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PÎle emploi : la privatisation du service public de l'emploi à la dérive

18 juin 2009 2 967 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

La fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC au sein de PĂŽle emploi, menĂ©e au pas de charge et sans concertation, a profondĂ©ment dĂ©sorganisĂ© les services. Les agents sont dans une situation intenable devant l’afflux des demandeurs, le service rendu aux chĂŽmeurs en pĂąti. Quels Ă©taient donc les motifs de cette fusion? Plus de simplicitĂ©, selon le gouvernement. Mais en rĂ©alitĂ©, l’objectif est la privatisation de ce service public en recourant aux services des multinationales de l’intĂ©rim et du placement. Au dĂ©triment de l’argent public et des chĂŽmeurs, encore plus sous pression.

Je suis intervenu à deux reprises auprÚs du Gouvernement pour contester cette réorganisation le 28 avril dernier. Voici le contenu de ces interventions:

Intervention auprĂšs du Gouvernement : plus de moyens pour le personnel, un meilleur accompagnement des chĂŽmeurs

 » Monsieur le ministre, la rĂ©duction du pĂ©rimĂštre du service public de l’emploi, entĂ©rinĂ©e par la fusion des ANPE et ASSEDIC, se rĂ©vĂšle particuliĂšrement inopportune dans le contexte de crise Ă©conomique. D’un coĂ»t Ă©valuĂ© Ă  plus de 400 millions d’euros, la crĂ©ation de PĂŽle emploi engendre une rĂ©organisation des services et une nĂ©cessaire formation du personnel qui pĂ©nalise les usagers.

PrĂšs de 50 000 dossiers d’indemnisation sont en souffrance, les entretiens personnalisĂ©s sont abrĂ©gĂ©s et le dĂ©lai d’indemnisation atteint prĂšs de trois mois alors que les besoins sont pressants.

La fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC, menĂ©e au pas de charge, coĂŻncide avec l’afflux brutal de 250 000 licenciĂ©s en quatre mois. Chaque conseiller suit ainsi 260 demandeurs d’emploi par conseiller contre 120 avant la crise, et l’objectif annoncĂ© par le Gouvernement de 60 personnes suivies par agent est devenu irrĂ©alisable. La direction de PĂŽle emploi a d’ores et dĂ©jĂ  revu Ă  la baisse la qualitĂ© de son service en concentrant l’effort sur l’indemnisation et en abandonnant l’objectif de suivi individualisĂ© des personnes non indemnisĂ©es. L’embauche annoncĂ©e de 1 800 Ă©quivalents temps plein supplĂ©mentaires ne permettra pas d’absorber la hausse de l’activitĂ© et le maintien d’un suivi qualitatif des demandeurs.

Ces nouveaux emplois ne reprĂ©sentent que la moitiĂ© des renforts accordĂ©s pour le PARE en 2001 et n’annulent pas la suppression de 5 000 postes programmĂ©s dans le cadre de la fusion ANPE-ASSEDIC.

Monsieur le ministre, quel sera le statut et la forme de contrat dont bĂ©nĂ©ficieront les personnes recrutĂ©es par cette structure. En rĂ©ponse Ă  cette situation de crise exceptionnelle, envisagez-vous de rĂ©viser la convention liant l’État, PĂŽle emploi et l’Assedic afin de revenir sur les suppressions de postes et de reporter le calendrier de mise en place de PĂŽle emploi.  »

Intervention auprĂšs du Gouvernement : arrĂȘt de la privatisation rampante du service public de l’emploi !

 » Monsieur le ministre, alors que PĂŽle emploi affiche l’objectif d’assurer une meilleure prise en charge des personnes durablement Ă©loignĂ©es de l’emploi, cette nouvelle entitĂ© souhaite se dessaisir d’une partie de ses attributions en annonçant un appel d’offres pour le suivi de 320 000 chĂŽmeurs Ă  partir du 1er juillet 2009.

Le mouvement de privatisation enclenchĂ© par la loi de cohĂ©sion sociale de janvier 2005 et alimentĂ© depuis 2006 par plusieurs phases d’expĂ©rimentation remet gravement en cause le principe d’un service public de l’emploi, malgrĂ© les affirmations se voulant rassurantes autour de PĂŽle emploi. Au lieu de renforcer ses effectifs, cette structure tire partie de la pĂ©nurie de personnel et de la hausse des demandeurs d’emplois pour favoriser le rentable marchĂ© privĂ© de l’accompagnement vers l’emploi, contrĂŽlĂ© par quelques groupes multinationaux.

Le bilan des expĂ©rimentations menĂ©es est pourtant loin d’avoir prouvĂ© la supĂ©rioritĂ© des opĂ©rateurs privĂ©s en termes de coĂ»t et de rĂ©sultat, les chiffres communiquĂ©s Ă©tant peu Ă©tayĂ©s. Alors que l’ANPE dĂ©boursait 700 euros par chĂŽmeur, il est versĂ© prĂšs de 3 600 euros aux opĂ©rateurs pour un taux de retour Ă  l’emploi similaire.

Monsieur le ministre, quelles garanties sont incluses dans l’appel d’offres afin de considĂ©rer les candidatures des structures locales et associatives, Ă©cartĂ©es lors des prĂ©cĂ©dentes expĂ©rimentations? « 

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