Refus de badge : François Asensi demande au Gouvernement de mettre fin à l’arbitraire

5 juin 2012 28 Par Francois Asensi

Je me suis adressé hier au ministre de l’Intérieur Manuel Valls pour réclamer une remise à plat de la procédure d’attribution des badges en zone réservée pour les salariés de l’aéroport de Roissy.

De nombreux employés se voient refuser ou retirer leurs badges d’accès pour des motifs totalement étrangers aux tâches qu’ils ont à accomplir dans l’exercice de leur métier, et qui ne représentent pas une menace aux impératifs de sécurité de l’aéroport.

Dans un département fortement touché par le chômage, la recrudescence des refus de délivrance de badges est un véritable gâchis humain.

Je demande au Gouvernement de mettre fin à l’arbitraire et aux discriminations dans ce dossier prioritaire pour l’emploi dans les villes populaires de Seine-Saint-Denis.

Retrouvez ci-dessous mon intervention :

François ASENSI

Député de SEINE-SAINT-DENIS

Sevran-Tremblay-Villepinte                                                   

M. Manuel VALLS

Ministre de l’Intérieur

Place BEAUVAU

 Le 4 juin 2012

Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Je me permets de m’adresser à vous pour que le Gouvernement mette fin à l’arbitraire et aux discriminations dans l’attribution des badges d’accès a la zone réservée de l’aéroport de Roissy.

Dans un département fortement touché par le chômage, cette situation intolérable doit être un dossier prioritaire.

Des raisons très diverses et souvent totalement extérieures au travail exercé sur la plateforme conduisent au refus ou au retrait de ces badges : infraction au Code de la route, conflit matrimonial, et de plus en plus fréquemment des erreurs d’inscription au fichier STIC.

C’est un véritable gâchis humain. Combien de familles se sont ainsi retrouvées dans la détresse et la précarité liées au chômage ? Combien de carrières professionnelles ont été brisées ?

Au quotidien, je rencontre des jeunes de Sevran, Tremblay, Villepinte qui se voient refuser ce précieux sésame alors qu’ils avaient enfin réussi à décrocher un premier emploi. De nombreux salariés me sollicitent à la suite de la perte de leur badge alors qu’ils exercent depuis des années sur l’aéroport. Dans le cadre de mon mandat de député, j’interviens régulièrement auprès du Préfet de l’aéroport de Roissy lorsqu’une décision individuelle me semble relever d’une erreur manifeste d’appréciation.

Depuis la création de cette procédure d’accréditation à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, je n’ai cessé d’alerter les gouvernements successifs sur les dérives constatées, notamment sur des cas de discrimination en raison d’une appartenance religieuse.

Depuis plusieurs mois, j’observe une recrudescence des refus de badges qui m’interroge sur le bien-fondé de cette procédure et qui pénalise fortement l’activité aéroportuaire et ses salariés.

Il me semble désormais indispensable de revoir de fond en comble ce mécanisme d’attribution des accès à la zone réservée sous une triple perspective : apporter la transparence nécessaire, restreindre les motifs de refus au strict impératif de sécurité de l’aéroport et faciliter les voies de recours pour les salariés.

D’autant que certaines entreprises ou organismes de formation anticipent désormais ces refus de badges et refusent d’engager des salariés, après avoir procédé à une vérification de  leur fiche STIC en toute illégalité.

Les actifs de la Seine-Saint-Denis subissent ainsi une double peine inacceptable : le chômage est bien plus élevé que la moyenne nationale, et de nombreuses discriminations les touchent dans l’accès à l’emploi.

C’est précisément pour lutter contre ces injustices que j’avais déposé sous la précédente législature une proposition de loi pour pénaliser les discriminations à l’adresse dans la recherche d’emploi. Je compte fermement redéposer cette  loi lors de la prochaine législature. J’espère pouvoir trouver votre appui, Monsieur le ministre, dans ce dossier essentiel pour les habitants des villes populaires.

Dans l’immédiat, je vous prie d’engager au plus vite une réflexion sur la procédure d’attribution des badges en zone réservée de Roissy afin que les habitants de nos villes ne soient plus injustement écartés de certains emplois.

Je vous prie de croire, Monsieur le ministre, à l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

François ASENSI

Député de Seine-Saint-Denis

Sevran-Tremblay-en-France-Villepinte