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Hommage Ă  Robert Ballanger

25 janvier 2011 4 410 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

« Robert Ballanger, indépendant et fidÚle à ses idéaux communistes  »

Robert Ballanger

Robert Ballanger

Robert Ballanger nous a quittĂ©s il y a trente ans, le 26 janvier 1981. Il avait 69 ans. Il reste pour moi un compagnon de lutte, un maĂźtre en politique, un ami. À sa demande, j’ai Ă©tĂ© son supplĂ©ant Ă  l’AssemblĂ©e nationale de 1978 Ă  1981. Au cours de cette pĂ©riode, j’ai pu observer sa sensibilitĂ© Ă  la souffrance humaine, son souci des plus humbles, son sens aigu de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Dans un monde oĂč l’opportunisme passe pour une vertu, Robert a toujours su rester fidĂšle Ă  ses engagements et Ă  ses convictions, sans jamais se renier. Je veux ici Ă©voquer ce destin hors du commun, les combats qu’il a menĂ©s dĂšs sa jeunesse et aussi les efforts qu’il a dĂ©ployĂ©s pour le dĂ©veloppement de nos territoires.

Un homme du peuple

Robert Ballanger était avant tout un homme du peuple et un authentique communiste. Né le 2 novembre 1912 à Nantes, il rejoint le Parti communiste français, pour ses vingt ans, en 1932. DÚs lors, sa fidélité aux idéaux de son premier engagement ne se démentira pas.

EmployĂ© au ministĂšre des Colonies Ă  Nantes, il perd son emploi pour fait de grĂšve en 1938. Les fonctionnaires n’ont pas le droit de grĂšve Ă  l’époque. MobilisĂ© en 1939, il prend sa part dans les combats contre l’offensive nazie et se retrouve pris dans la nasse de Dunkerque. Il parvient Ă  passer en Grande-Bretagne. Il sera rapatriĂ© Ă  Nantes quelques semaines plus tard.

Une des pĂ©riodes les plus marquantes de son existence commence alors, celle de la RĂ©sistance. DĂšs 1939, il ne partage pas la ligne lĂ©galiste et pacifiste dĂ©fendue par la direction du PCF aprĂšs la signature du pacte germano-soviĂ©tique et les dĂ©buts de l’occupation allemande. Son attachement au combat antifasciste l’amĂšne immĂ©diatement Ă  l’idĂ©e de rĂ©sistance. Comme d’autres communistes, il est partisan de la lutte contre l’occupant. Avec deux autres de ses camarades, Marcel Paul et Venise Gosnat, il s’est dĂ©brouillĂ© pour rĂ©cupĂ©rer des armes abandonnĂ©es lors des combats. Il les a cachĂ©es en prĂ©vision des actions dont il ne doute pas qu’elles seront Ă  mener. En octobre 1940, il Ă©chappe de peu Ă  l’arrestation par la Gestapo.

Un an plus tard, en octobre 1941, il participe Ă  l’organisation des lĂ©gendaires Francs-Tireurs Partisans, l’organisation de la RĂ©sistance crĂ©Ă©e Ă  l’initiative du Parti communiste et dirigĂ©e par Charles Tillon. Robert Ballanger en assure la direction pour la rĂ©gion Centre, avant de rejoindre les dirigeants de la rĂ©gion de Paris. À la LibĂ©ration, en 1944, il devient vice-prĂ©sident du comitĂ© de LibĂ©ration de Seine-et-Oise.

Artisan de la renaissance du Parti communiste clandestin, Robert Ballanger entre au ComitĂ© central en 1945. Il en sera membre pendant 27 ans, d’abord jusqu’en 1950 puis de 1959 Ă  sa mort.

Une lutte permanente pour améliorer la vie

C’est aussi en 1945, Ă  33 ans, qu’il entre Ă  l’AssemblĂ©e constituante. Il sera de toutes les lĂ©gislatures de la IVe puis de la Ve RĂ©publique, d’abord dĂ©putĂ© en Seine-et-Oise, avant la Seine-Saint-Denis en 1967. Il n’assumera pas moins de quatorze mandats.

