A Pablo, Michel Onfray et les autres…

27 février 2007 12 Par Francois Asensi

Comme beaucoup de communistes, je me suis senti personnellement blessé par des mots que je réprouve et par une argumentation que je considère comme irrecevable. Il n’est évidemment pas question de nier certaines vérités sur les crimes qui ont jalonné l’histoire du communisme et de ceux qui s’en sont réclamés. Mais je m’étonne et m’insurge contre les approximations, les raccourcis et les amalgames qui visent, semble-t-il, à discréditer une culture dans son ensemble, sans nuance et sans recul. Je ne peux m’empêcher d’y voir également un certain mépris pour les luttes sociales dont le Parti communiste a été l’inspirateur, l’initiateur et souvent l’acteur majeur. Je ne peux m’empêcher également d’y voir une profonde injustice pour tous les communistes résistants, internationalistes, brigadistes ou bien simples militants d’une société plus juste qui ont œuvré pour les idées de liberté et d’égalité. Je pense notamment à Henri Krasucki, militant antinazi déporté à Jawischowitz, annexe d’Auschwitz, puis à Buchenwald.

Ces propos sont d’autant plus consternants qu’ils sont tenus par un intellectuel qui nous a habitué à plus de raison et d’intelligence. Ils sont d’autant plus douloureux que cet intellectuel, qui n’a cessé de promouvoir les bénéfices de l’unité antilibérale, s’autorise une déclaration qui n’a d’effets que de diviser et de cristalliser les tensions déjà existantes. La forme parce qu’elle est excessive, le contenu par ce qu’il est biaisé et le moment parce qu’il est inopportun…tout dans cette déclaration indique que Michel Onfray a manqué de mesure et de discernement.

Les forces de gauche antilibérales doivent inéluctablement se rassembler en dépit de la colère et l’amertume qui en l’espèce fut mauvaise conseillère, n’est-ce pas Michel Onfray. Tous les candidats antilibéraux ont leur place dans cette élection. « Il vaut mieux s’additionner que se soustraire » titre mon précédent <a href= »index.php?entryid=17″>post</a>. Je reste convaincu comme je l’indiquais, il y a un an, à Patrice Cohen-Seat, conseiller particulier de Marie-George Buffet et numéro 2 du Parti Communiste Français, que la candidature de Clémentine Autain était de nature à rassembler l’ensemble de l’arc antilibéral. Ce choix aurait été pour le PCF l’occasion d’un acte historique, d’un signal fort en direction des jeunes générations qui auront à construire le communisme moderne du 21e siècle. Quelle extraordinaire attractivité aurait alors eu le mouvement antilibéral avec un PCF reconnu comme une force indispensable et un ciment du rassemblement !

Bien à toi cher Pablo. Hasta la victoria siempre !