Intervention à l'Assemblée: un tarif unique pour un RER modernisé
Lors de la sĂ©ance de questions au Gouvernement, le dĂ©putĂ© François Asensi a interpellĂ© le SecrĂ©taire d’Etat aux transports sur la dĂ©gradation de la qualitĂ© des transports et a rĂ©clamĂ© l’instauration d’un tarif unique de carte orange.
Intervention du Député François Asensi :
Monsieur le secrétaire d’Etat,
Chaque jour, 1,4 millions de franciliens se déplacent en transport en commun.
Chaque jour ils vivent ce qu’ils appellent « la galère des transports ».
Savez-vous que le nombre d’heures de travail chômées pour cause de retards et d’incidents techniques est supérieur et de loin au total des heures de grève ?
Pourriez-vous me dire le coût économique que représentent ces retards sur l’ensemble du réseau Ile-de-France ?
Sur la ligne B du RER, au mois de janvier, un train sur quatre était quotidiennement en retard. Sur la ligne D, près d’un train sur 3.
Le manque de personnel affectĂ© Ă l’entretien et la sĂ©curitĂ© du rĂ©seau est manifeste.
Quant au coĂ»t du transport, l’inĂ©galitĂ© est la règle en Ile-de-France. Quand un parisien paie 55 euros par mois, un habitant de Sevran ou d’Argenteuil dĂ©bourse 90 euros, et un habitant des Mureaux jusqu’Ă 122 euros.
Autrement dit, plus vous habitez loin de votre lieu de travail, plus vos revenus sont faibles, et plus vous devez payer.
La mise en place d’un tarif unique pour l’Ile-de-France couterait 700 millions, soit seulement 0,2% des 360 milliards que le Gouvernement a accordĂ© aux banques sans contrepartie.
Cette mesure socialement juste et Ă©conomiquement utile redonnerait du pouvoir d’achat aux 10 millions de franciliens. Pourquoi cette mesure ne fait-elle pas partie de votre plan de relance, qui par ailleurs renonce dĂ©finitivement Ă toute progression du pouvoir d’achat, attendue par les français, comme l’ont exprimĂ© des millions de manifestants la semaine dernière ?
RĂ©ponse de Dominique BUSSEREAU, SecrĂ©taire d’Etat aux Transports:
Le constat de la détérioration de la qualité des transports en Île-de-France, récente mais continue, est malheureusement partagé par tous.
M. le Premier ministre a récemment visité la ligne A et a annoncé des mesures. Le Président de la République l’a, ce matin encore, constaté lors de sa visite à L’Isle-Adam : l’investissement dans l’organisation de l’Île-de-France a pris du retard, et ce quels que soient les gouvernements, quelles que soient les collectivités ! Je rappelle que c’est aujourd’hui la région Île-de-France qui est chargée des transports.
Pour notre part, nous n’avons pas l’intention de rejeter la responsabilité sur les uns ou les autres, mais d’apporter des réponses précises à la galère des Franciliens qui empruntent les transports en commun.
De nombreuses pannes sont survenues cette semaine encore, sur les lignes A et B du RER…En effet, toutes les lignes sont concernées.
Que faire ? Tout d’abord, à la demande du Président de la République, Christian Blanc a engagé, avec Jean-Louis Borloo, une réflexion sur une nouvelle organisation de l’Île-de-France : c’est la réponse à long terme.
Ă€ court et Ă moyen termes, il faut augmenter les investissements : ainsi les achats de voitures pour le RER sont en augmentation, la RATP se modernise.
Pour ce qui est du coût, il faut bien réfléchir : les usagers en payent 29 %, le reste étant partagé entre les entreprises, les collectivités et l’État, à titre de compensation. Or, ce n’est pas le moment d’alourdir les charges des entreprises et des usagers.
Au lieu d’apporter des réponses démagogiques et de court terme, le moment est venu, comme le souhaite le Président de la République, d’investir et de disposer d’un plan d’ensemble pour l’Île-de-France. C’est un enjeu pour notre pays : on ne peut pas laisser durer la galère des Franciliens dans les transports en commun.











Laissez votre réponse !