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Tous ensemble, refusons cette violence aveugle et ouvrons des perspectives pour la jeunesse

1 juillet 2013 1 856 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

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Déclaration de François ASENSI, Député de Sevran et de Clémentine AUTAIN, Députée suppléante

 

Samedi soir, un jeune sevranais a été victime d’une agression d’une violence extrême, lors d’un affrontement entre deux groupes rivaux. Laissé pour mort sur la voie publique, il est hélas décédé dans la nuit.

Nous condamnons avec force cet acte barbare et lâche. Notre République doit garantir le droit à la sécurité et à la liberté partout sur le territoire. Rien ne peut justifier que des familles soient ainsi meurtries dans leur chair en perdant un enfant.

Nous sommes atterrés par une telle perte de sens de la valeur de la vie humaine. Il est insupportable de mourir à 18 ans dans ces conditions.

Dans quel monde vivons-nous, dans lequel des jeunes que tout rassemble en viennent à s’affronter entre quartiers, pour des raisons parfaitement imbéciles ? Car, par-delà les différences de quartier, d’âge, d’origine sociale ou culturelle, ces jeunes sont les mêmes. Ils devraient pouvoir partager leurs espoirs, qui sont ceux de tous les jeunes de leur âge. Ils devraient pouvoir parler ensemble de leurs colères, pour les apaiser, et de leurs inquiétudes, pour tenter de trouver collectivement des solutions.

Les jeunes de Sevran et d’ailleurs connaissent les mêmes difficultés d’une génération sacrifiée par la crise. Ils pâtissent de la même manière d’un système qui joue sur les peurs, les divisions, les haines. La misère sociale, le chômage de masse dans les quartiers et chez les jeunes, le manque de formation, fournissent un terreau fertile à cette violence aveugle.

Renforcer le dispositif policier pour assurer la sécurité des Sevranais

Immédiatement après le drame, nous nous sommes entretenus avec le cabinet du Ministre de l’Intérieur. Nous l’avons alerté des risques de représailles et nous avons demandé un renforcement policier dans la commune. L’Etat doit maintenir une présence constante des forces républicaines au cours de l’été pour endiguer la spirale de la violence.

Plus que jamais, le nouveau commissariat pour lequel nous nous sommes battus depuis des années est une nécessité absolue. Son ouverture ne peut souffrir de nouveaux reports. Ce commissariat devra être doté de moyens humains et matériels supplémentaires, ainsi que d’une compétence de plein exercice, pour une ville qui compte désormais plus de 50 000 habitants.

Travailler avec la jeunesse sur des projets, pour redonner de l’espoir

Ce drame rappelle à quel point il est urgent d’offrir des perspectives à la jeunesse de Sevran, en matière d’emploi, de formation, de sport, de culture, pour valoriser les talents et lutter contre les discriminations territoriales. L’éducation est à cet égard un chantier prioritaire. Chaque enfant doit avoir le même droit à la réussite, à l’émancipation, à une formation qualifiante.

Atteindre ces objectifs nécessite une politique forte au niveau national, qui pour l’heure se fait attendre. Les crédits de l’Etat qui soutiennent les services publics et les projets dans les quartiers populaires doivent être sanctuarisés et augmentés significativement.

Offrir un avenir à la jeunesse réclame également une mobilisation forte au niveau local. C’est dans ce sens que la communauté d’agglomération Terres de France, réunissant Sevran, Tremblay et Villepinte et présidée par François Asensi, s’est fixée pour priorité de combattre le chômage des jeunes par la formation et le soutien au tissu associatif. En 2013, Terres de France a pris plusieurs mesures dans ce sens : financement de 1000 permis de conduire pour les jeunes, soutien à plus de 100 projets associatifs, particulièrement dans les quartiers populaires, équipement en tableaux numériques de toutes les classes de CP et CE1 pour lutter contre la fracture numérique, financement de 40 contrats d’avenir… Le silence total de la presse locale sur ces dispositifs, notamment du journal Le Parisien, est consternant puisqu’il prive les potentiels bénéficiaires d’une information importante.

***

Nous regrettons que, par un acte barbare, l’image de la ville de Sevran soit à nouveau associée à la violence dans les médias. Les Sevranais aspirent à vivre en paix, à vivre de leur travail et n’en peuvent plus de cette image qui les dessert dans leurs recherches d’emploi et dévalorise le patrimoine, souvent modeste, qu’ils peuvent détenir.

Nous appelons les jeunes, les familles, les acteurs associatifs à se mobiliser tous ensemble pour dire « non » à cette violence barbare et refuser la spirale insensée des représailles.
La population de Sevran, unie et solidaire, ne se reconnait pas dans de tels actes de violence.

Le 1er juillet 2013

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