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Urgent : un projet de rupture pour une Europe démocratique et sociale

24 juin 2016 21 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami
François Asensi, député de Seine-Saint-Denis et membre de la commission des Affaires étrangères, prend acte de la décision du peuple britannique de quitter l’Union européenne. Cet évènement historique est une occasion inespérée de refonder une union des peuples européens sur une base sociale. François Asensi appelle l’ensemble de la gauche de transformation sociale à proposer une autre vision de la construction européenne.
Plus de 51% des Britanniques se sont prononcés en faveur du Brexit et de la sortie de l’Europe. Ce vote reflète la grande hétérogénéité de l’électorat britannique. Deux tendances fortes se sont manifestées à l’occasion de ce vote : une vision ultralibérale, incarnée par Boris Johnson et une approche xénophobe incarnée par Nigel Farage. Cependant, ce serait une erreur d’analyse que de réduire ce vote à ces deux aspects. Il faut aussi noter la mobilisation des forces antilibérales qui ont rejeté cette construction européenne.
Ce vote marque l’échec de 40 ans de construction européenne. Des signaux avant-coureurs existaient déjà depuis longtemps : de Maastricht au référendum de 2005 en France, en passant aujourd’hui par le Brexit, le mécontentement populaire n’a cessé de se faire entendre. Le paradigme ultralibéral est dépassé : il offre désormais comme unique perspective un chômage de masse et de salaires toujours plus bas, conséquence d’une concurrence féroce et d’une course aux profits toujours plus grande.
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir partout en Europe une montée de ce ressentiment et de cette colère. Les ouvriers, les salariés, les précaires et les chômeurs ont disparu des radars au profit d’une élite financière technocratique et bureaucratique. Au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Espagne ou en Grèce, les peuples se mobilisent pour une autre Europe, qui ne sera plus celle du moins disant social. Une Europe qui, quand les peuples demandent la démocratie et la transparence, ne répond que par plus d’opacité. Une Europe qui ne s’entête pas dans une fuite en avant antidémocratique, méprisant les représentations nationales, devenues de simples chambres d’enregistrement. Le traité de libre-échange avec le Canada (CETA) ou avec les Etats-Unis (TAFTA) n’en sont que les derniers avatars d’une longue liste.
Comme l’ont exprimé les Français en 2005, le vote en faveur du Brexit n’est pas un plébiscite pour une Europe refermée sur elle-même. C’est la construction d’une Europe de la finance, au service d’un capitalisme prédateur, qui est ici remise en question. Les politiques dictées depuis Bruxelles ne fonctionnent nulle part en Europe et la loi travail à l’échelle de l’Europe en est la preuve. Le temps est venu d’une refondation de l’Europe, qui passe par une rupture économique, politique, sociale et culturelle. Cette question centrale sera au cœur de la prochaine élection présidentielle. Il appartient à l’ensemble des forces de gauche progressiste dans leur diversité de travailler à une autre vision de l’Europe. C’est une question urgentissime.
Il est aujourd’hui de la responsabilité de tous les leaders de la gauche de transformation sociale de réunir un forum national pour produire une autre vision de la construction sociale et démocratique européenne. J’en appelle à tous ces responsables : travaillez ensemble, produisez ensemble ! Le moment n’est pas à défendre sa chapelle. C’est un beau sujet pour travailler en commun : il doit participer à définir un grand projet pour la France de demain. Il est temps de changer d’époque. Le XXIe siècle doit être le siècle du progrès et de la justice sociale pour les peuples européens.

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