Contre les engins pyrotechniques qui peuvent devenir des armes, il faut en interdire la vente libre
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Le samedi 27 juin, à Tremblay, des engins pyrotechniques ont été transformés en arme par destination. Les conséquences auraient pu être tragiques.
En 2005, j’avais dĂ©jĂ interpellĂ© le ministre de l’IntĂ©rieur sur cette situation. Il m’avait rĂ©pondu que les règles en vigueur suffisaient. A nouveau, je demande au gouvernement d’agir. Je vous fais part de la question que j’ai envoyĂ© au ministre, Brice Hortefeux.
« Monsieur François Asensi souhaite attirer l’attention du ministre de l’IntĂ©rieur sur l’usage d’engins pyrotechnique, qui par un emploi criminel deviennent des armes par destination d’une extrĂŞme dangerositĂ©.
En juillet 2005, le député était intervenu auprès du ministre de l’Intérieur, alors Nicolas Sarkozy, pour l’alerter sur les dangers que représente la libre utilisation des engins pyrotechniques.
François Asensi demandait alors au gouvernement des mesures pour protĂ©ger efficacement les enfants, les jeunes, les familles. A ses demandes lĂ©gitimes pour que soit limiter et contrĂ´ler la ventes de ces engins, le ministre rĂ©pondait : « il existe, en l’Ă©tat actuel du droit, un dispositif suffisant permettant d’encadrer la vente et l’utilisation des artifices, sans qu’il y ait lieu de recourir Ă des interdictions de caractère plus gĂ©nĂ©ral »
Malheureusement, les préoccupations d’alors du député sont encore pleinement d’actualité. Dans la nuit du 27 au 28 juin à Tremblay-en-France, une poignée de délinquants a montré de nouveau l’usage criminel qui peut être fait de ces engins. Ces actes inadmissibles auraient pu avoir des conséquences tragiques pour les habitants, ainsi que pour les forces de l’ordre présente sur place.
Un immeuble a du être évacué suite au départ de feu dans un appartement et une personne a été conduite à l’hôpital Robert Ballanger. Quant aux policiers présents sur le terrain, ils ont mis en danger leur intégrité physique pour assurer la sécurité des biens et des habitants.
Une telle situation ne peut se reproduire. Les habitants de Seine-Saint-Denis ont le droit à la sécurité et à la tranquillité publique.
Si le député regrette qu’il ait fallu autant de temps et un nouvel accès de violence pour que l’Etat écoute les élus qui sont sur le terrain, il regarde avec satisfaction la réaction du Ministre, au lendemain des graves incidents de samedi dernier, afin que des mesures soient prises rapidement pour que ces engins ne soient plus en vente libre.
François Asensi interroge donc le Ministre afin de connaitre prĂ©cisĂ©ment le type d’engins qui vont ĂŞtre interdit Ă la vente libre et il lui demande Ă©galement la date effective de mise en application de cette nouvelle rĂ©glementation, qui est attendue au plus vite. »
Réponse du Ministre :
Le rĂ©gime juridique des artifices de divertissement repose sur le dĂ©cret n° 90-897 du 1er octobre 1990. Il apporte des restrictions Ă leur distribution et Ă leur utilisation en les classant en quatre groupes selon les risques qu’ils reprĂ©sentent.
La directive europĂ©enne 2007/23/CE relative Ă la mise sur le marchĂ© des articles pyrotechniques, dont la transposition est exigĂ©e avant le 4 janvier 2010, modifie la rĂ©glementation française en matière d’artifices de divertissement. Le droit interne est dĂ©sormais soumis Ă la rĂ©glementation europĂ©enne qui ne permet pas de prononcer d’interdiction gĂ©nĂ©rale et absolue de vente.
Le commerce des artifices de divertissement demeure, cependant, une activitĂ© encadrĂ©e ; des seuils d’âge d’acquisition existent pour chaque catĂ©gorie d’artifices de divertissement. Les autoritĂ©s nationales ont la possibilitĂ© de les relever pour des motifs d’ordre et de sĂ©curitĂ© publics. En revanche, le classement des artifices de divertissement au sein des diffĂ©rentes catĂ©gories est dĂ©sormais fixĂ© par des normes europĂ©ennes. Ces dernières sont actuellement en cours d’Ă©laboration au sein de diffĂ©rents groupes de travail.
En outre, en droit français, des mesures de police, ponctuelles et rĂ©pondant Ă des circonstances particulières, peuvent ĂŞtre prises. Le maire ou le prĂ©fet peut, en fonction de circonstances locales, prononcer des restrictions de vente et d’usage des artifices de divertissement. Par circulaire en date du 2 juillet 2009 relatif Ă l’interdiction de la vente et de l’utilisation des artifices dits de divertissement, les prĂ©fets de dĂ©partement ont reçu instruction d’interdire la vente et l’usage des artifices de divertissement en cas d’usage dĂ©tournĂ©, du 1er juillet au 31 aoĂ»t 2009. Les interdictions de vente et d’usage portent sur les artifices des catĂ©gories K2 et K3 et peuvent ĂŞtre Ă©tendues aux artifices de catĂ©gorie Kl, la catĂ©gorie K4 Ă©tant rĂ©servĂ©e exclusivement aux professionnels.
De plus, la dĂ©tention ou le transport d’engins incendiaires ou explosifs, lorsqu’ils sont interdits par arrĂŞtĂ© prĂ©fectoral en raison des risques de trouble Ă l’ordre public, sont passibles d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Bien Ă©videmment, ces mesures d’ordre public ne visent en aucun cas Ă interdire les feux d’artifice organisĂ©s par les collectivitĂ©s territoriales Ă l’occasion de la fĂŞte nationale ou de festivitĂ©s locales.











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