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Message d’un ami Malien sur la situation de son pays

21 février 2013 2 767 vues 2 commentaires Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Je souhaitais vous donner connaissance du message que vient de me transmettre un ami malien, Bassirou Diarra, à propos de la situation au Mali. Ce grand homme a pendant longtemps été délégué syndical CGT et militant communiste en Seine-Saint-Denis, particulièrement impliqué dans la défense des immigrés vivant dans les foyers. C’est d’ailleurs dans ce combat que je l’ai connu. Il a depuis poursuivi son combat progressiste au Mali, en tant qu’acteur de premier rang de la vie de son pays.

Cher François,

Concernant l’appréciation que je fais de l’intervention Française au Mali et le sentiment des Maliens sur cette action, comme tu peux t’en douter, c’est une appréciation positive et un sentiment de soulagement. L’armée Malienne dans son Etat de putréfaction avancée ne pouvait pas faire face aux rebelles. Même « les forces en attente » de la CEDEAO (qui sont restée très longtemps dans leur attente) ne pouvaient pas, contenir l’avancée des forces djihadistes.

Pour preuve, plus on avance dans la guerre, plus on découvre (au fur et à mesure) la force de frappe et la puissance de feu de l’ennemi. Au regard de tous ça, l’intervention militaire Française a été salutaire pour le Mali et pour le peuple Malien.

Car, sans cette intervention, le Mali serait aujourd’hui sous la coupe des islamistes, des djihadistes et autres narcotrafiquants, qui voulaient faire mains basses sur mon pays. Faire, ainsi du Mali, un sanctuaire djihadiste, obscurantiste contre le monde moderne.

J’ai particulièrement apprécié ton intervention à la tribune de l’Assemblée Nationale Française et je partage totalement, ta prise de position ainsi que tes appréhensions.

C’est pourquoi, je voudrais te dire que le peuple Malien compte beaucoup sur ses amis en France, sur les démocrates et les progressistes Français pour que la France ne pousse pas son avantage et sa supériorité en voulant nous dicter ses volontés, une fois les régions Nord du Mali libérées. Il faut que nous puissions (nous les Maliens) rester maîtres de nos décisions, de nos orientations, de la vision qu’on n’a pour notre pays et de la détermination des nouvelles perspectives pour le Mali. Nous aider à faire respecter notre souveraineté et notre dignité.

Avec les convoitises sur les richesses du sous-sol Malien, les pressions politiques et économiques ne vont pas manquer. Seul un véritable lobby politique en France pourrait freiner cette ardeur.

Bassirou Diarra

Officier de l’Ordre National du Mali
Chevalier de la Légion d’honneur de France

2 commentaires »

  • Havraneck a écrit :

    Je me pose toujours la même question. Pourquoi nos bons apôtres français notamment ont-ils laissé faire les djihadistes, islamistes forcenés,… pendant un an. Notre beau monde les a laissé s’installer. Certes il y a eu des déclarations sur le triste sort des populations, mais rien d’autres. Puis tout d’un coup alors qu’ON ne devait pas intervenir, ON est intervenu, sans mandat de l’ONU, mais à la demande d’un pouvoir corrompu, car les colonnes islamistes disait-ON filaient sur Bamako. Au fait qui disait cela: les services de renseignements français qui comme chacun sait sont des anges dans la manipulation médiatique -comme d’autres d’ailleurs. Je ne crois pas à une intervention humanitaire française.

  • Humbert a écrit :

    La France est partie « en guerre contre le terrorisme » et en principe en allié du Mali: on cherche désespérément à entendre la parole des responsables politiques Maliens, merci de donner ici la parole à un Malien, cependant sans responsabilité.
    La sécurité dans la zone incombe principalement aux Maliens et à ses voisins. On a cru que quelques centaines ( ou en fait des milliers?) d’hommes de bandes armées du Nord ne seraient pas arrêtées par l’armée malienne forte de plusieurs milliers d’hommes entraînés en France et aux Etats-Unis. Que le support de l’aviation n’aurait pas suffi (ce qui était l’avis de VGE).

    On comprend la position personnelle des membres de la population malienne non impliquée dans des tractations. On est dans un pays où les responsables politiques en place se sont montrés incapables d’assurer la protection de ses populations et où ce qui semblait être une démocratie a été secoué par un coup d’état puis par l’imposition par la France d’un dirigeant provisoire non élu à ce poste et qui devait organiser des élections qui n’ont pas eu lieu Cela faisait déjà un an que les Maliens du Nord étaient sous la poigne de dirigeants islamistes et bien plus longtemps que l’intégration du Nord dans le pays n’est qu’apparente. C’est un problème malien pas près d’être résolu et issu de la décolonisation. L’école publique malienne, a été depuis de nombreuses années quasi-remplacée par l’école coranique et le français de moins en moins parlé. Les financements lybiens ont été importants. Bref la situation politique et religieuse malienne est complexe et évolutive.
    Les investissements français sont récents dans les projets miniers et l’uranium du Niger n’est pas loin
    Les Maliens forment une grande communauté en France, mais ont de plus en plus de mal à y venir et à y vivre et le montant de l’aide française publique au Mali est annuellement bien inférieure aux plus de 100 millions de dépenses militaires qui ont été faites depuis janvier.
    Les militaires français ont certainement affirmé à François Hollande d’être en mesure de faire disparaître « les terroristes » du Nord, que le Mali c’est beaucoup plus simple que l’Afghanistan.
    Réfléchissons à ce qui est à la racine du mal et qui repoussera même si on coupe ce qui dépasse; ne parlons pas des effets collatéraux liés aux exactions dont sont victimes les populations et dont on ne parle pas, on rappelle certes celles que ceux des populations du Nord avait subies quand ils ne se soumettaient pas au régime de la charia intégriste.
    Le peuple malien est pris au piège; comment ne pas remercier le libérateur du moment? On comprend qu’il veut croire à l’illusion que la bataille entre les éléphants venus de France et les lions du désert feront disparaître les lionceaux, que les éléphants repartiront et que la paix – et la prospérité, enfin pourront chercher à s’épanouir dans une pays réconcilié?
    Les stratèges français savent que c’est un rêve et ils espèrent seulement tempérer la situation suffisamment pour sécuriser les approvisionnement de notre industrie, surtout nucléaire. Le reste y est subordonné.
    Toute ma douloureuse sympathie aux peuples du Mali du sud au nord de l’est à l’ouest, aux militants progressistes et en particulier à M Bassirou Diarra et désolé de cette note peu optimiste que vous ne publierez peut être pas M François Asensi.

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