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DerriĂšre la crise de rĂ©gime…un mai 68 Ă  froid?

16 avril 2013 1 696 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

DECLARATION DE FRANCOIS ASENSI

« Il y a crise de rĂ©gime quand le systĂšme institutionnel est incapable de rĂ©pondre Ă  la perte de confiance » vient de dĂ©clarer M. Montebourg. Nous y sommes, prĂ©cisĂ©ment ! Et depuis trop longtemps. La crise de rĂ©gime touche l’Europe austĂ©ritaire, certes, mais aussi la France, avec une dĂ©fiance enracinĂ©e des citoyens envers les institutions et le politique.

Face au renoncement dĂ©mocratique et Ă©conomique, la question de la souverainetĂ© populaire est posĂ©e.  Renoncement Ă©conomique, car l’arbre Cahuzac cache une forĂȘt : les 2000 familles françaises cachant 60 milliards d’euros en Suisse, les centaines de filiales d’entreprises et de banques françaises rompues au dumping fiscal, comme le soulignait ce mardi Ă  l’AssemblĂ©e nationale le dĂ©putĂ© communiste Alain Bocquet.

Loin d’ĂȘtre une perversion du systĂšme, ces zones sont le cƓur battant du capitalisme financiarisĂ©. L’Europe et les USA les ont sciemment tolĂ©rĂ©s Ă  leurs portes. DĂ©fendre leurs multinationales, ou dĂ©fendre l’action publique au service des citoyens ? Les Etats ont fait le choix d’un capitalisme in fine prĂ©dateur de ces mĂȘmes Etats ! Comment croire que morale et transparence pourraient venir Ă  bout de ce systĂšme minĂ© par l’argent roi ?

Renoncement démocratique, car nous assistons depuis trop longtemps à une déconnection totale entre la représentation politique et les citoyens. Le bipartisme a perverti la démocratie, laissant des courants de pensée en dehors des institutions. La VÚme république a lentement affaibli le pluralisme politique. Notre République étouffe sous le corset de sa concentration des pouvoirs, de sa monarchie présidentielle.
Depuis le rĂ©fĂ©rendum de 2005 et la mobilisation contre l’Europe libĂ©rale, le fossĂ© entre les Ă©lites tirant profit de la mondialisation et le peuple qui la subit ne cesse de grandir. Le camouflet du rĂ©fĂ©rendum en Alsace dimanche dernier n’est qu’une Ă©niĂšme illustration.

Que dire de l’autisme du systĂšme politique face Ă  une abstention devenue premier parti de France ? DerriĂšre l’apparente rĂ©signation, une colĂšre populaire profonde.

Toute chose Ă©gale par ailleurs, n’est-ce pas un Mai 68 Ă  froid ?
Fixons le cap pour sortir de la crise. Imposons tout de suite le non-cumul et la limitation du nombre de mandats, une vĂ©ritable proportionnelle aux Ă©lections, le droit de vote des Ă©trangers, l’implication des citoyens Ă  tous les niveaux. Souvenons-nous que le mot « crise » Ă©tait chargĂ© d’un sens positif dans la GrĂšce antique : « l’heure de la dĂ©cision ». De la dĂ©cision Ă  l’alternative, il n’y a qu’un pas.

Vite, inventons cette 6Ăšme RĂ©publique!

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