OTAN: les Français doivent être consultés
La dĂ©cision idĂ©ologique du PrĂ©sident Sarkozy concernant la rĂ©intĂ©gration de la France au commandement de l’OTAN, engagĂ©e sans aucune concertation du peuple français et de ses reprĂ©sentants, remet gravement en cause la politique de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© de la France et de l’Europe.
Le prĂ©sident revient sur la promesse d’un dĂ©bat avec les Français dans un « esprit de franchise et de droiture », la conclusion de ce dĂ©bat apparaissant d’ores et dĂ©jĂ tranchĂ©e par les nĂ©gociations en coulisses engagĂ©es avec le PrĂ©sident Bush. Cette dĂ©cision fait voler en Ă©clat le consensus national sur la politique extĂ©rieure qui rassemblait la plupart des familles politiques, comme l’avait illustrĂ©e la non-intervention en Irak en 2003.
Cet Ă©lan atlantiste est d’autant plus incomprĂ©hensible qu’il intervient au moment oĂą l’OTAN est en pleine crise de lĂ©gitimitĂ©. L’intervention en Afghanistan et ses « bavures » meurtrières commises contre les civils s’avère ĂŞtre un regrettable Ă©chec qui loin d’apporter les fruits de la dĂ©mocratie et de la libertĂ© attise le ressentiment contre l’Occident.
Plus profondĂ©ment, la mission de l’OTAN a cessĂ© d’exister avec la chute de l’URSS et de la politique des blocs. Son maintien ne se justifie que par la recherche insensĂ©e de nouveaux ennemis. Refusant un nouvel Ă©quilibre mondial oĂą l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine serait contrariĂ©e par l’émergence de nouvelles puissances, l’OTAN est devenue le bras armĂ© des USA engagĂ©s dans une croisade manichĂ©enne et guerrière contre les «ennemis de l’Occident ».
Face Ă une OTAN porte-voix du nĂ©olibĂ©ralisme et maĂ®tre de l’ordre mondial, il est plus que jamais impĂ©ratif de rĂ©affirmer le rĂ´le de l’ONU et la nĂ©cessitĂ© de dĂ©mocratiser son Conseil de SĂ©curitĂ©.
Le PrĂ©sident Sarkozy avait assurĂ© que la rĂ©intĂ©gration dans l’OTAN ne se ferait sans une contrepartie cruciale : la crĂ©ation d’une vĂ©ritable DĂ©fense europĂ©enne. Force est de constater que la PrĂ©sidence française de l’UE a piĂ©tinĂ© sur ce point et qu’aucune garantie n’a Ă©tĂ© obtenue jusqu’à prĂ©sent.
Mais de quelle Défense européenne parlons-nous ? En 2007, Nicolas Sarkozy a évoqué devant le Congrès américain, une « Europe de la Défense crédible et forte au sein d’une Alliance rénovée » qui se résume à une Europe appendice de l’OTAN et inféodée aux intérêts de la superpuissance américaine.
Alors qu’un monde multipolaire Ă©merge, l’affirmation d’une DĂ©fense europĂ©enne autonome, garante de la paix et respectueuse des autres civilisations est pourtant plus que jamais nĂ©cessaire pour assurer un nouvel Ă©quilibre gĂ©opolitique.
A rebours de l’histoire, dangereux pour la paix du monde, ce virage à 180 degrés de notre politique extérieure ne peut faire l’économie d’un débat large et transparent devant les Français, ni de leur consultation par la voie des urnes.











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