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Tous ensemble, refusons cette violence aveugle et ouvrons des perspectives pour la jeunesse

1 juillet 2013 1 858 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

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Déclaration de François ASENSI, Député de Sevran et de Clémentine AUTAIN, Députée suppléante

 

Samedi soir, un jeune sevranais a Ă©tĂ© victime d’une agression d’une violence extrĂȘme, lors d’un affrontement entre deux groupes rivaux. LaissĂ© pour mort sur la voie publique, il est hĂ©las dĂ©cĂ©dĂ© dans la nuit.

Nous condamnons avec force cet acte barbare et lùche. Notre République doit garantir le droit à la sécurité et à la liberté partout sur le territoire. Rien ne peut justifier que des familles soient ainsi meurtries dans leur chair en perdant un enfant.

Nous sommes atterrés par une telle perte de sens de la valeur de la vie humaine. Il est insupportable de mourir à 18 ans dans ces conditions.

Dans quel monde vivons-nous, dans lequel des jeunes que tout rassemble en viennent Ă  s’affronter entre quartiers, pour des raisons parfaitement imbĂ©ciles ? Car, par-delĂ  les diffĂ©rences de quartier, d’ñge, d’origine sociale ou culturelle, ces jeunes sont les mĂȘmes. Ils devraient pouvoir partager leurs espoirs, qui sont ceux de tous les jeunes de leur Ăąge. Ils devraient pouvoir parler ensemble de leurs colĂšres, pour les apaiser, et de leurs inquiĂ©tudes, pour tenter de trouver collectivement des solutions.

Les jeunes de Sevran et d’ailleurs connaissent les mĂȘmes difficultĂ©s d’une gĂ©nĂ©ration sacrifiĂ©e par la crise. Ils pĂątissent de la mĂȘme maniĂšre d’un systĂšme qui joue sur les peurs, les divisions, les haines. La misĂšre sociale, le chĂŽmage de masse dans les quartiers et chez les jeunes, le manque de formation, fournissent un terreau fertile Ă  cette violence aveugle.

Renforcer le dispositif policier pour assurer la sécurité des Sevranais

ImmĂ©diatement aprĂšs le drame, nous nous sommes entretenus avec le cabinet du Ministre de l’IntĂ©rieur. Nous l’avons alertĂ© des risques de reprĂ©sailles et nous avons demandĂ© un renforcement policier dans la commune. L’Etat doit maintenir une prĂ©sence constante des forces rĂ©publicaines au cours de l’étĂ© pour endiguer la spirale de la violence.

Plus que jamais, le nouveau commissariat pour lequel nous nous sommes battus depuis des annĂ©es est une nĂ©cessitĂ© absolue. Son ouverture ne peut souffrir de nouveaux reports. Ce commissariat devra ĂȘtre dotĂ© de moyens humains et matĂ©riels supplĂ©mentaires, ainsi que d’une compĂ©tence de plein exercice, pour une ville qui compte dĂ©sormais plus de 50 000 habitants.

Travailler avec la jeunesse sur des projets, pour redonner de l’espoir

Ce drame rappelle Ă  quel point il est urgent d’offrir des perspectives Ă  la jeunesse de Sevran, en matiĂšre d’emploi, de formation, de sport, de culture, pour valoriser les talents et lutter contre les discriminations territoriales. L’éducation est Ă  cet Ă©gard un chantier prioritaire. Chaque enfant doit avoir le mĂȘme droit Ă  la rĂ©ussite, Ă  l’émancipation, Ă  une formation qualifiante.

Atteindre ces objectifs nĂ©cessite une politique forte au niveau national, qui pour l’heure se fait attendre. Les crĂ©dits de l’Etat qui soutiennent les services publics et les projets dans les quartiers populaires doivent ĂȘtre sanctuarisĂ©s et augmentĂ©s significativement.

Offrir un avenir Ă  la jeunesse rĂ©clame Ă©galement une mobilisation forte au niveau local. C’est dans ce sens que la communautĂ© d’agglomĂ©ration Terres de France, rĂ©unissant Sevran, Tremblay et Villepinte et prĂ©sidĂ©e par François Asensi, s’est fixĂ©e pour prioritĂ© de combattre le chĂŽmage des jeunes par la formation et le soutien au tissu associatif. En 2013, Terres de France a pris plusieurs mesures dans ce sens : financement de 1000 permis de conduire pour les jeunes, soutien Ă  plus de 100 projets associatifs, particuliĂšrement dans les quartiers populaires, Ă©quipement en tableaux numĂ©riques de toutes les classes de CP et CE1 pour lutter contre la fracture numĂ©rique, financement de 40 contrats d’avenir
 Le silence total de la presse locale sur ces dispositifs, notamment du journal Le Parisien, est consternant puisqu’il prive les potentiels bĂ©nĂ©ficiaires d’une information importante.

***

Nous regrettons que, par un acte barbare, l’image de la ville de Sevran soit Ă  nouveau associĂ©e Ă  la violence dans les mĂ©dias. Les Sevranais aspirent Ă  vivre en paix, Ă  vivre de leur travail et n’en peuvent plus de cette image qui les dessert dans leurs recherches d’emploi et dĂ©valorise le patrimoine, souvent modeste, qu’ils peuvent dĂ©tenir.

Nous appelons les jeunes, les familles, les acteurs associatifs à se mobiliser tous ensemble pour dire « non » à cette violence barbare et refuser la spirale insensée des représailles.
La population de Sevran, unie et solidaire, ne se reconnait pas dans de tels actes de violence.

Le 1er juillet 2013

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