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SNCF-Air France : une polémique qui relance la question du service public

2 fĂ©vrier 2007 3 152 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Le Parisien fait Ă©tat ce matin d’une polĂ©mique entre Air France et la SNCF. Le transporteur aĂ©rien, rĂ©cemment privatisĂ©, accuse le transporteur ferroviaire public de concurrence dĂ©loyale au titre des subventions publiques qu’il reçoit.

Je dĂ©plore cette situation de tension qui met face Ă  face deux grandes entreprises françaises en charge d’un bien public. Je ne reviendrai pas sur la privatisation d’Air France, c’est un fait et il faut saluer la bonne santĂ© actuelle du groupe, mais il faut bien comprendre aujourd’hui les raisons de ces tensions. La gestion privĂ©e et l’exigence de l’actionnariat placent Air France dans une logique de compĂ©tition et provoque une concurrence dĂ©bridĂ©e et dĂ©raisonnĂ©e avec la SNCF. Ces deux entreprises devraient, pourtant, ĂȘtre complĂ©mentaires et associĂ©es dans le but d’offrir un service des transports efficace et accessible Ă  tous les usagers.

Sur la question des subventions publiques reçues par la SNCF, la direction d’Air France devrait se souvenir que l’Etat a procĂ©dĂ© en 1994 Ă  une recapitalisation lui apportant plus de 3 milliards d’euros dans l’unique but de rassurer les investisseurs privĂ©s. A l’inverse, les aides de l’Etat reçues par la SNCF ont une utilitĂ© publique indĂ©niable. Elles servent principalement Ă  apurer les dettes du passĂ©, Ă  compenser le dĂ©sĂ©quilibre de rĂ©gime de retraite et Ă  dĂ©velopper le rĂ©seau. MĂȘme si les subventions prenaient en charge une partie du coĂ»t des titres de transport, la polĂ©mique serait inappropriĂ©e. Dans ce cas, l’Etat remplirait simplement son rĂŽle pour faciliter l’accĂšs des moins fortunĂ©s aux transports collectifs.

Chacune des parties concernĂ©es doit faire preuve de la mesure indispensable pour ne pas sombrer dans une guerre Ă©conomique sourde et brutale qui laisserait l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral aux mains des intĂ©rĂȘts particuliers, capitalistes et financiers. Il ne faut pas oublier la mission de service public qui incombe aux deux transporteurs. Dans cette mission, il est nĂ©cessaire d’encourager la complĂ©mentaritĂ© du train et de l’avion plutĂŽt que de laisser s’installer une concurrence malsaine. Il en va de la qualitĂ© des services proposĂ©s aux usagers.

Pour les dĂ©placements courts, infĂ©rieurs Ă  800 kilomĂštres, le TGV est plus performant et plus adaptĂ© aux besoins des usagers. A l’heure oĂč le dĂ©veloppement durable a gagnĂ© une juste place dans le dĂ©bat public, il est impossible de dissocier le dĂ©veloppement du rail avec les objectifs environnementaux qui rĂ©pondent Ă  l’urgence climatique dont nous prenons conscience actuellement. C’est dans cet esprit que j’ai rĂ©cemment pris position en faveur du projet de fret postal menĂ© en commun par la SNCF et La Poste. Je suis, d’ailleurs, dĂ©terminĂ© Ă  ce qu’une gare TGV de fret voit le jour sur le sol de Tremblay-en-France.

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