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"Monsieur le ministre, PSA doit maintenir les emplois sur le site d'Aulnay-sous-Bois !"

3 janvier 2011 1 937 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami


En contrepartie du soutien de l’Etat à la filière automobile, au plus fort de la crise, les constructeurs s’étaient engagés à maintenir l’emploi industriel dans notre pays. Les engagements pris sont reniés, puisque PSA a annoncé la suppression de 280 emplois sur le site d’Aulnay-sous-Bois, faisant suite au non-renouvellement de 500 intérimaires.

Ces décisions ne sont pas acceptables, d’autant que ce matin, sur les ondes de France inter, un responsable de PSA se félicitait des résultats du groupe ces deux dernières années, selon lui exceptionnels.

J’ai demandé au ministre de l’Industrie, Eric Besson, que l’Etat fasse respecter les accords signés avec les constructeurs et qu’il amène PSA à revoir sa décision de suppression de postes.

« Monsieur le ministre de l’Industrie,

Je me permets de vous faire part de mon indignation suite à l’annonce par le groupe PSA Peugeot Citroën de la suppression de 280 postes sur son site Aulnay-sous-Bois-sous-Bois. Cette décision fait suite au non-renouvellement de 500 intérimaires au mois d’octobre dernier, dont de nombreux jeunes issus de quartiers populaires. Alors que le groupe PSA a fait 680 millions d’euros de bénéfices au premier semestre 2010 et que ses ventes sont en hausse de 17%, cette réduction des effectifs pour des impératifs de profits sur le court terme est tout simplement indécente.

La décision du groupe PSA est d’autant plus inacceptable que le secteur automobile a bénéficié d’aides massives de la part de l’Etat pour surmonter la dépression économique. Les contribuables français, salariés frappés de plein fouet par la crise, ont consenti un effort majeur pour sauvegarder le tissu industriel et les fleurons de notre industrie. Dans le cadre du plan de relance de l’industrie, PSA a ainsi reçu trois milliards d’euros sous forme de prêts et près d’un milliard d’euros à travers la prime et la casse et divers dispositifs.

Cette aide publique était conditionnée au maintien des emplois et de la production en France et ce jusqu’à la fin 2011. Cet engagement n’est aujourd’hui manifestement pas respecté par le groupe PSA. Les « départs volontaires, les démarches de reconversion ou de mobilité au sein du groupe » évoqués par la direction apparaissent comme des manÅ“uvres visant à contourner la convention d’activité du 3 juin 2010. Les syndicats dénoncent les pressions exercées sur les salariés pour les inciter au « départ volontaire ». Les relations entre la direction et les salariés sont d’ailleurs particulièrement tendues sur le site d’Aulnay.

Depuis 2007, près de 7000 emplois ont été détruits en France au sein du groupe PSA. Beaucoup de travailleurs redoutent dans le futur de nouveaux plans sociaux encore plus draconiens car la part de la production française de PSA subit une baisse tendancielle, à la faveur des délocalisations.

L’usine PSA d’Aulnay est, avec 3600 salariés, est un des principaux employeurs de Seine-Saint-Denis. Elle constitue un vivier d’emploi essentiel dans un département touché par un chômage supérieur de trois points à la moyenne francilienne et par de profondes inégalités économiques et sociales. Les suppressions de postes annoncées sur le site d’Aulnay-sous-Bois risquent de plonger des centaines de familles dans la précarité. En cette période de crise économique et sociale, j’estime que les français sont en droit d’attendre une véritable responsabilité sociale de la part d’une grande entreprise française adossée à l’Etat.

Monsieur le ministre, je demande que le gouvernement s’oppose aux suppressions de postes sur le site de PSA Aulnay-sous-Bois et fasse respecter la convention de maintien de l’emploi conclue entre l’Etat et le groupe automobile le 3 juin dernier.

Enfin, je souhaiterais savoir par quelles initiatives le gouvernement entend mettre fin à la délocalisation de l’industrie automobile, conformément à l’engagement pris par le chef de l’Etat et votre prédécesseur.

Dans l’attente d’une réponse, je vous prie de croire, Monsieur le ministre, à l’expression de mes salutations les plus cordiales. »

François Asensi
Député de Seine-Saint-Denis
Sevran-Tremblay-Villepinte

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