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Chacun à son rythme, vers le rassemblement des forces de transformation sociale

18 novembre 2008 2 582 vues Un commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Au lendemain du vote des motions au Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont fait le choix de quitter ce parti et ont exprimé leur volonté de participer à un rassemblement de la gauche.

Dans le même temps, le PS a fait un pas de plus vers un aggiornamento fondé sur l’alliance avec le centre sur le modèle du Parti démocrate italien. Alors que cette aventure transalpine a connu un cuisant échec qui a conforté le régime de Berlusconi.

Le déroulement du Congrès du Parti socialiste, au-delà du triste spectacle renvoyé, explique leur départ. Par souci d’une impossible synthèse entre libéralisme et socialisme, par volonté de marier la carpe et le lapin, les principales motions ont défendu l’idée d’un simple accompagnement social du néolibéralisme. J’en arrive à penser que l’option social-démocrate est abandonnée, et avec elle la nature même d’un parti ancré à gauche. Que resterait-il alors de l’idée même de socialisme au sein du Parti socialiste ?

Avec Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, nous partageons de nombreuses convictions, en faveur d’une Europe sociale, écologique et démocratique et d’une gauche ambitieuse qui conquiert de nouveaux droits sociaux. Des convictions sorties victorieuses de la campagne contre le Traité européen en 2005.

Créer un front des forces de gauche de transformation sociale pour les prochaines élections européennes ? C’est une nécessité.

Mais lorsque Jean-Luc annonce à demi-mot un accord électoral avec la direction du PCF pour conduire des listes communes aux européennes, il est à craindre que le mode opératoire en reste à des alliances de sommet, sans la mise à contribution de tout l’arc de gauche de transformation sociale. Une autre interrogation : quelle est la place de la dynamique citoyenne dans ce processus ?

Prenons garde à la tentation de construire des alliances électorales de court terme, supposées capables d’enclencher une dynamique de rassemblement à gauche. La vision démocratique et solidaire de l’Europe que nous avons défendue ensemble lors du référendum de mai 2005 a certes rallié les suffrages des citoyens. Pour autant, les espoirs de rapprochement des forces de gauche ont été sans lendemains.

Une formidable attente s’exprime dans la population pour refonder un projet politique à gauche. Le succès de l’Appel de Politis, rassemblant un très large éventail des forces progressistes et des milliers de signataires en est la preuve.

Cette nouvelle force de gauche à vocation majoritaire ne peut s’asseoir sur une tradition politique unique, même en rupture avec l’architecture politique du PS de Reims. Elle doit faire dialoguer les cultures militantes, qu’elles soient socialistes, altermondialistes, communistes, écologistes ou trotskystes, et s’ouvrir aux citoyens non encartés qui partagent une même visée émancipatrice. La maturation de ce projet est la garantie du respect des sensibilités de chacun, et d’un projet de société qui redessine le paysage politique, au-delà des échéances électorales.

Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont participé à l’espace de dialogue crée par l’Appel de Politis, dans l’espoir d’un rassemblement de toute la gauche de transformation sociale. Dans la foulée de leur départ du Parti socialiste, ils ont souhaité créer un nouveau parti : le « Parti de la gauche ». Si j’en perçois parfaitement la finalité, je saisis moins l’empressement de sa constitution.

Ce nouveau parti entend s’inspirer de « l’état d’esprit » qui a guidé la construction du parti allemand Die Linke. Très bien. Au terme de plusieurs mois de réflexion associant de nombreuses forces syndicales, des mouvements associatifs et les partis de gauche de l’Est et de l’Ouest du pays, un projet politique commun d’alternative au social-libéralisme a été élaboré. Son ancrage dans le mouvement social et syndical a été la garantie du succès citoyen de l’initiative. Avec pour débouché, dans un second temps, la présentation de listes communes aux élections et la désignation de responsables politiques représentatifs dans le cadre d’un nouveau parti.

Si Die Linke n’est pas un modèle « prêt-à-porter » pour la gauche française, il ne constitue pas moins un formidable exemple. Alors ne faut-il pas plutôt, comme l’Appel de Politis nous y invite, poursuivre le dialogue entre les différentes sensibilités progressistes de gauche, et ce sans exclusive, afin de mener nos idées vers une position majoritaire ?

1 commentaire »

  • Gilles Boitte (Sevran) a écrit :

    Je partage totalement ce propos.
    L’expérience de Die Linke a bien été celle d’une réponse politique co-élaborée par des militants politiques, syndicaux, associatifs, « mouvementistes » et non une construction d’état-major qui aurait été ensuite ratifiée. La démarche du PG et du PCF semble bien prendre les choses à l’envers et à l’ancienne.
    Dans le même temps, n’est-il pas nécessaire d’aller plus vite dans les initiatives issues de l’Appel de Politis ?

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