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François Asensi interpelle la ministre de la Santé sur la désertification médicale.

27 janvier 2017 29 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Face Ă  la baisse alarmante de la dĂ©mographie mĂ©dicale, phĂ©nomĂšne qui touche particuliĂšrement notre dĂ©partement, j’ai adressĂ© cette semaine un courrier Ă  la Ministre de la SantĂ© pour lui demander d’organiser dans les meilleurs dĂ©lais des Ă©tats gĂ©nĂ©raux de la santĂ© en Seine-Saint-Denis pour lutter contre la dĂ©sertification mĂ©dicale.

Ce phĂ©nomĂšne inquiĂ©tant touche particuliĂšrement la mĂ©decine gĂ©nĂ©rale. Ainsi, depuis 2007, le nombre de mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes a diminuĂ© de 8.4%. Si rien n’est fait, la France pourrait perdre un quart de ses gĂ©nĂ©ralistes d’ici Ă  2025.

La Seine-Saint-Denis est particuliĂšrement touchĂ©e par ce phĂ©nomĂšne. Entre 2007 et 2016, le nombre de mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes a diminuĂ© de 16%, portant la moyenne sur le dĂ©partement Ă  71 mĂ©decins pour 100 000 habitants, soit une des plus faibles moyenne nationale. A titre de comparaison, la moyenne nationale est de 103 mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes pour 100 000 habitants, et atteint mĂȘme 131 praticiens pour 100 000 habitants Ă  Paris.
Ce constat est encore plus alarmant dans les zones urbaines dites sensibles. Ainsi, on compterait seulement 390 infirmiers pour 100 000 habitants en ZUS contre 1065 dans l’agglomĂ©ration de rĂ©fĂ©rence. Les chiffres concernant les spĂ©cialistes, dentistes ou orthopĂ©distes, sont Ă©galement Ă©difiants.

Ces derniers mois, j’ai Ă©tĂ© sollicitĂ© par de nombreux mĂ©decins partant en retraite qui se dĂ©solent de ne retrouver aucun repreneur, et de devoir laisser leur patientĂšle sans aucun recours. A Sevran, 7 mĂ©decins partant Ă  la retraite cette annĂ©e ne seront pas remplacĂ©s. Il n’y aura par exemple plus aucun mĂ©decin pour les 4000 habitants du quartier excentrĂ© des Sablons Ă  Sevran. A Tremblay, sur les 10 mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes partis en retraite ces dix derniĂšres annĂ©es, un seul a Ă©tĂ© remplacĂ©.

Certes, les collectivitĂ©s territoriales jouent le rĂŽle d’amortisseur, dans le domaine mĂ©dical comme dans tant d’autres, en crĂ©ant des centres municipaux ou en renforçant leur offre. A titre d’exemple, dans la commune de Tremblay-en-France, l’action de la municipalitĂ© a permis d’augmenter de 100% le volume des consultations pour qu’aucun malade ne reste sans suivi mĂ©dical (30 800 actes Ă  l’annĂ©e contre 15 000 actes il y a dix ans), avec le recrutement de 2 mĂ©decins en temps plein et l’ouverture d’une permanence mĂ©dicale dans le quartier du Vieux-Pays. MalgrĂ© cela, les dĂ©lais d’attente s’allongent, un nombre important de patients afflue des villes limitrophes de Sevran et Villepinte.

Dans des territoires dĂ©jĂ  durement impactĂ©s par la prĂ©caritĂ© et le chĂŽmage, caractĂ©risĂ©s par une population jeune et moins renseignĂ©e sur l’accĂšs aux soins, la baisse alarmante de la dĂ©mographie mĂ©dicale aggrave davantage encore les inĂ©galitĂ©s de santĂ©.

Il y a urgence Ă  agir afin d’aborder ensemble les moyens supplĂ©mentaires Ă  mettre en Ɠuvre pour lutter contre la dĂ©sertification mĂ©dicale. Il est nĂ©cessaire de promouvoir une politique de santĂ© ambitieuse afin d’amĂ©liorer davantage encore l’offre de soins sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les quartiers populaires.

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