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M. Juppé, la France doit reconnaître sans attendre l'Etat palestinien !

29 avril 2011 5 507 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Je suis intervenu auprès du Ministre des Affaires étrangères Alain Juppé pour demander la reconnaissance par la France de l’Etat Palestinien dans ses frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale.  Pour sortir de l’impasse du processus de paix, l’Autorité palestinienne a décidé de faire reconnaître l’État de Palestine par l’ONU à la fin de l’année 2011. Cette stratégie est une réponse au refus d’Israël de stopper la colonisation et l’occupation militaire des territoires Palestiniens.

Aujourd’hui, les structures du futur Etat Palestinien sont prêtes. J’attends de la France qu’elle reconnaissance sans attendre l’Etat Palestinien et qu’elle défende cette cause à l’ONU, dans un esprit de paix et de réconciliation entre les peuples.

« Monsieur le Ministre d’Etat,

La période que nous vivons constitue un tournant dans l’évolution politique du monde arabe. L’aspiration à la démocratie observée en Tunisie, en Egypte, en Libye et dans d’autres pays se fait également sentir dans les territoires Palestiniens. Le règlement du conflit israélo-palestinien est l’une des clés de la stabilité et de la paix au Proche-Orient. Comme vous l’avez récemment affirmé, il est du devoir de la France de soutenir le printemps des peuples arabes et de renforcer les liens qui nous unissent à eux.

En visite officielle, le Président de l’Autorité Palestinienne M. Abbas a explicitement demandé l’aide de la France pour sortir le processus de paix israélo-palestinien de l’impasse dans lequel il se trouve. Il a réclamé la reconnaissance par notre pays de la Palestine dans ses frontières de 1967 et demandé la mobilisation de notre diplomatie vers cet objectif.

J’apporte mon soutien à la démarche diplomatique de M. Abbas visant à faire reconnaître l’Etat Palestinien par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2011, seule solution désormais pour sortir de l’impasse.

Cette possibilité doit être étudiée avec la plus grande considération dans la mesure où l’Etat d’Israël refuse toujours les avancées indispensables à une reprise des négociations entre les deux parties, notamment sur la fin de la colonisation et le statut de Jérusalem-est. J’ajoute que  l’occupation israélienne et la poursuite de la colonisation sont illégales eu regard du droit international.

En Cisjordanie, Israël grignote chaque jour un peu plus le territoire de l’Autorité palestinienne, remettant sérieusement en cause la création d’un futur Etat palestinien. Devant l’absence de négociations directes, il est plus que temps d’adopter une autre stratégie pour satisfaire le droit du peuple Palestinien à vivre dans un Etat souverain, tout en garantissant la sécurité d’Israël.

La communauté internationale avait posé comme condition à la reconnaissance de la Palestine des avancées sur la mise en place de ses institutions. L’Autorité palestinienne a fait beaucoup d’efforts en ce sens pour mettre en place une administration et des services publics efficaces. Les institutions internationales, le FMI, la Banque Mondiale et l’ONU, reconnaissent désormais que l’Autorité palestinienne dispose des structures nécessaires à la création d’un Etat viable et gouverné de manière démocratique. Le Président de la République a lui-même reconnu ses avancées lors de la venue de Monsieur Abbas. Les autorités palestiniennes ont  ainsi respecté leur engagement en érigeant un Etat de droit. Il serait inconcevable que la France et la communauté internationale ne respectent pas le sien et laissent les Palestiniens au bord du chemin.

Vous avez déclaré vouloir inaugurer une nouvelle politique avec le monde arabe pour « faire émerger un espace de paix, de stabilité et d’échange en Méditerranée ».  La France doit donc adopter une voix forte dans le concert des nations pour promouvoir cet objectif d’émancipation des peuples et de développement. Reconnaître l’Etat Palestinien serait à ce titre une décision historique, dans la droite ligne des grands marqueurs de notre politique étrangère, du retrait du commandement intégré de l’OTAN à la condamnation de la guerre du Vietnam par le Général de Gaulle, jusqu’au refus de la guerre en Irak par le Président Jacques Chirac en 2003.

Plus d’une centaine de pays ont déjà reconnus l’Etat Palestinien et dernièrement dix Etats d’Amérique latine dont le Brésil ont franchi le pas. Le Président français a déclaré « réfléchir sérieusement à l’éventualité de reconnaître l’Etat palestinien ».

Le temps n’est plus à la réflexion. La France, fidèle à son histoire et ses valeurs, doit reconnaître dès maintenant l’Etat Palestinien. Forte de son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, la France a l’opportunité de prendre la tête de ce combat et de convaincre ses partenaires. Nous ne pouvons laisser passer cette responsabilité devant l’Histoire.

La paix dans tout le Proche-Orient et la liberté de millions de Palestiniens en dépendent. »

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