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Conditions de travail, prĂ©carisation, dĂ©fense du service public: les postiers doivent ĂȘtre entendus !

20 avril 2009 2 087 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Le dĂ©putĂ© François Asensi s’est adressĂ© au SecrĂ©taire d’Etat chargĂ© de l’Industrie et de la Consommation

« Monsieur le SecrĂ©taire d’Etat,

Je voudrais attirer votre attention sur la situation des postiers de Seine-Saint-Denis, en grĂšve le 7 avril dernier.

Bien souvent, la Poste est, avec l’école, l’un des derniers services publics d’Etat encore prĂ©sent dans nos villes. ConnaĂźtre les personnes de son quartier, faire du lien social, donner un visage humain et proche de la fonction publique d’Etat, tout en remplissant scrupuleusement et consciencieusement sa mission de distribution du courrier :les facteurs sont particuliĂšrement attachĂ©s Ă  leur travail. Les facteurs sont trĂšs souvent les seuls fonctionnaires d’Etat que cĂŽtoient au quotidien nos concitoyens.

Or, la nouvelle organisation de la distribution de la Poste, labellisĂ©e « Facteur d’avenir », met Ă  mal les conditions de travail des salariĂ©s. Facteurs chronomĂ©trĂ©s pendant leur tournĂ©e, fin de la pratique « un facteur – un quartier » qui garantissait pourtant une proximitĂ© entre le facteur et les habitants, hausse de la charge de travail pour compenser les absences des collĂšgues, utilisation de salariĂ©s prĂ©caires, la situation est aux antipodes de la tradition du service public postal. Cela entraĂźne-t-il un meilleur service aux usagers ? Rien ne le prouve.

La « sĂ©cabilitĂ© d’étĂ© » est le point sur lequel s’est cristallisĂ© le mĂ©contentement des postiers. ConsidĂ©rĂ© comme un temps creux, il leur est instamment demandĂ© de remplacer les collĂšgues en congĂ©s, sans procĂ©der Ă  aucune embauche de saisonniers. ConcrĂštement, la moindre absence imprĂ©vue risque de pĂ©naliser les postiers comme les usagers. C’est cette situation que connaissent dĂ©jĂ  les postiers tremblaysiens et qui suscite de leur part un mĂ©contentement supplĂ©mentaire.

La politique de ressource humaine en flux-tendu engagĂ©e par l’entreprise a eu pour consĂ©quence inĂ©luctable de rendre impossible la distribution de tout le courrier. Le plus paradoxal c’est que l’on demande aux facteurs de payer le prix d’une telle gestion du personnel. Ainsi les postiers tremblaysiens ce sont-ils vus refuser la prime que tous les autres postiers du DĂ©partement ont reçue. Je pense que vous conviendrez avec moi de l’injustice d’une telle punition collective.

Le plan « facteur d’avenir » est la consĂ©quence directe de l’ouverture Ă  la concurrence de la distribution du courrier, imposĂ©e par une directive europĂ©enne. La flexibilitĂ©, la rĂ©duction du nombre de fonctionnaires et Ă  terme le dĂ©mantĂšlement du service public postal apparaissent en filigrane comme les nouvelles ambitions du groupe.

Monsieur le SecrĂ©taire d’Etat, je voudrais connaitre votre position Ă  l’égard du plan « Facteur d’avenir » et des problĂšmes manifestes que pose son application concrĂšte. Plus globalement, je souhaiterais savoir quelle est la position de l’Etat, au sein du Conseil d’administration de l’entreprise la Poste, Ă  l’égard de la privatisation rampante dans laquelle s’engage le groupe la Poste.

Autrement dit, le principe d’un service public postal est-il encore une prioritĂ© pour le gouvernement ?

Je vous prie, monsieur le SecrĂ©taire d’Etat, croire Ă  l’assurance de mes sentiments respectueux. »

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