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Présidentielle 2017 : un vrai projet de gauche peut gagner !

24 novembre 2016 12 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Par François Asensi, député (FG) de Seine-Saint-Denis, maire de Tremblay-en-France :

Après le premier tour de la primaire de la droite, il parait que François Hollande se réjouit de ce résultat et du bon plan qui selon lui permettra de se relancer.

Fillon, c’est l’ultra-droite par ses choix économiques et ses vues réactionnaires sur les questions de société. En réponse, un simple glissement du curseur vers le centre labelliserait selon le Président une politique de gauche.

Trop simple ! En vérité, le bilan d’un quinquennat où l’autoritarisme le dispute au social libéralisme n’a fait qu’anticiper une potion bien plus violente par une droite décomplexée qui s’est engouffrée dans la brèche ouverte par le quinquennat.

Le contexte politique, tant en France qu’outre-Atlantique, impose une clarification. Le cercle politico-médiatique encourage des confusions savamment entretenues sur un certain nombre de notions idéologiques, qui sont autant d’armes létales contre le mouvement populaire : système, populisme, l’Europe, la Social-démocratie. Prenons les dans l’ordre.

Ainsi sur le système : l’emploi de ce mot n-a-t-il pas d’autres buts que de désincarner la politique et sous couvert d’anonymat, en ignorer les responsables.

Le comble, c’est de présenter Donald Trump aux États-Unis et Marine Le Pen en France comme autant de victimes expiatoires du système sans nom. Faut-il rappeler ici que la supportrice numéro 1 du nouveau président américain profite avec largesse du système qui, chaque jour sous la baguette d’Hollande, Valls et Cambadélis, lui apporte le carburant nécessaire à sa prospérité. De 12% en 2012, le FN a vu croitre son affluence sous le quinquennat de François Hollande pour approcher aujourd’hui les 27%.

Quant au populisme : la sémantique n’est pas neutre. Ce mot recouvre une démarche politique bien orientée. En atteste la bien pensance médiatique qui s’autorise des sentences infamantes parce que ce mot aurait une connotation péjorative, inélégante et vulgaire. Que dit à ce propos le Petit Robert dans sa définition du populisme ? : « Courant littéraire français cherchant à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple ». Où est le mal ?

Quelle aubaine de pratiquer l’amalgame entre la gauche porteuse d’un projet de société émancipateur et le Front National. Cette confusion n’a qu’un objet : distiller le fatalisme dans l’opinion et convaincre qu’aucune politique alternative n’est possible.

A propos de l’Europe : le rêve européen s’est évanoui. Cette construction européenne présente une entité politique entièrement soumise à la mondialisation capitaliste et à la finance. Les peuples européens manifestent leur rejet de cette Europe qui divise, produit de la concurrence entre les peuples, sème le mal être social et le chômage. De là surgissent dans certains pays des mouvements chauvins, nationalistes, voire même de tradition fascisante. Qui peut prétendre alors que l’Europe n’est pas un carcan, pire, une camisole de force qui réduit les peuples à la soumission, à la fatalité et contrevient à toute politique progressiste en France et ailleurs.

J’entends bien l’idée qu’il faut changer cette Europe et sur ce point, tout le monde peut être d’accord. Mais le pouvons-nous dans le cadre européen actuel où les traités et la règle de l’unanimité nous contraignent ?

Une France souveraine (et ce n’est pas pour moi un gros mot) se doit d’imposer la renégociation des traités. Sans cela, la question de la coopération européenne utile et nécessaire se posera en d’autres termes et dans un autre cadre qu’il faudra renégocier avec fermeté avec nos partenaires.

Que devient la Social-démocratie ? Partout en Europe, la Social-démocratie et ses vecteurs politiques partidaires sont en crise. Grèce, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Espagne pour ne citer que ces pays.

Seulement voilà, les citoyens préfèrent comme toujours l’original à la copie et ne se gênent pas de soutenir la droite la plus libérale. En voulant chercher un point d’équilibre entre l’ultra-libéralisme et la régulation économique par l’État, les partis sociaux-libéraux n’ont aucune prise sur le réel pour réaliser ce compromis. Ils sont impuissants à mettre en œuvre des solutions sociales-démocrates. Ceci explique à mes yeux le déclin historique de ce courant politique.

En France, le projet social-libéral d’Hollande et Valls ne doit rien à l’improvisation, voire même à la seule pression des milieux financiers. Initiée par les socialistes Blair et Schröder, la doxa libérale est devenue la bible du Parti socialiste lorsque François Hollande, premier secrétaire, l’a imposé à son parti dans un texte fondateur qui date de 2008.

Le discours du Bourget n’avait d’autres buts que de faire gagner l’élection à gauche au prix d’une illusion où l’emphase rhétorique a été inversement proportionnelle au bilan du quinquennat.

La suite, nous ne la connaissons que trop bien. Le chef de l’État et son Premier Ministre ont anéanti, brisé la gauche. Ils l’ont divisée en rendant son message humaniste illisible et inaudible.

Dépassement : c’est pour moi le maître mot. Je m’explique.

Le mouvement progressiste français qui fonde son action sur la transformation sociale et l’émancipation humaine a été ces quarante dernières années marginalisé. La prééminence d’une force sociale-démocrate qui s’est mue dans un mouvement social-libéral s’est considérablement recentrée, et son tropisme droitier a jusque-là imposé sa domination sur le corps social.

Devant les reculs de la Social-démocratie et l’impasse politique où elle conduit, les forces de la transformation sociale n’ont-elles pas l’impératif devoir de reprendre le leadership à gauche ? D’où l’échéance historique des prochaines consultations électorales. C’est possible, nécessaire et salutaire afin de refonder l’espoir et rassembler nos concitoyens, l’ensemble des progressistes et des démocrates pour une société humaine et libre.

A l’opposé d’une volonté dogmatique, le dépassement n’a d’autres buts à mes yeux que le rassemblement populaire, citoyen et écologiste au service d’une voie française et originale pour l’émancipation. Aucune des forces de gauche, avec leur propre identité et leur culture historique, ne sont de trop dans cette perspective.

Voilà pourquoi nous devons nous rassembler et combattre l’éparpillement. Le repli identitaire et partisan s’achève toujours dans un solo mortifère. Les communistes sont placés devant un choix qui façonnera ou non leur formation pour demain. A eux de faire le bon choix. Je souhaite de tout cœur qu’ils le fassent avec lucidité et confiance.

 

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