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Mon intervention sur l’Europe contre le pacte d’austĂ©ritĂ© Merkel-Sarkozy

29 fĂ©vrier 2012 19 457 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

 

Retrouvez mon intervention sur l’Europe en vidĂ©o:

Le prochain Conseil europĂ©en, si le TraitĂ© sur la StabilitĂ©, la Coordination et la Gouvernance devait ĂȘtre signĂ©, marquera la soumission totale de l’Europe Ă  la politique austĂ©ritaire. La soumission Ă  la politique antisociale de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, dĂ©fenseurs du capitalisme financier au dĂ©triment des peuples europĂ©ens.

Quelques jours aprĂšs le passage en force Ă  l’AssemblĂ©e nationale sur MĂ©canisme EuropĂ©en de SolidaritĂ© (MES), sorte de FMI Ă  l’europĂ©enne, il s’agit d’un nouvel acte de capitulation Ă  l’égard des marchĂ©s financiers et des lobbys.

Au nom de l’ensemble des dĂ©putĂ©s communistes et du Parti de Gauche, j’exprime mon opposition la plus ferme Ă  ces nouveaux traitĂ©s qui, sous couvert de solidaritĂ© europĂ©enne, imposent en rĂ©alitĂ© un carcan libĂ©ral dĂ©vastateur aux Etats-membres de l’Union europĂ©enne.

Ils n’ont en rĂ©alitĂ© qu’un seul but : prĂ©server les intĂ©rĂȘts des banques et des crĂ©anciers en imposant toujours plus de sacrifices aux salariĂ©s.

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En consacrant l’orthodoxie budgĂ©taire de limitation stricte des dĂ©ficits publics, les nouveaux traitĂ©s europĂ©ens sont une violation pure et simple de la souverainetĂ© populaire. AprĂšs avoir perdu le contrĂŽle de sa politique monĂ©taire, la France va ainsi abandonner sa compĂ©tence budgĂ©taire.

De fait, la Commission europĂ©enne pourra exiger des coupes drastiques, en rĂ©duisant les dĂ©penses dans les domaines de la santĂ©, de l’emploi, de l’éducation ou de la culture afin de satisfaire les exigences des marchĂ©s financiers et du grand patronat.

Les Etats qui ne respecteront pas cette prĂ©tendue rĂšgle d’or seront soumis Ă  des sanctions financiĂšres pouvant aller jusqu’à 0,1% du PIB.
C’est inadmissible ! La Commission europĂ©enne et la Cour EuropĂ©enne de Justice, deux organismes non Ă©lus, seront les chiens de garde de cette politique austĂ©ritaire.
Quant aux Etats ayant  besoin d’une aide du MĂ©canisme EuropĂ©en de StabilitĂ©, ils se verront administrĂ©s une cure d’austĂ©ritĂ© semblable Ă  celle que connaĂźt la GrĂšce actuellement, sous la fĂ©rule de la troĂŻka BCE-FMI-Commission europĂ©enne.

En 2005, les Français et les NĂ©erlandais avaient rejetĂ© Ă  une large majoritĂ© la constitution europĂ©enne car ils avaient compris que l’Europe libĂ©rale Ă©tait une impasse.
Pourtant, avec l’adoption du traitĂ© de Lisbonne, copie-conforme de la Constitution europĂ©enne, la souverainetĂ© populaire avait Ă©tĂ© bafouĂ©e par les gouvernements en place, toute tendance confondue.
Vous n’avez pas jugĂ© bon de consulter les Français sur le MES et le pacte de StabilitĂ©, sur un sujet aussi crucial.
Pourquoi votre majoritĂ©, rĂ©conciliĂ©e depuis peu aux rĂ©fĂ©rendums, a refusĂ© d’en organiser un sur l’Europe, comme le demandent les dĂ©putĂ©s du Front de Gauche ?
Trop technique


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L’Union europĂ©enne ne peut continuer dans cette voie sans issue.
La poursuite de l’austĂ©ritĂ© est une aberration Ă©conomique. On voit actuellement les rĂ©sultats de cette politique en GrĂšce oĂč les plans d’austĂ©ritĂ©s successifs ont plongĂ© le pays dans l’abime : privatisations, coupes dans les dĂ©penses, baisse du salaire minimum de 22 %, retraites amputĂ©es de 15 %, plus de 30 % de pauvres et 20% de chĂŽmeurs


Oui, Nous sommes favorables Ă  des mĂ©canismes de solidaritĂ© pour aider les Etats en difficultĂ©s et relancer l’économie. Mais le MES n’a rien de solidaire : il renforce la dĂ©pendance des Etats envers les marchĂ©s. C’est un puits sans fond dans lequel l’argent des contribuables tombe directement dans le porte-feuille des banquiers et des spĂ©culateurs. Ca ne peut plus durer !

Une question se pose : faut-il rembourser à tout prix ces dettes, fruit de la rapacité des marchés financiers et des cadeaux aux plus riches ?
AprĂšs avoir renflouĂ© les banques Ă  hauteur de 1700 milliards d’euros aprĂšs la crise financiĂšre de 2008, les Etats sont Ă  nouveau mis Ă  contribution.

En rĂ©alitĂ©, les puissants n’ont pas intĂ©rĂȘt Ă  une sortie de crise. Les marchĂ©s financiers se gavent sur le dos des Etats dans la plus grande impunitĂ©. Les multinationales en profitent pour baisser les salaires, prĂ©cariser, revenir sur les acquis sociaux, licencier.

Le prĂ©sident de la BCE Mario Draghi a rĂ©cemment dĂ©clarĂ© que « l’austĂ©ritĂ© est incontournable », rappelant le « there is no alternative » de Mme Thatcher.

Ce jusqu’au-boutisme est une ineptie. Avec le Front de Gauche, nous voulons une autre Europe, dĂ©barrassĂ©e du dogme libĂ©ral, soucieuse du bien-ĂȘtre des peuples et de l’environnement.
Une Europe qui respecte le choix des citoyens.
Une Europe qui a le courage de mettre en place une taxe sur les transactions financiĂšres.
Une Europe qui se libĂšre de l’emprise des banques en autorisant la Banque Centrale EuropĂ©enne Ă  prĂȘter aux Etats Ă  des taux faibles.
Une Europe qui harmonise par le haut les politiques sociales et fiscales avec l’instauration d’un salaire minimum europĂ©en.

Députés communistes, républicains, citoyens et du Parti de Gauche, nous continuerons à lutter pour une réforme démocratique et sociale des institutions européennes, pour que la construction européenne se mette enfin au service des peuples français et européens.

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