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Déclaration sur le Sri Lanka : Justice et assistance au peuple tamoul

20 mai 2009 2 408 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Depuis plus de trois mois, des élus de la République sont engagés aux côtés des membres de la communauté tamoule de France, meurtris par le sort que subissent leurs familles restées à Sri Lanka.

Membre de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, j’ai alerté à plusieurs reprises le ministre sur l’ampleur du drame humanitaire qui se déroule dans l’ancienne île de Ceylan depuis l’offensive de l’armée sri lankaise contre les Tigres tamouls.

Depuis plusieurs mois, les familles tamoules de France sont mobilisées.

Depuis plusieurs mois, les familles tamoules de France sont mobilisées.

Plusieurs milliers de civils ont été tués par cette guerre, car il faut bien employer ce mot, depuis le mois de janvier. Sans que l’on sache avec exactitude les chiffres de ce décompte macabre, la faute au refus d’accès opposé par le Gouvernement sri lankais aux journalistes, ONG et agences de l’ONU.

Je tiens à saluer l’intérêt que M. Kouchner a porté à ce conflit meurtrier, en s’en faisant le porte-voix auprès d’une communauté internationale tantôt indifférente, tantôt inefficace. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens, et l’on ne peut se satisfaire que les défenseurs du droit d’ingérence n’aient pas appelé à sa mise en œuvre.

Un premier regret mérite d’être formulé : le Ministre des Affaires étrangères n’a pas souhaité recevoir les représentants de la communauté tamoule de France, malgré leur mobilisation courageuse et pacifique. Est-ce à dire que les membres de cette communauté, bien intégré et pour beaucoup de nationalité française, seraient des citoyens de second ordre ?

La position du Gouvernement français réclame des éclaircissements, à l’heure où la défaite militaire des Tigres tamouls se profile. Les appels à l’arrêt des combats et à l‘accès de l’aide humanitaire sont jusqu’alors restés lettre morte, en butte à l’intransigeance du gouvernement de Colombo. La France est-elle prête à exercer une pression diplomatique sur les soutiens de ce régime belliqueux, notamment la Chine qui freine l’action de l’ONU.

La phase militaire, quelle que soit son issue, n’apporte aucune réponse aux droits politiques réclamés par la minorité tamoule. Le ministère des Affaires étrangères, en réponse à une de mes interventions, a appelé le gouvernement de Colombo à « travailler rapidement à l’élaboration d’une solution politique répondant aux aspirations des différentes communautés ». Comment espérer un arbitrage impartial de la part d’un des acteurs du conflit, qui a résolument fermé la porte aux revendications tamoules ? En ne réclamant pas une médiation internationale, la France pratique la politique de l’autruche.

Le Sri Lanka, avec 4% de son PIB consacrés aux armées, détient un des records en ce domaine, devant même les USA. Face à ce réarmement massif depuis plus d’un an, la communauté internationale ne peut prétendre que le conflit actuel lui a échappé. Combien de marchands de canon issus de pays partenaires diplomatiques de la France y ont contribué ? Alors que l’octroi d’un prêt du FMI au Sri Lanka est à l’étude, la France doit user de son influence pour geler toute aide.

Enfin, les rares observateurs présents à proximité des combats ont accrédités par leurs témoignages la thèse de crimes de guerre de la part de l’armée régulière sri lankaise contre une partie de sa population. Aucune raison ne justifie que les principes de droit international invoqués dans certaines parties du monde ne s’appliquent pas à ce conflit. Je demande au Gouvernement français d’agir pour la création d’une commission d’enquête indépendante sur ces violations.

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