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Contre le travail jusqu'à 70 ans, défendons le droit à la retraite des salariés !

5 novembre 2008 2 380 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Je tiens à exprimer ma forte réprobation devant la remise en cause du droit à la retraite à 65 ans pour les salariés du secteur privé. Le Gouvernement avance dans son projet de remis en cause des droits sociaux alors que l’ampleur de la crise financière réclame au contraire un renforcement des protections des salariés.

Je déplore la méthode choisie, qui dévalue le rôle essentiel du Parlement et des partenaires sociaux: sans aucune concertation, au milieu de la nuit de la Toussaint, le ministre du Travail a soutenu sans réserve l’amendement de la majorité autorisant le travail jusqu’à 70 ans.

Xavier Bertrand affirme que cet amendement est sans conséquence sur l’âge de départ à la retraite et que la mesure s’adresse aux seuls volontaires. Mais qui rêvent de travailler au-delà de 65 ans pour survivre ?

Dans la cacophonie gouvernementale habilement utilisée pour brouiller les pistes, Henri Guaino, conseiller du Président de la République, a reconnu que cet amendement reculera l’âge auquel les salariés du privé pourront liquider leur retraite à taux plein.

Pour les nombreux retraités disposant d’une petite pension, le recul du départ à la retraite s’apparente à un volontariat subi. Avec le développement du travail précaire, l’allongement de la carrière s’imposera pour disposer de revenus décents.

Le président de la République affirme une nouvelle fois son attachement au modèle américain, où la baisse des pensions de retraite, calculée sur le cour de la bourse, a conduit de nombreuses personnes de plus de 70 ans à reprendre une activité salariée au mépris de leur santé.

Le droit au repos après une vie de labeur est ainsi fondamentalement remis en cause. Il faut rappeler qu’un ouvrier travaillant jusqu’à 70 ans ne bénéficiera, selon les statistiques de l’Insee, que de quatre années de retraite, contre quinze pour une cadre supérieure. Comment tolérer un pareil traitement envers des salariés qui ont cotisé toute leur vie ? Les inégalités entre retraités se renforceraient, les plus pauvres des travailleurs profitant plus tardivement de leur retraite.

Cette résolution de la question des retraites est contraire au modèle social que je défends. L’argent existe pour financer les retraites. Ne vient-on pas de trouver 360 milliards pour sauver les marchés financiers et bancaires ? Une revalorisation des salaires et une taxation forte des revenus de la finance permettraient de dégager les sommes nécessaires au maintien de notre système de retraite par répartition, fondé sur la solidarité entre les générations.

Je demande donc au Gouvernement de s’opposer à cet amendement lors de l’examen du projet de loi de finances pour la Sécurité sociale au Sénat et de renoncer à cette logique de cumul retraite-emploi, qui ne fait renforcer la précarité que refusent tous les salariés.

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