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SNCF-Air France : une polémique qui relance la question du service public

2 février 2007 3 138 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Le Parisien fait état ce matin d’une polémique entre Air France et la SNCF. Le transporteur aérien, récemment privatisé, accuse le transporteur ferroviaire public de concurrence déloyale au titre des subventions publiques qu’il reçoit.

Je déplore cette situation de tension qui met face à face deux grandes entreprises françaises en charge d’un bien public. Je ne reviendrai pas sur la privatisation d’Air France, c’est un fait et il faut saluer la bonne santé actuelle du groupe, mais il faut bien comprendre aujourd’hui les raisons de ces tensions. La gestion privée et l’exigence de l’actionnariat placent Air France dans une logique de compétition et provoque une concurrence débridée et déraisonnée avec la SNCF. Ces deux entreprises devraient, pourtant, être complémentaires et associées dans le but d’offrir un service des transports efficace et accessible à tous les usagers.

Sur la question des subventions publiques reçues par la SNCF, la direction d’Air France devrait se souvenir que l’Etat a procédé en 1994 à une recapitalisation lui apportant plus de 3 milliards d’euros dans l’unique but de rassurer les investisseurs privés. A l’inverse, les aides de l’Etat reçues par la SNCF ont une utilité publique indéniable. Elles servent principalement à apurer les dettes du passé, à compenser le déséquilibre de régime de retraite et à développer le réseau. Même si les subventions prenaient en charge une partie du coût des titres de transport, la polémique serait inappropriée. Dans ce cas, l’Etat remplirait simplement son rôle pour faciliter l’accès des moins fortunés aux transports collectifs.

Chacune des parties concernées doit faire preuve de la mesure indispensable pour ne pas sombrer dans une guerre économique sourde et brutale qui laisserait l’intérêt général aux mains des intérêts particuliers, capitalistes et financiers. Il ne faut pas oublier la mission de service public qui incombe aux deux transporteurs. Dans cette mission, il est nécessaire d’encourager la complémentarité du train et de l’avion plutôt que de laisser s’installer une concurrence malsaine. Il en va de la qualité des services proposés aux usagers.

Pour les déplacements courts, inférieurs à 800 kilomètres, le TGV est plus performant et plus adapté aux besoins des usagers. A l’heure où le développement durable a gagné une juste place dans le débat public, il est impossible de dissocier le développement du rail avec les objectifs environnementaux qui répondent à l’urgence climatique dont nous prenons conscience actuellement. C’est dans cet esprit que j’ai récemment pris position en faveur du projet de fret postal mené en commun par la SNCF et La Poste. Je suis, d’ailleurs, déterminé à ce qu’une gare TGV de fret voit le jour sur le sol de Tremblay-en-France.

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