Son activitĂ© parlementaire laissera une empreinte mĂ©morable sous bien des aspects. Ainsi, pour la seule lĂ©gislature 1973 – 1978, il ne portera pas moins de 301 propositions de lois au nom du groupe des dĂ©putĂ©s communistes. Ses interventions portent beaucoup sur l’approfondissement de la dĂ©mocratie, l’amĂ©lioration de la vie quotidienne et le renforcement du rĂŽle du Parlement, largement bafouĂ© sous la Ve RĂ©publique.

Membre de la commission de l’IntĂ©rieur Ă  partir de 1947, il prend part aux grands dĂ©bats qui agitent la Chambre des dĂ©putĂ©s sous la IVe RĂ©publique. Mais surtout, Robert Ballanger ne manquera nulle occasion de marquer son soutien au mouvement de dĂ©colonisation qui constitue le fait marquant de cette Ă©poque. En dĂ©cembre 52, il s’exprime sur la situation en Tunisie et au Maroc. En juillet 1953, il rĂ©clame une commission d’enquĂȘte sur le trafic des piastres en Indochine, un vaste scandale impliquant, entre autres, les partis de droite.

Avec la guerre d’AlgĂ©rie, son courage et sa fidĂ©litĂ© aux valeurs qui restent encore les miennes aujourd’hui auront encore l’occasion de s’exprimer. Toussaint 54 : l’AlgĂ©rie, alors dĂ©partement français, se soulĂšve. Partout dans le pays, le Front de LibĂ©ration National fait entendre son aspiration Ă  l’indĂ©pendance. Le gouvernement Pierre MendĂšs-France entend ne rien cĂ©der. La rĂ©pression sera sanglante et dĂ©bouchera sur huit ans de guerre sans merci. Globalement, la classe politique fait bloc derriĂšre le prĂ©sident du Conseil.

FidĂšle Ă  ses engagements, de la Seine-Saint-Denis Ă  l’AssemblĂ©e nationale

La voix puissante de Robert Ballanger qui s’élĂšve, le 9 novembre 1954, dans l’hĂ©micycle, au nom du groupe communiste, semble bien isolĂ©e. Il apporte son soutien aux « justes aspirations du peuple algĂ©rien Ă  la libertĂ© ». C’est le seul groupe politique de l’AssemblĂ©e qui montrera sa dĂ©termination Ă  cette occasion. Le 5 janvier 1955, il prend part Ă  l’interpellation du gouvernement sur sa politique en Afrique du Nord. Le 5 fĂ©vrier, lors de la sĂ©ance qui amĂšnera la dĂ©mission du cabinet Mendes-France, il revient Ă  la charge et prĂŽne la libertĂ© pour l’AlgĂ©rie. Il vote le 31 mars 1955 contre l’instauration de l’état d’urgence en AlgĂ©rie. Le 4 octobre 1956 enfin, avec une dizaine d’autres dĂ©putĂ©s et le soutien de son groupe, il demande la formation d’une commission d’enquĂȘte « sur les tortures pratiquĂ©es par la police en AlgĂ©rie ». Dans son intervention, il n’hĂ©site pas Ă  dresser un parallĂšle entre les pratiques de Vichy et celles de la police du socialiste Guy Mollet, alors prĂ©sident du Conseil. « Les tortionnaires se sont particuliĂšrement acharnĂ©s sur trois femmes, dont l’une, ex-conseiller gĂ©nĂ©ral, avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© torturĂ©e en 1941 par les bourreaux qui sĂ©vissaient sous le rĂ©gime de Vichy. De tels procĂ©dĂ©s soulĂšvent l’indignation et l’horreur chez les honnĂȘtes gens quelle que soit par ailleurs leur opinion sur la guerre d’AlgĂ©rie. » Croyez-moi, dans le contexte de l’époque pour dĂ©fendre une telle position, il ne fallait pas manquer ni de courage, ni de tĂ©mĂ©ritĂ©. Jusqu’à l’obtention de l’indĂ©pendance algĂ©rienne en 1962, Robert Ballanger soutiendra la lutte du peuple algĂ©rien.

