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Suicides en prison : des mesures immédiates

15 septembre 2009 3 029 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Alors que Madame la Garde des Sceaux annonçait un plan contre les suicides en prison, un nouveau drame se produisait à la maison d’arrêt de Villepinte. La surpopulation, extrêmement préoccupante dans l’établissement villepintois, est un déclencheur identifié des passages à l’acte.
Je vous propose de retrouver mon intervention auprès de la ministre pour que les pouvoirs publics apportent une réponse rapide et énergétique à cette problématique.


Question adressée à la Garde de Sceaux, Michèle Aliot-Marie:

M. François Asensi attire l’attention de Mme la ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés, sur la situation des prisons françaises, en matière de prévention des suicides.
Dans la nuit du mercredi 23 août, un détenu a mis fin a ses jours à la maison d’arrêt de Villepinte. Ce décès est le troisième dans ces circonstances, depuis le début de l’année. Le suicide de cet homme de 43 ans intervient 24 heures à peine après la présentation par elle des mesures qu’elle entend prendre contre ce problème. C’est une preuve supplémentaire de la situation dramatique dans laquelle est notre pays en matière de politique pénale.
Pour l’auteur du rapport remis à elle-même sur la prévention du suicide, la première des causes est la surpopulation. Les conséquences de cette surpopulation sont bien identifiées : les suicides, les problèmes de sécurité, les risques sanitaires, problèmes dont sont victimes les détenus, mais aussi les personnels pénitentiaires. Ainsi, en mars dernier, la maison d’arrêt de Villepinte a connu une grave crise sanitaire, impliquant détenus et personnels de l’établissement, situation pour laquelle il avait alerté la précédente garde des sceaux. Le taux de suroccupation était alors de 155 %. Aujourd’hui, avec 845 détenus, il note un effort de l’administration pénitentiaire pour désengorger la prison de Villepinte, mais un effort encore trop limité. La suroccupation y est encore de 145 %, ce qui ne met pas du tout l’établissement à l’abri de conséquences dramatiques, comme le montre ce 81e cas de suicide dans une prison française.

Si la solution passe donc par une inévitable réduction du nombre de détenus qui doit intervenir au plus vite, la seule réponse quantitative au problème ne suffit pas. Il faut également engager un travail qualitatif qui permette de répondre aux deux buts de la peine judiciaire : assurer la protection de la société et engager la réintégration des individus dans la société, en respectant toujours la dignité de la personne.
Les manquements à ces objectifs sont pour la société contreproductifs, le taux de récidive de 60 % étant l’un des plus forts d’Europe. S’attaquer frontalement à la question du suicide en prison implique donc d’engager une politique radicalement différente qui prenne en compte le lien avec les familles, la construction d’un parcours de réinsertion, et bien entendu une augmentation conséquente de personnels pénitentiaires, formés à ces problématiques de suicide, ainsi que de nouveaux moyens humains accordés aux UCSA.
Aussi il souhaite connaître les modalités concrètes et le calendrier d’application des mesures énoncées par elle. En particulier pour la maison d’arrêt de Villepinte, il attend d’elle une réponse sur le nombre de surveillants qui vont pouvoir bénéficier de la formation sur la prévention des suicides, tout comme il souhaite connaître les solutions mises en place pour lutter contre le sentiment d’isolement des détenus.

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