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Non aux suppressions de postes d'enseignants dans l'académie de Créteil

24 janvier 2011 3 105 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

salle_de_classeA la rentrée 2011, 571 postes d’enseignants vont être supprimés dans l’académie de Créteil alors que les effectifs d’élèves augmentent. Au total, 16 000 postes d’enseignants seront supprimés en 2011 en France. Cette décision est tout simplement inacceptable. Nous avons plus que jamais besoin de moyens matériels et humains suffisants afin de garantir la réussite des élèves. En Seine-Saint-Denis, département qui concentre plus de difficultés qu’ailleurs, ces suppressions de postes vont aggraver une situation déjà tendue.
J’ai donc adressé un courrier au ministre de l’Education nationale Luc Chatel pour lui demander de revenir sur sa décision. Un service public d’éducation de qualité doit être absolument préservé afin que chaque jeune de ce département puisse accéder aux savoirs et acquérir des compétences lui permettant d’accéder à l’emploi.

« Monsieur le ministre de l’Education nationale,

L’académie de Créteil va supprimer 571 postes d’enseignants. Au total, la Loi de Finance pour 2011 entérine la suppression de 16 000 postes d’enseignants. Depuis 2007, le budget de l’enseignement scolaire a été réduit de quatre milliards d’euros.
Vous déclariez à l’occasion de la rentrée 2010 « Il nous faut impérativement agir, afin que chaque élève puisse disposer de toutes les chances de construire sa réussite. » avec pour mot d’ordre « passer de l’École pour tous à la réussite de chacun ». Je ne peux que constater le très net décalage entre vos déclarations et ce que la sphère éducative vit au quotidien et tout particulièrement en Seine Saint Denis.

L’annonce de ces suppressions de postes a provoqué un émoi considérable chez les enseignants et les parents d’élèves. L’inquiétude est réelle dans un département où se concentrent les difficultés économiques et sociales. De nombreux indicateurs prouvent que les besoins éducatifs sont énormes. Ainsi, la Seine-Saint-Denis compte 65 collèges classés en Zone d’Education Prioritaire (ZEP) soit plus de la moitié du nombre total de collèges, le taux de réussite au baccalauréat est inférieur de 12 points par rapport à la moyenne nationale et plus de 40% des élèves de collèges sont issus de familles défavorisées. Or comme vous le savez, un enfant d’ouvrier a cinq fois moins de chances qu’un enfant de famille favorisée d’arriver à un niveau d’excellence.

Ces suppressions de postes risquent fort d’aggraver une situation déjà extrêmement tendue. Malgré tout leur dévouement, les enseignants ont de plus en plus de mal à remplir leurs missions, faute de moyens suffisants. Certaines classes se retrouvent déjà surchargées. A terme, le soutien aux élèves en difficulté sera réduit et il sera plus difficile d’accueillir les élèves en maternelle avant trois ans. Dans ma circonscription, le manque d’enseignants se fait déjà cruellement sentir. Ainsi, à Sevran, 458 demi-journées de classe non pas été assurées en primaire en 2010 en raison de l’absence de professeurs remplaçants.

Dans un département qui concentre une population jeune en proie à de grandes difficultés sociales, l’école joue pourtant un rôle fondamental. Elle contribue à offrir une perspective d’avenir professionnel et à transmettre les valeurs républicaines et de citoyenneté à des jeunes parfois désorientés. Des moyens importants doivent donc être investis pour garantir la qualité de l’enseignement en Seine-Saint-Denis et favoriser la réussite scolaire de chacun des élèves. L’école est le creuset de notre pacte républicain.

En effet, seule une politique éducative ambitieuse est à même de réduire les inégalités liées à l’environnement social et familial. Dans certains territoires de Seine-Saint-Denis, le taux de chômage des jeunes s’élève à plus de 40%. Ce chiffre inquiétant ne doit pas être une fatalité. Pour exploiter tout le potentiel des jeunes de Seine-Saint-Denis, il faut absolument maintenir un nombre limité d’élèves par classe, renforcer les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté et augmenter le nombre de personnels non-enseignants au sein des établissements.

Ce département requiert une forte et immédiate mobilisation de l’Etat comme vous vous y engagiez, en septembre dernier, dans le recrutement des personnels pour proposer des solutions efficaces notamment dans les établissements qui concentrent le plus de difficultés. Le Ministère de l’Education doit donc  revenir sur sa décision de réduire les effectifs d’enseignants dans l’académie de Créteil. Un service public d’éducation de qualité doit être absolument préservé afin que chaque jeune de ce département puisse accéder aux savoirs, acquérir des compétences lui permettant d’accéder à l’emploi. »

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