Débat sur l'OTAN: une réintégration dangereuse, sans l'avis des français
Lors du dĂ©bat du 17 mars 2009 Ă l’AssemblĂ©e nationale, le DĂ©putĂ© François Asensi a condamnĂ© le retour de la France dans le commandement intĂ©grĂ© de l’OTAN, Au nom des dĂ©putĂ©s communistes, Verts et ultramarins, il a votĂ© la censure du Gouvernement sur une dĂ©cision qui remet en cause l’indĂ©pendance de la France et renforce une logique d’affrontement au profit de la politique hĂ©gĂ©monique des Etats-Unis.
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Mes chers collègues,
La participation de notre pays au commandement intégré de l’OTAN marque un tournant aussi radical que dangereux dans la politique extérieure de la France.
En aucun cas ce revirement atlantiste ne permettra de relancer une politique européenne de défense autonome. Pas plus qu’il ne renforcera l’influence de la France au sein de l’OTAN ou son indépendance sur la scène internationale.
Le retour dans le commandement intégré de l’OTAN est en réalité un blanc-seing accordé aux Etats-Unis, les contreparties évoquées avec force par le Chef de l’Etat ayant fait long feu.
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Faut-il rappeler, Monsieur le Premier ministre, que l’OTAN a trouvé sa justification dans un contexte d’affrontements bloc contre bloc qui n’est heureusement plus d’actualité.
Comment pourrions nous soutenir le maintien de cette organisation anachronique et apporter notre caution à une géopolitique basée sur l’épreuve de force et le conflit ?
« On ne fait pas la guerre pour se dĂ©barrasser de la guerre », comme l’affirmait Jean Jaurès.
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La doctrine de l’OTAN, sans aucune légitimité depuis la chute du mur de Berlin, tente de se réinventer.
Mais ne nous mĂ©prenons pas : les nouvelles orientations de l’OTAN visant Ă prĂ©venir les conflits et lutter contre le terrorisme ont toujours pour objectif la mainmise des Etats-Unis sur les ressources stratĂ©giques de la planète. C’est une politique de type impĂ©rial qui se pĂ©rennise.
« RĂ©fugiĂ©s climatiques, immigration massive », voilĂ les nouvelles menaces imaginĂ©es par les stratèges de l’OTAN. Cela signifie t-il que les populations pauvres sont devenues les ennemis du monde dĂ©veloppĂ© ?
Le PrĂ©sident de la RĂ©publique Ă©voque Ă l’envi une « famille occidentale » qui doit convaincre les autres pays d’adopter ses valeurs. Je vous le demande : le retour dans l’OTAN marque t-il une nouvelle croisade manichĂ©enne et belliciste de nature Ă nourrir un choc des civilisations ?
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Quant Ă la codirection de l’OTAN, soyons clairs: l’administration Ă©tasunienne continuera Ă dĂ©fendre ses intĂ©rĂŞts de superpuissance. Pour cette raison, le PrĂ©sident Chirac avait justement abandonnĂ© le projet de rĂ©intĂ©grer l’OTAN.
Alors peut-on engager l’indépendance et la sécurité de la France sur la base d’un pari perdu d’avance? L’opposition unanime des anciens dirigeants de notre pays, au-delà des divergences partisanes, est une réponse forte à l’atlantisme unilatéral du Chef de l’Etat.
En revanche, le rôle accru de la France dans l’OTAN impliquera inévitablement des responsabilités alourdies. Monsieur le Premier ministre, comment la France pourra refuser au Président Obama les troupes supplémentaires qu’il réclame en Afghanistan ?
Pourtant, cette guerre aux buts inavouables fĂ©dère aujourd’hui les courants les plus larges de la sociĂ©tĂ© Afghane dans un mouvement de libĂ©ration nationale. C’est dĂ©sormais d’une guerre coloniale qu’il s’agit. Va t-on enliser nos troupes dans un nouveau Vietnam?
La gravité des enjeux interpelle les consciences.
Chers collègues, le consensus national forgé au cœur de la crise irakienne, préservant l’indépendance de la France et son message de paix dans le concert des nations ne doit pas être brisé !
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Selon le PrĂ©sident de la RĂ©publique, la DĂ©fense europĂ©enne aurait piĂ©tinĂ© en raison des ambitions françaises. La solution choisie est donc d’enterrer toute ambition d’une politique europĂ©enne autonome de sĂ©curitĂ©.
En 2007, Nicolas Sarkozy a évoqué devant le Congrès américain, une « Europe de la Défense crédible et forte au sein d’une Alliance rénovée ». Voilà une bien curieuse conception de l’Europe, vassal des Etats-Unis. Une conception inscrite au cœur même du Traité de Lisbonne, et que nous dénonçons vigoureusement.
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Le PrĂ©sident de la RĂ©publique avait promis aux Français un dĂ©bat dans « un esprit de franchise et de droiture ». Que reste t-il de ce dĂ©bat dont l’issue est dĂ©jĂ tranchĂ©e?
Votre Gouvernement opère un véritable déni démocratique par crainte de la souveraineté populaire. Nous réclamons avec force que sur une décision qui engage la sécurité de notre pays et l’équilibre du monde, les français soient consultés par voie référendaire.
Le Ministre de la DĂ©fense a Ă©cartĂ© l’idĂ©e de cette consultation au motif que le peuple ne rĂ©pondrait pas Ă la question. Mais c’est vous, Monsieur le Premier ministre, qui avez dĂ©cidĂ© aujourd’hui d’engager la responsabilitĂ© de votre gouvernement pour Ă©viter un vote sur le fond, pour faire taire les oppositions y compris dans votre majoritĂ©.
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Monsieur le Premier ministre, nous assistons sous nos yeux à l’émergence d’un nouveau monde, déstabilisé par la crise mondiale du capitalisme.
Votre dĂ©claration, loin de promouvoir ce monde multipolaire qui s’impose pour assurer le dialogue entre les nations, soumet la France et l’Europe Ă l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine.
Le groupe GDR et ses composantes communistes, républicaines, Verts, ultra marins et du Parti de Gauche sanctionneront donc, par leur vote, votre gouvernement.











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