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Présidentielle 2017 : un vrai projet de gauche peut gagner !

24 novembre 2016 38 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Par François Asensi, député (FG) de Seine-Saint-Denis, maire de Tremblay-en-France :

AprÚs le premier tour de la primaire de la droite, il parait que François Hollande se réjouit de ce résultat et du bon plan qui selon lui permettra de se relancer.

Fillon, c’est l’ultra-droite par ses choix Ă©conomiques et ses vues rĂ©actionnaires sur les questions de sociĂ©tĂ©. En rĂ©ponse, un simple glissement du curseur vers le centre labelliserait selon le PrĂ©sident une politique de gauche.

Trop simple ! En vĂ©ritĂ©, le bilan d’un quinquennat oĂč l’autoritarisme le dispute au social libĂ©ralisme n’a fait qu’anticiper une potion bien plus violente par une droite dĂ©complexĂ©e qui s’est engouffrĂ©e dans la brĂšche ouverte par le quinquennat.

Le contexte politique, tant en France qu’outre-Atlantique, impose une clarification. Le cercle politico-mĂ©diatique encourage des confusions savamment entretenues sur un certain nombre de notions idĂ©ologiques, qui sont autant d’armes lĂ©tales contre le mouvement populaire : systĂšme, populisme, l’Europe, la Social-dĂ©mocratie. Prenons les dans l’ordre.

Ainsi sur le systĂšme : l’emploi de ce mot n-a-t-il pas d’autres buts que de dĂ©sincarner la politique et sous couvert d’anonymat, en ignorer les responsables.

Le comble, c’est de prĂ©senter Donald Trump aux États-Unis et Marine Le Pen en France comme autant de victimes expiatoires du systĂšme sans nom. Faut-il rappeler ici que la supportrice numĂ©ro 1 du nouveau prĂ©sident amĂ©ricain profite avec largesse du systĂšme qui, chaque jour sous la baguette d’Hollande, Valls et CambadĂ©lis, lui apporte le carburant nĂ©cessaire Ă  sa prospĂ©ritĂ©. De 12% en 2012, le FN a vu croitre son affluence sous le quinquennat de François Hollande pour approcher aujourd’hui les 27%.

Quant au populisme : la sĂ©mantique n’est pas neutre. Ce mot recouvre une dĂ©marche politique bien orientĂ©e. En atteste la bien pensance mĂ©diatique qui s’autorise des sentences infamantes parce que ce mot aurait une connotation pĂ©jorative, inĂ©lĂ©gante et vulgaire. Que dit Ă  ce propos le Petit Robert dans sa dĂ©finition du populisme ? : « Courant littĂ©raire français cherchant Ă  dĂ©peindre avec rĂ©alisme la vie des gens du peuple ». OĂč est le mal ?

Quelle aubaine de pratiquer l’amalgame entre la gauche porteuse d’un projet de sociĂ©tĂ© Ă©mancipateur et le Front National. Cette confusion n’a qu’un objet : distiller le fatalisme dans l’opinion et convaincre qu’aucune politique alternative n’est possible.

A propos de l’Europe : le rĂȘve europĂ©en s’est Ă©vanoui. Cette construction europĂ©enne prĂ©sente une entitĂ© politique entiĂšrement soumise Ă  la mondialisation capitaliste et Ă  la finance. Les peuples europĂ©ens manifestent leur rejet de cette Europe qui divise, produit de la concurrence entre les peuples, sĂšme le mal ĂȘtre social et le chĂŽmage. De lĂ  surgissent dans certains pays des mouvements chauvins, nationalistes, voire mĂȘme de tradition fascisante. Qui peut prĂ©tendre alors que l’Europe n’est pas un carcan, pire, une camisole de force qui rĂ©duit les peuples Ă  la soumission, Ă  la fatalitĂ© et contrevient Ă  toute politique progressiste en France et ailleurs.

J’entends bien l’idĂ©e qu’il faut changer cette Europe et sur ce point, tout le monde peut ĂȘtre d’accord. Mais le pouvons-nous dans le cadre europĂ©en actuel oĂč les traitĂ©s et la rĂšgle de l’unanimitĂ© nous contraignent ?

