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Chacun Ă  son rythme, vers le rassemblement des forces de transformation sociale

18 novembre 2008 2 585 vues Un commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Au lendemain du vote des motions au Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont fait le choix de quitter ce parti et ont exprimé leur volonté de participer à un rassemblement de la gauche.

Dans le mĂȘme temps, le PS a fait un pas de plus vers un aggiornamento fondĂ© sur l’alliance avec le centre sur le modĂšle du Parti dĂ©mocrate italien. Alors que cette aventure transalpine a connu un cuisant Ă©chec qui a confortĂ© le rĂ©gime de Berlusconi.

Le dĂ©roulement du CongrĂšs du Parti socialiste, au-delĂ  du triste spectacle renvoyĂ©, explique leur dĂ©part. Par souci d’une impossible synthĂšse entre libĂ©ralisme et socialisme, par volontĂ© de marier la carpe et le lapin, les principales motions ont dĂ©fendu l’idĂ©e d’un simple accompagnement social du nĂ©olibĂ©ralisme. J’en arrive Ă  penser que l’option social-dĂ©mocrate est abandonnĂ©e, et avec elle la nature mĂȘme d’un parti ancrĂ© Ă  gauche. Que resterait-il alors de l’idĂ©e mĂȘme de socialisme au sein du Parti socialiste ?

Avec Jean-Luc MĂ©lenchon et Marc Dolez, nous partageons de nombreuses convictions, en faveur d’une Europe sociale, Ă©cologique et dĂ©mocratique et d’une gauche ambitieuse qui conquiert de nouveaux droits sociaux. Des convictions sorties victorieuses de la campagne contre le TraitĂ© europĂ©en en 2005.

CrĂ©er un front des forces de gauche de transformation sociale pour les prochaines Ă©lections europĂ©ennes ? C’est une nĂ©cessitĂ©.

Mais lorsque Jean-Luc annonce Ă  demi-mot un accord Ă©lectoral avec la direction du PCF pour conduire des listes communes aux europĂ©ennes, il est Ă  craindre que le mode opĂ©ratoire en reste Ă  des alliances de sommet, sans la mise Ă  contribution de tout l’arc de gauche de transformation sociale. Une autre interrogation : quelle est la place de la dynamique citoyenne dans ce processus ?

Prenons garde Ă  la tentation de construire des alliances Ă©lectorales de court terme, supposĂ©es capables d’enclencher une dynamique de rassemblement Ă  gauche. La vision dĂ©mocratique et solidaire de l’Europe que nous avons dĂ©fendue ensemble lors du rĂ©fĂ©rendum de mai 2005 a certes ralliĂ© les suffrages des citoyens. Pour autant, les espoirs de rapprochement des forces de gauche ont Ă©tĂ© sans lendemains.

Une formidable attente s’exprime dans la population pour refonder un projet politique Ă  gauche. Le succĂšs de l’Appel de Politis, rassemblant un trĂšs large Ă©ventail des forces progressistes et des milliers de signataires en est la preuve.

Cette nouvelle force de gauche Ă  vocation majoritaire ne peut s’asseoir sur une tradition politique unique, mĂȘme en rupture avec l’architecture politique du PS de Reims. Elle doit faire dialoguer les cultures militantes, qu’elles soient socialistes, altermondialistes, communistes, Ă©cologistes ou trotskystes, et s’ouvrir aux citoyens non encartĂ©s qui partagent une mĂȘme visĂ©e Ă©mancipatrice. La maturation de ce projet est la garantie du respect des sensibilitĂ©s de chacun, et d’un projet de sociĂ©tĂ© qui redessine le paysage politique, au-delĂ  des Ă©chĂ©ances Ă©lectorales.

Jean-Luc MĂ©lenchon et Marc Dolez ont participĂ© Ă  l’espace de dialogue crĂ©e par l’Appel de Politis, dans l’espoir d’un rassemblement de toute la gauche de transformation sociale. Dans la foulĂ©e de leur dĂ©part du Parti socialiste, ils ont souhaitĂ© crĂ©er un nouveau parti : le « Parti de la gauche ». Si j’en perçois parfaitement la finalitĂ©, je saisis moins l’empressement de sa constitution.

Ce nouveau parti entend s’inspirer de « l’état d’esprit » qui a guidĂ© la construction du parti allemand Die Linke. TrĂšs bien. Au terme de plusieurs mois de rĂ©flexion associant de nombreuses forces syndicales, des mouvements associatifs et les partis de gauche de l’Est et de l’Ouest du pays, un projet politique commun d’alternative au social-libĂ©ralisme a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©. Son ancrage dans le mouvement social et syndical a Ă©tĂ© la garantie du succĂšs citoyen de l’initiative. Avec pour dĂ©bouchĂ©, dans un second temps, la prĂ©sentation de listes communes aux Ă©lections et la dĂ©signation de responsables politiques reprĂ©sentatifs dans le cadre d’un nouveau parti.

Si Die Linke n’est pas un modĂšle « prĂȘt-Ă -porter » pour la gauche française, il ne constitue pas moins un formidable exemple. Alors ne faut-il pas plutĂŽt, comme l’Appel de Politis nous y invite, poursuivre le dialogue entre les diffĂ©rentes sensibilitĂ©s progressistes de gauche, et ce sans exclusive, afin de mener nos idĂ©es vers une position majoritaire ?

1 commentaire »

  • Gilles Boitte (Sevran) a écrit :

    Je partage totalement ce propos.
    L’expĂ©rience de Die Linke a bien Ă©tĂ© celle d’une rĂ©ponse politique co-Ă©laborĂ©e par des militants politiques, syndicaux, associatifs, « mouvementistes » et non une construction d’Ă©tat-major qui aurait Ă©tĂ© ensuite ratifiĂ©e. La dĂ©marche du PG et du PCF semble bien prendre les choses Ă  l’envers et Ă  l’ancienne.
    Dans le mĂȘme temps, n’est-il pas nĂ©cessaire d’aller plus vite dans les initiatives issues de l’Appel de Politis ?

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