Sa carriĂšre se poursuit sous la Ve RĂ©publique avec le mĂȘme engagement, la mĂȘme fidĂ©litĂ© Ă  ses idĂ©aux communistes. Le 1er juin 1958, il refuse de voter l’investiture du gĂ©nĂ©ral De Gaulle, appelĂ© par la droite et la gauche socialiste et prĂ©sentĂ© comme le sauveur de la France. Le lendemain, il s’opposera aussi au vote des pleins pouvoirs en faveur de ce dernier prĂ©sident du Conseil de la IVe RĂ©publique qu’a Ă©tĂ© le gĂ©nĂ©ral De Gaulle.

Aux Ă©lections lĂ©gislatives de novembre 1958, il est des 10 dĂ©putĂ©s communistes Ă©lus. Ils Ă©taient 150 lors de la prĂ©cĂ©dente lĂ©gislature. L’iniquitĂ© du nouveau mode de scrutin ne leur permet mĂȘme pas de constituer un groupe parlementaire. Pourtant, Ă  la proportionnelle, avec leur rĂ©sultat de 18,3 %, ils avaient droit Ă  82 parlementaires. Il devient dĂ©putĂ© de Seine-Saint-Denis, dĂ©partement dont la crĂ©ation est annoncĂ©e par dĂ©cret depuis 1964, aux Ă©lections lĂ©gislatives de mars 1967. La huitiĂšme circonscription couvre les communes d’Aulnay, du Blanc-Mesnil, de Sevran, de Villepinte et de Tremblay.

Ses multiples interventions Ă  l’AssemblĂ©e nationale, son charisme, ses qualitĂ©s de tribun populaire toujours prĂȘt Ă  dĂ©fendre les victimes d’un systĂšme qu’il combat le font redouter de ses adversaires politiques. Ses qualitĂ©s le placent comme l’un des dĂ©putĂ©s communistes les plus Ă©coutĂ©s dans l’hĂ©micycle. Tout naturellement, en 1964, il succĂšde Ă  Waldeck-Rochet Ă  la prĂ©sidence du groupe communiste Ă  l’AssemblĂ©e. Mais ne nous y trompons pas, le Parti n’a pas toujours Ă©tĂ© tendre pour cet esprit libre et indĂ©pendant qui ne sacrifiait jamais aux manƓuvres des arriĂšre-cours politiciennes. Au XIIe CongrĂšs du PCF, en avril 1950, il est Ă©cartĂ© du ComitĂ© central comme 26 autres. La direction tient en suspicion les rĂ©sistants et les anciens des Brigades internationales qui ont combattu le fascisme en Espagne entre 1936 et 1938. De plus, on soupçonne Robert de sympathie pour Tito, le dirigeant yougoslave qui a rompu peu avant avec Moscou. Un grief de plus contre lui. Il ne revient, dans l’instance dĂ©libĂ©rante du PCF, que lors du XVe congrĂšs, en 1959, trois ans aprĂšs le XXe congrĂšs du Parti communiste de l’Union soviĂ©tique marquant la fin du stalinisme.

La dĂ©fiance de Georges Marchais, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du PCF depuis 1972, Ă  l’égard de l’action parlementaire contribuera Ă  minimiser la prĂ©sence du prĂ©sident du groupe communiste qu’est toujours Robert Ballanger. Les dĂ©putĂ©s communistes et leur prĂ©sident sont tenus Ă  distance. Cela n’empĂȘchera pas Robert d’assumer pleinement ses fonctions de chef de file du groupe parlementaire. Il se consacre aussi beaucoup Ă  la ville d’Aulnay dont il est le maire depuis 1971 et aux territoires de Seine-Saint-Denis.

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Aulnay-sous-Bois : fin des années 1970, Robert Ballanger, accompagné de François Asensi (en rouge) et Pierre Thomas (en bleu), inaugure le Parc urbain, qui portera son nom par la suite © Bernuzeau

Du local Ă  l’international, un homme inscrit dans l’histoire

Au cours de cette pĂ©riode de sa vie parlementaire, on l’entend un peu moins au plan national, mĂȘme si, pour autant, son activitĂ© ne se relĂąche pas. En 1976, dans le dĂ©bat sur l’élection au suffrage universel du Parlement europĂ©en, il est critique. À ses yeux, cette dĂ©cision vise Ă  renforcer le capitalisme europĂ©en tout en affaiblissant les forces politiques de progrĂšs, et particuliĂšrement les Partis communistes français et italiens. Robert a l’indĂ©pendance nationale vrillĂ©e au corps et il se dĂ©fie de l’atlantisme et de ses dĂ©viances. Le devenir de l’Europe lui donnera raison.