Une France souveraine (et ce n’est pas pour moi un gros mot) se doit d’imposer la renĂ©gociation des traitĂ©s. Sans cela, la question de la coopĂ©ration europĂ©enne utile et nĂ©cessaire se posera en d’autres termes et dans un autre cadre qu’il faudra renĂ©gocier avec fermetĂ© avec nos partenaires.

Que devient la Social-démocratie ? Partout en Europe, la Social-démocratie et ses vecteurs politiques partidaires sont en crise. GrÚce, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Espagne pour ne citer que ces pays.

Seulement voilĂ , les citoyens prĂ©fĂšrent comme toujours l’original Ă  la copie et ne se gĂȘnent pas de soutenir la droite la plus libĂ©rale. En voulant chercher un point d’équilibre entre l’ultra-libĂ©ralisme et la rĂ©gulation Ă©conomique par l’État, les partis sociaux-libĂ©raux n’ont aucune prise sur le rĂ©el pour rĂ©aliser ce compromis. Ils sont impuissants Ă  mettre en Ɠuvre des solutions sociales-dĂ©mocrates. Ceci explique Ă  mes yeux le dĂ©clin historique de ce courant politique.

En France, le projet social-libĂ©ral d’Hollande et Valls ne doit rien Ă  l’improvisation, voire mĂȘme Ă  la seule pression des milieux financiers. InitiĂ©e par les socialistes Blair et Schröder, la doxa libĂ©rale est devenue la bible du Parti socialiste lorsque François Hollande, premier secrĂ©taire, l’a imposĂ© Ă  son parti dans un texte fondateur qui date de 2008.

Le discours du Bourget n’avait d’autres buts que de faire gagner l’élection Ă  gauche au prix d’une illusion oĂč l’emphase rhĂ©torique a Ă©tĂ© inversement proportionnelle au bilan du quinquennat.

La suite, nous ne la connaissons que trop bien. Le chef de l’État et son Premier Ministre ont anĂ©anti, brisĂ© la gauche. Ils l’ont divisĂ©e en rendant son message humaniste illisible et inaudible.

DĂ©passement : c’est pour moi le maĂźtre mot. Je m’explique.

Le mouvement progressiste français qui fonde son action sur la transformation sociale et l’émancipation humaine a Ă©tĂ© ces quarante derniĂšres annĂ©es marginalisĂ©. La prĂ©Ă©minence d’une force sociale-dĂ©mocrate qui s’est mue dans un mouvement social-libĂ©ral s’est considĂ©rablement recentrĂ©e, et son tropisme droitier a jusque-lĂ  imposĂ© sa domination sur le corps social.

Devant les reculs de la Social-dĂ©mocratie et l’impasse politique oĂč elle conduit, les forces de la transformation sociale n’ont-elles pas l’impĂ©ratif devoir de reprendre le leadership Ă  gauche ? D’oĂč l’échĂ©ance historique des prochaines consultations Ă©lectorales. C’est possible, nĂ©cessaire et salutaire afin de refonder l’espoir et rassembler nos concitoyens, l’ensemble des progressistes et des dĂ©mocrates pour une sociĂ©tĂ© humaine et libre.

A l’opposĂ© d’une volontĂ© dogmatique, le dĂ©passement n’a d’autres buts Ă  mes yeux que le rassemblement populaire, citoyen et Ă©cologiste au service d’une voie française et originale pour l’émancipation. Aucune des forces de gauche, avec leur propre identitĂ© et leur culture historique, ne sont de trop dans cette perspective.

VoilĂ  pourquoi nous devons nous rassembler et combattre l’éparpillement. Le repli identitaire et partisan s’achĂšve toujours dans un solo mortifĂšre. Les communistes sont placĂ©s devant un choix qui façonnera ou non leur formation pour demain. A eux de faire le bon choix. Je souhaite de tout cƓur qu’ils le fassent avec luciditĂ© et confiance.

 

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