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Le G8 ne résoudra pas la crise qu'il a crée

7 juillet 2008 1 419 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Le prix du pĂ©trole atteint des sommets, le cours des denrĂ©es alimentaires flambe, la crise financiĂšre s’éternise, rien n’est fait pour enrayer le rĂ©chauffement climatique. Les 8 « grands » pays de la planĂšte se rĂ©unissent du 7 au 9 juillet au Japon pour trouver des solutions Ă  ces multiples crises.

J’ai du mal Ă  croire Ă  une issue positive, alors que c’est prĂ©cisĂ©ment l’action de ces pays qui mĂšne le monde vers l’impasse. Le G8 a toujours Ă©tĂ© le principal moteur d’un capitalisme mondialisĂ© qui dĂ©truit les systĂšmes sociaux et Ă©conomiques. Il a soutenu avec ferveur la libĂ©ralisation des marchĂ©s agricoles qui a dĂ©structurĂ© les Ă©conomies locales, et a conduit aux « Ă©meutes de la faim ».

Le G8 a dĂ©fendu sans rĂ©serve les programmes du FMI, de l’OMC, de la Banque Mondiale visant Ă  dĂ©manteler l’Etat et ses services publics. A chaque crise, le G8 rĂ©pond : « il faut plus de libertĂ© pour le marchĂ© ».

Les promesses du G8 ont Ă©tĂ© nombreuses, les rĂ©alisations rares. Il y a 3 ans, les grands de ce monde avaient promis 20 milliards d’aide pour lutter contre la pauvreté seul un quart a Ă©tĂ© versĂ©.

La dette des pays du Sud Ă©trangle leurs Ă©conomies. Son annulation a Ă©tĂ© maintes fois Ă©voquĂ©es lors des prĂ©cĂ©dents G8, et sans cesse repoussĂ©e. Comment admettre que les pays les plus pauvres, par la dette, versent 7 fois plus d’argent aux pays riches qu’ils ne reçoivent d’aide au dĂ©veloppement ?

Les crises que nous connaissons actuellement signent l’échec d’un mode de gouvernance mondial illĂ©gitime et inefficace. De quel droit quelques pays dĂ©cideraient de l’équilibre de la planĂšte entiĂšre, sans la Chine, l’Inde ni le continent africain ? Au cours de rĂ©unions Ă  huit clos, dans de vĂ©ritables bunkers, pour Ă©viter que le peuple, trop remuant, ne vienne rappeler Ă  ces dirigeants les vraies prioritĂ©s.

Une gouvernance mondiale est indispensable, mais elle doit ĂȘtre guidĂ©e par d’autres principes. La mondialisation nĂ©olibĂ©rale ne cesse de montrer l’étendu de ses Ă©checs, en construisant un monde oĂč les pays riches maintiennent les peuples dans la misĂšre, sans mĂȘme garantir le droit Ă©lĂ©mentaire Ă  un environnement sain.

Nous devons continuer Ă  affirmer qu’un autre monde est possible, dans lequel les Ă©changes solidaires remplacent la loi du plus fort et oĂč le systĂšme financier promeut la redistribution et non la spĂ©culation.

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