Trois mois avant sa disparition, Ă  l’hiver 1980, alors que le dĂ©bat autour des prĂ©sidentielles fait rage au sein de la gauche, il sortira de sa rĂ©serve dans une interview au Monde. InterrogĂ© sur l’union autour de François Mitterrand, il n’hĂ©site pas Ă  rĂ©pondre qu’il ne votera pas le 10 mai « pour un socialiste atlantiste ». Dans le mĂȘme entretien, il refuse de se prononcer lorsqu’on lui demande si Georges Marchais serait le meilleur candidat possible pour les communistes. Il Ă©lude la question en rappelant que la dĂ©cision appartiendra Ă  la confĂ©rence nationale rĂ©unie Ă  cet effet.

Si les interventions et les combats de Robert Ballanger sont restĂ©s dans l’histoire, on oublie trop souvent l’énergie inlassable qu’il a dĂ©ployĂ©e comme maire d’Aulnay. Ce mandat, il l’a honorĂ© de 1971 Ă  1978, avant de passer la main Ă  Pierre Thomas. On lui doit la modernisation de la ville d’Aulnay-sous-Bois, telle que nous la connaissons aujourd’hui, et la crĂ©ation de toutes les zones d’activitĂ© existantes. Robert Ballanger Ă©tait proche des gens, des citoyens, des travailleurs. Avec lui, j’ai participĂ© Ă  la lutte contre la fermeture d’IdĂ©al-Standard, en 1975 (voir interview sur ce blog). La fonderie devait mettre la clĂ© sous la porte, laissant plusieurs centaines d’ouvriers sur le carreau et une plaie bĂ©ante dans le tissu urbain. Nous nous sommes battus jusqu’au bout pour Ă©viter le pire, occupant l’usine, multipliant les rassemblements. En vain. L’usine a finalement fermĂ©. Robert mettra un point d’honneur Ă  favoriser la reconversion des terrains en friche. Il multipliera les dĂ©marches et les contacts pour ne pas laisser ce vide dans la ville, jusqu’à l’implantation de la zone de Chanteloup que nous connaissons aujourd’hui. Encore fallait-il prĂ©server la mĂ©moire ouvriĂšre du lieu. C’est ce que Robert met en Ɠuvre en prĂ©servant les deux halles conçues par EugĂšne Freyssinet. Aujourd’hui, cette reconversion continue d’ĂȘtre citĂ©e en exemple parmi les spĂ©cialistes de l’urbanisme.

Mais il fallait aussi, dans ces annĂ©es qui suivent le premier choc pĂ©trolier, soutenir l’emploi et l’activitĂ© Ă©conomique, ne pas laisser Aulnay et les territoires avoisinant ronger par le chĂŽmage et la pauvretĂ©. Refuser qu’ils soient condamnĂ©s Ă  la ghettoĂŻsation. Robert contribue Ă  l’implantation de CitroĂ«n sur sa commune, en 1973. Pour compenser les pertes d’emplois dans d’autres entreprises, il soutient le dĂ©veloppement du site. Il parvient Ă  convaincre les dirigeants du fabricant automobile. Au plus fort de son activitĂ©, entre 1978 et juin 2008, le site englobe une unitĂ© d’emboutissage, une unitĂ© de ferrage, une unitĂ© de peinture et deux lignes de montage, sur 170 hectares. De lĂ  sortent les fameuses DS, puis les CX. Le dĂ©cĂšs prĂ©maturĂ© de Robert lui Ă©pargne de voir les menaces s’accumuler sur cette Ă©popĂ©e industrielle, Ă  partir de 1982. Il ne verra pas les grandes grĂšves des travailleurs de CitroĂ«n pour la dĂ©fense de leur emploi et la reconnaissance de leur dignitĂ©.

Un fort engagement pour la banlieue

Il a soutenu et dĂ©fendu l’hĂŽpital public de la ville qui porte aujourd’hui son nom.

