgence d’un « plan Marshall » pour les banlieues. Pour preuve de sa dĂ©termination, il avait nommĂ© au secrĂ©tariat d’Etat Ă  la ville une militante de l’intĂ©gration, Fadela Amara. Peine perdue ! Faute de cap clair et de choix assumĂ©s.
Au dĂ©but de l’annĂ©e dĂ©jĂ , Mme Amara et sa ministre de tutelle, Christine Boutin, s’Ă©taient publiquement Ă©charpĂ©es sur la philosophie de l’action Ă  mener, la premiĂšre plaidant pour la solidaritĂ© collective quand la seconde en appelait Ă  la responsabilitĂ© individuelle. Le 8 fĂ©vrier, le prĂ©sident de la RĂ©publique avait tranchĂ© mollement en faveur de la seconde, sans dĂ©savouer la premiĂšre. Depuis, inĂ©vitablement, la paralysie guette : le comitĂ© interministĂ©riel des villes, qui devait se tenir le 16 juin, a une nouvelle fois Ă©tĂ© reportĂ©. En attendant, les banlieues, elles, ont « la rage ».  »

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/16/banlieues-la-rage_1058699_3232.html

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