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M. Juppé, la France doit reconnaßtre sans attendre l'Etat palestinien !

29 avril 2011 5 508 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Je suis intervenu auprĂšs du Ministre des Affaires Ă©trangĂšres Alain JuppĂ© pour demander la reconnaissance par la France de l’Etat Palestinien dans ses frontiĂšres de 1967 avec JĂ©rusalem-est comme capitale.  Pour sortir de l’impasse du processus de paix, l’AutoritĂ© palestinienne a dĂ©cidĂ© de faire reconnaĂźtre l’État de Palestine par l’ONU Ă  la fin de l’annĂ©e 2011. Cette stratĂ©gie est une rĂ©ponse au refus d’IsraĂ«l de stopper la colonisation et l’occupation militaire des territoires Palestiniens.

Aujourd’hui, les structures du futur Etat Palestinien sont prĂȘtes. J’attends de la France qu’elle reconnaissance sans attendre l’Etat Palestinien et qu’elle dĂ©fende cette cause Ă  l’ONU, dans un esprit de paix et de rĂ©conciliation entre les peuples.

« Monsieur le Ministre d’Etat,

La pĂ©riode que nous vivons constitue un tournant dans l’évolution politique du monde arabe. L’aspiration Ă  la dĂ©mocratie observĂ©e en Tunisie, en Egypte, en Libye et dans d’autres pays se fait Ă©galement sentir dans les territoires Palestiniens. Le rĂšglement du conflit israĂ©lo-palestinien est l’une des clĂ©s de la stabilitĂ© et de la paix au Proche-Orient. Comme vous l’avez rĂ©cemment affirmĂ©, il est du devoir de la France de soutenir le printemps des peuples arabes et de renforcer les liens qui nous unissent Ă  eux.

En visite officielle, le PrĂ©sident de l’AutoritĂ© Palestinienne M. Abbas a explicitement demandĂ© l’aide de la France pour sortir le processus de paix israĂ©lo-palestinien de l’impasse dans lequel il se trouve. Il a rĂ©clamĂ© la reconnaissance par notre pays de la Palestine dans ses frontiĂšres de 1967 et demandĂ© la mobilisation de notre diplomatie vers cet objectif.

J’apporte mon soutien Ă  la dĂ©marche diplomatique de M. Abbas visant Ă  faire reconnaĂźtre l’Etat Palestinien par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies en septembre 2011, seule solution dĂ©sormais pour sortir de l’impasse.

Cette possibilitĂ© doit ĂȘtre Ă©tudiĂ©e avec la plus grande considĂ©ration dans la mesure oĂč l’Etat d’IsraĂ«l refuse toujours les avancĂ©es indispensables Ă  une reprise des nĂ©gociations entre les deux parties, notamment sur la fin de la colonisation et le statut de JĂ©rusalem-est. J’ajoute que  l’occupation israĂ©lienne et la poursuite de la colonisation sont illĂ©gales eu regard du droit international.

En Cisjordanie, IsraĂ«l grignote chaque jour un peu plus le territoire de l’AutoritĂ© palestinienne, remettant sĂ©rieusement en cause la crĂ©ation d’un futur Etat palestinien. Devant l’absence de nĂ©gociations directes, il est plus que temps d’adopter une autre stratĂ©gie pour satisfaire le droit du peuple Palestinien Ă  vivre dans un Etat souverain, tout en garantissant la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l.

La communautĂ© internationale avait posĂ© comme condition Ă  la reconnaissance de la Palestine des avancĂ©es sur la mise en place de ses institutions. L’AutoritĂ© palestinienne a fait beaucoup d’efforts en ce sens pour mettre en place une administration et des services publics efficaces. Les institutions internationales, le FMI, la Banque Mondiale et l’ONU, reconnaissent dĂ©sormais que l’AutoritĂ© palestinienne dispose des structures nĂ©cessaires Ă  la crĂ©ation d’un Etat viable et gouvernĂ© de maniĂšre dĂ©mocratique. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique a lui-mĂȘme reconnu ses avancĂ©es lors de la venue de Monsieur Abbas. Les autoritĂ©s palestiniennes ont  ainsi respectĂ© leur engagement en Ă©rigeant un Etat de droit. Il serait inconcevable que la France et la communautĂ© internationale ne respectent pas le sien et laissent les Palestiniens au bord du chemin.

Vous avez dĂ©clarĂ© vouloir inaugurer une nouvelle politique avec le monde arabe pour « faire Ă©merger un espace de paix, de stabilitĂ© et d’échange en MĂ©diterranĂ©e ».  La France doit donc adopter une voix forte dans le concert des nations pour promouvoir cet objectif d’émancipation des peuples et de dĂ©veloppement. ReconnaĂźtre l’Etat Palestinien serait Ă  ce titre une dĂ©cision historique, dans la droite ligne des grands marqueurs de notre politique Ă©trangĂšre, du retrait du commandement intĂ©grĂ© de l’OTAN Ă  la condamnation de la guerre du Vietnam par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle, jusqu’au refus de la guerre en Irak par le PrĂ©sident Jacques Chirac en 2003.

Plus d’une centaine de pays ont dĂ©jĂ  reconnus l’Etat Palestinien et derniĂšrement dix Etats d’AmĂ©rique latine dont le BrĂ©sil ont franchi le pas. Le PrĂ©sident français a dĂ©clarĂ© « rĂ©flĂ©chir sĂ©rieusement Ă  l’éventualitĂ© de reconnaĂźtre l’Etat palestinien ».

Le temps n’est plus Ă  la rĂ©flexion. La France, fidĂšle Ă  son histoire et ses valeurs, doit reconnaĂźtre dĂšs maintenant l’Etat Palestinien. Forte de son statut de membre permanent du Conseil de SĂ©curitĂ© de l’ONU, la France a l’opportunitĂ© de prendre la tĂȘte de ce combat et de convaincre ses partenaires. Nous ne pouvons laisser passer cette responsabilitĂ© devant l’Histoire.

La paix dans tout le Proche-Orient et la liberté de millions de Palestiniens en dépendent. »

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