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Le gouvernement fait main basse sur le financement du cinéma

25 octobre 2011 6 922 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Déclaration

Le 24 octobre 2011

Le gouvernement fait main basse sur le financement du cinéma

A son tour, le cinéma est soumis à l’austérité imposée par le gouvernement pour rassurer les marchés financiers.

Par voie d’amendement à la loi de finances pour 2012, la droite parlementaire a brutalement plafonné les taxes abondant le Centre National du Cinéma et de l’Image animée (CNC), afin de reverser leur excédent au budget général de l’Etat.

Le gouvernement a ainsi choisi de sacrifier le soutien au cinéma pour résorber une dette publique creusée par ses politiques libérales en faveur des plus riches. Au nom de quelle logique le cinéma français devrait-il faire les frais des errements des banques et des marchés financiers ?

Je refuse cette mesure qui fragilisera le cinéma français au moment même où il affronte la révolution du numérique et la mutation des attentes des amateurs du 7ème art.

Depuis 1946, le CNC est la pierre angulaire du soutien mutualiste au cinéma français, par lequel la grande exploitation aide le cinéma indépendant. Son action a permis le maintien d’une offre culturelle de qualité, dynamique, et diversifiée. Ses ressources servent chaque année à soutenir les cinémas d’Art et Essai, à aider la production cinématographique française, et à financer l’équipement numérique des petites salles.

Remettre aujourd’hui ses moyens en cause freinerait le passage au numérique et aboutirait à l’émergence d’un cinéma à deux vitesses : d’un côté de grands multiplexes pouvant investir dans cet équipement, de l’autre des salles indépendantes incapables d’assumer ce coût.

A l’Assemblée nationale, en juin 2010, j’avais mis en garde contre cette menace lors de la loi sur l’équipement numérique des cinémas. J’avais dénoncé le dispositif d’aide au numérique choisi, véritable atteinte au système de mutualisation du financement du cinéma, en posant cette question : « Qu’est ce qui retiendra désormais d’aller plus en avant, et de détricoter les taxes et les subventions en faveur des formes de cinéma les plus fragiles? ». Nous y sommes, hélas.

Avec les professionnels du secteur, je demande au gouvernement le retrait pur et simple de cet amendement lors de la deuxième lecture devant l’Assemblée nationale.

Les recettes du CNC doivent impérativement être confortées. Il en va du rayonnement du cinéma français, de la poursuite de l’équipement numérique des cinémas indépendants, et du maintien d’un cinéma exigeant et populaire dans le cœur de nos villes et de nos quartiers.

François ASENSI

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