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Colloque à l'Assemblée nationale "Crise financière et environnement"

1 décembre 2008 2 063 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Lors du colloque « Crise Financière et Environnement: vers une écologie sociale et solidaire » organisé à l’Assemblée nationale sous sa présidence, le Député François Asensi a appelé de ses vÅ“ux la réunion de l’écologie et du social dans le programme de reconstruction de la gauche française.

CRISE FINANCIERE ET ENVIRONNEMENT
« Vers une écologie sociale et solidaire »

Comment stopper le néolibéralisme pour imposer de véritables politiques environnementales et sociales
Colloque organisé par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)
Samedi 6 décembre 2008

Discours liminaire de François ASENSI, député de Seine-Saint-Denis :

« L’urgence environnementale a enfin été reconnue par tous comme l’un des défis majeur de notre époque, et l’on ne peut que s’en réjouir.

La notion de développement durable a été reprise par l’ensemble des partis politiques, des mouvements sociaux, et désormais par la plupart des entreprises.

Malgré la reconnaissance de l’urgence écologique, deux dangers nous guettent.

Le premier danger serait de considérer l’écologie indépendamment du social, et pour le dire de manière caricaturale, de sacrifier la défense des droits sociaux et du progrès humain à un nouveau modèle social où l’homme et la nature seraient considérés comme antagonistes.

Je ne crois pas que cette position soit à la hauteur des enjeux actuels.
Il nous faut fonder un nouvel ordre social et économique, qui considère que l’émancipation des hommes passe aussi par la préservation de notre environnement.

***

Le deuxième danger qui nous guette, c’est de concevoir l’environnement comme un faire valoir du capitalisme. N’est ce pas l’attitude du Gouvernement, qui voit dans la « croissance verte » la solution miracle à la crise financière ?

La « croissance verte » ne serait rien de plus qu’un nouvel eldorado pour le capitalisme financier, où la nature est une marchandise échangeable comme n’importe quel bien manufacturé.

Les droits à polluer s’échangent déjà à la Bourse du carbone, pour maintenir le train de vie des pays pollueurs.

J’ai appris cette semaine que l’île de Madagascar avait cédé 1,3 millions d’hectares de son territoire à la Corée du Sud, qui souhaite sécuriser son approvisionnement céréalier.

Au lieu de préserver cette ressource pour la population de l’île, qui souffre de malnutrition, une agriculture à n’en pas douter productiviste prélèvera cette richesse et détruira l’écosystème de la région.

En somme, pour les firmes multinationales et les gouvernements qui les soutiennent, le développement durable signifie le prolongement des échanges inégalitaires entre le Nord et le Sud.

Concrètement, cela signifie que les pays riches paieront une somme modique pour se décharger dans les pays pauvres de ce que les économistes nomment pudiquement « externalités négatives » que sont le Co2 ou les déchets nucléaires.

***

J’évoquais à l’instant le besoin d’imagination pour réconcilier le développement social et l’impératif écologique.

Le colloque qui nous réunit aujourd’hui a assurément vocation à y contribuer, par le partage de réflexions et d’expériences.

En tant qu’élu local, j’ai souhaité adopter une telle démarche d’ « écologie sociale et solidaire », avec la conviction que le changement naît aussi d’initiatives de terrain. Permettez-moi de vous citer quelques exemples.

Les villes de ma circonscription et tout particulièrement Tremblay-en-France, ville dont je suis le maire, se sont fortement engagées en faveur du développement des transports en commun. L’isolement géographique dont souffrent les habitants de nos quartiers est en un véritable frein à l’emploi. Nous avons mis en œuvre un réseau de bus performant qui dessert les zones d’emplois, y compris l’accès à la plate-forme de Roissy 24h/24h.

L’eau est un bien public. Tremblay-en-France peut se satisfaire d’avoir su garder l’unique régie directe de distribution d’eau potable de la Seine-Saint-Denis. Les débats actuels donnent raison à cette démarche, et nous réfléchissons à la mise en place d’une tarification de l’eau vertueuse qui améliore l’accès à l’eau des plus défavorisés, tout en pénalisant le gaspillage.

***

Donner concrètement du sens au « développement durable » et construire une nouvelle pensée du progrès humain qui s’engage pour une écologie sociale et solidaire, telle est la responsabilité de la gauche aujourd’hui. Je suis certain que le colloque d’aujourd’hui contribuera à avancer dans ce sens.

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