Dans son action de dĂ©veloppeur et d’amĂ©nageur, Robert Ballanger ne s’est pas arrĂȘtĂ© aux limites du territoire aulnaysien. Il s’est impliquĂ© dans l’avenir de cette partie de la Seine-Saint-Denis, parce qu’il en percevait les enjeux humains et politiques. Il est Ă  l’origine du SEAPFA, le syndicat intercommunal, regroupant Aulnay, Sevran, Villepinte, Blanc-Mesnil et Tremblay en 1971. Dans le domaine Ă©conomique, on lui doit le dĂ©veloppement de Garonor, Ă  un moment oĂč les investisseurs renĂąclaient Ă  mettre les pieds dans ce secteur. Aujourd’hui, le parc d’activitĂ© comprend 350 000 mÂČ de locaux diversifiĂ©s. Et que dire de Paris-Nord 2 ? LĂ  aussi Robert Ballanger s’est employĂ© Ă  attirer les entreprises et les investisseurs. HĂ©las, il n’assistera pas Ă  la pose de la premiĂšre pierre du site qui se tient quelques mois aprĂšs son dĂ©cĂšs.

Mais au-delĂ  du dĂ©veloppement Ă©conomique, l’une de ses prĂ©occupations essentielles demeurait le bien-ĂȘtre des habitants, le soutien aux plus dĂ©munis, la lutte contre l’injustice d’oĂč qu’elle vienne. Lors des deux permanences qu’il tenait chaque semaine, avec moi – son supplĂ©ant depuis 1978 –, nous avons pu mesurer la souffrance qui accablait les plus vulnĂ©rables. Cette souffrance, les difficultĂ©s quotidiennes qui, Ă  force de s’accumuler deviennent insurmontables, Robert les prenaient Ă  cƓur. On lui a reconnu son sens de la convivialitĂ©, mais je puis vous affirmer qu’il prenait aussi la mesure des drames.

L’amĂ©lioration des conditions de vie dans les banlieues sera une de ses prĂ©occupations majeures. Ainsi, le 22 mars 1946, alors qu’il n’en est encore qu’aux dĂ©buts de sa vie parlementaire, il dĂ©pose un projet de rĂ©solution en tant que dĂ©putĂ© de Seine-et-Oise visant Ă  l’amĂ©lioration des conditions de vie des « mal lotis ». Une injustice rĂ©currente qu’il aura Ă  combattre dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis. Robert Ballanger participe ainsi de tous les combats sociaux de son temps. Il se trouve aux cĂŽtĂ©s des familles menacĂ©es d’expulsion, des OS en lutte. De ces rencontres, il sait tirer l’expĂ©rience pour bĂątir une proposition de loi destinĂ©e Ă  insuffler plus de justice et plus d’humanitĂ© dans notre sociĂ©tĂ©.

Être Ă  l’écoute de ses concitoyens constituait pour Robert Ballanger une prĂ©occupation permanente. En 1976, bien avant que l’on ne parle encore de dĂ©mocratie participative, il invite les Aulnaysiens Ă  s’exprimer lors des Assises de la vie quotidienne. 8 000 personnes participeront aux dĂ©bats organisĂ©s en diffĂ©rents lieux de la ville, discuteront avec les Ă©lus, formuleront leurs propositions et leurs remarques. Tous en gardent le souvenir d’un grand moment de la vie dĂ©mocratique. Dans le domaine culturel, nul ne peut ignorer qu’il est Ă  l’origine de l’Espace Jacques PrĂ©vert, haut lieu de la culture Ă  Aulnay.

Trente aprĂšs sa disparition, j’évoque encore les annĂ©es passĂ©es Ă  ses cĂŽtĂ©s avec fiertĂ© et Ă©motion. Robert Ballanger fut un grand rĂ©sistant, un homme de conviction, un patriote, un amĂ©nageur infatigable, un grand communiste. J’ai beaucoup appris auprĂšs de lui. Je me sens proche de la fidĂ©litĂ© qu’il Ă  toujours montrĂ© envers ses engagements sans jamais rester prisonnier d’un carcan politicien, sans jamais faire allĂ©geance. C’est pourquoi j’ai voulu lui rendre hommage et faire revivre son Ă©popĂ©e par ces quelques lignes.

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