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Soutien du FMI au Sri Lanka malgré les exactions contre les tamouls

4 août 2009 2 631 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Voici le courrier que j’ai adressé à M. Strauss-Kahn pour protester contre le soutien financier du FMI au Gouvernement sri lankais:

« Monsieur le Directeur général du FMI,

Lors de son Conseil d’administration du 24 juillet 2009, le Fonds monétaire international a décidé d’accorder un prêt de 2,6 milliards d’euros au Sri Lanka, malgré les violations du droit international commises par son gouvernement lors de la guerre civile menée contre les Tigres Tamouls et sa surdité aux injonctions des Nations Unies.

Je tiens à exprimer mon inquiétude et mon profond désaccord quant à cette décision qui accorde un nouveau blanc-seing au gouvernement sri lankais, sans que celui-ci n’ait apporté de garanties tangibles en faveur d’un retour à la paix et d’une solution politique juste et négociée avec les minorités, notamment la minorité tamoule. Deux mois après la fin des combats, plus de 280 000 réfugiés restent enfermés dans trente camps, dans une grande détresse humanitaire en raison du refus d’accès aux ONG.

Selon votre institution, le prêt au Sri Lanka se justifie au vu de « lourds et structurels déficits budgétaires qui ont contraint le gouvernement à se financer sur les marchés financiers de court-terme ». Cette analyse partielle oublie de souligner qu’une grand partie de ce déficit s’explique par le réarmement inconsidéré et dangereux de ce pays, qui le place, avec près de 4% du PIB, parmi les pays les plus militarisés au monde.

Le prêt accordé par le FMI épongera ainsi une dette contractée pour mener une guerre sanglante et inutile contre les civils tamouls, qui s’est soldée par la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ce n’est pas acceptable humainement et politiquement.

Le gouvernement sri lankais, malgré la fin des combats, ne fait pas mystère de sa volonté d’augmenter encore son effort militaire par le recrutement de 50 000 à 100 000 nouveaux soldats, source de nouvelles dépenses.

Je souhaiterais en conséquence savoir si, outre les clauses économiques habituelles, des conditions ont été posées au Sri Lanka afin que le prêt du FMI soit effectivement destiné à la reconstruction du pays et au retour des réfugiés tamouls dans leurs villages, et non à ce nouvel effort de guerre.

Je vous serais reconnaissant de m’indiquer par quels mécanismes le Fonds monétaire international compte faire respecter les clauses de l’accord entériné le 24 juillet 2009.

En espérant que la préoccupation qui est mienne soit partagée, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur général, l’expression de ma haute considération. »

François ASENSI
Député de Seine-Saint-Denis
Membre de la Commission des Affaires étrangères

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