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Soutien au Dr Patrick Pelloux

7 mars 2007 2 695 vues Un commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Il me semble important d’apporter mon soutien au Dr Patrick Pelloux, qui, rappelons-le, fut le premier à alerter sur les graves conséquences sanitaires de la canicule. Je suis d’autant plus sensible à son combat que je préside le Conseil d’administration de l’Hôpital intercommunal Robert Ballanger en Seine-Saint-Denis. Un hôpital qui a connu récemment une très importante surcharge du service des urgences. Cela pose clairement la question de l’égalité des soins : en matière de démographie médicale, généralistes et spécialistes confondus, une ville comme Neuilly-sur-Seine compte 5,10 médecins pour 1000 habitants, là où Sevran en compte 1,5. De telles inégalités territoriales sont tout simplement inadmissibles et doivent faire l’objet d’une politique forte et volontariste de la part des autorités.

Dans un contexte de dégradation des services publics, la situation des usagers du service public de la santé est inquiétante. Les services d’urgence sont constamment saturés et les patients doivent attendre des heures pour recevoir des soins, s’entasser dans les couloirs ou encore dormir dans des endroits exposés à des bruits permanents…Les difficultés face à la recrudescence de l’activité d’urgence s’expliquent par un manque de lits qui pénalise l’accueil et le traitement des patients, mais aussi par un manque de personnel qui contraint à fermer des places. Dans ce contexte particulièrement difficile, il faut rendre hommage aux personnels hospitaliers qui font preuve de dévouement et de professionnalisme dans leur mission, et grâce auxquels, l’essentiel du service hospitalier est préservé.

Le gouvernement, conforme à sa politique de restriction budgétaire en matière de santé, n’a pas pris en compte la forte demande des personnels hospitaliers. J’ai pour ma part obtenu l’année dernière l’ouverture d’une maison médicale de soins au sein de l’hôpital Robert Ballanger dont le but est de venir en soutien des urgences et d’offrir une permanence de soins supplémentaires dans cette zone en sous-effectif. J’ai également fait regrouper à Tremblay-en-France un pôle municipal de santé afin de fournir une offre de santé de proximité aux plus modestes. La forte fréquentation de ces deux structures souligne à la fois leur utilité mais aussi leur insuffisance tant les déséquilibres sont forts.

Il appartient à l’Etat d’initier les investissements indispensables pour améliorer les conditions de fonctionnement des hôpitaux publics. Il est de la responsabilité de l’État d’assurer un égal accès de tous à des soins de qualité. La santé n’est pas un luxe, mais un droit.

Voici la pétition de soutien au Dr Patrick Pelloux que vous pouvez signer sur le site de l’AMUHF.

Pétition de soutien au président de l’AMUHF le Dr Patrick PELLOUX

Convoqué au conseil de l’ordre le 13 mars 2007 pour son engagement lors de la grève des urgentistes

Pour avoir courageusement dénoncé en avril 2005, en sa qualité de président de l’AMUF en exercice, devant l’engorgement des services d’urgences et des SAMU que « certains services d’urgences ne peuvent plus faire face à l’afflux des malades », que « les personnes âgées sont mal soignées en raison de la mauvaise organisation du système de soins » et que in fine « les médecins urgentistes ne sont pas là pour faire tout le boulot que les médecins libéraux n’ont pas envie de faire », le docteur Patrick PELLOUX est aujourd’hui convoqué le 13 mars 2007 devant le conseil régional de l’ordre des médecins suite à une plainte de deux présidents de syndicats de médecins généralistes pour « non confraternité »
Docteur Bernard HUYNH, président du CSMF des médecins de Paris
Docteur José CLAVERO, président CSMF-UNOF Paris

Nous soutenons le docteur Patrick PELLOUX qui s’est toujours exprimé en tant que président d’un syndicat représentatif impliqué dans un mouvement social de grande ampleur. L’AMUF tenait à affirmer par son président que les urgences ne pouvaient supporter seules et sans moyens les conséquences de restrictions budgétaires et d’une désorganisation de la permanence des soins en ville. Dans ce contexte il est intolérable de constater qu’un président de syndicat, par le simple fait d’avoir critiqué l’organisation d’un système de soins au cours d’un mouvement de grève fasse ainsi l’objet d’une plainte ordinale pouvant déboucher sur une interdiction d’exercice. La condamnation du docteur PELLOUX serait un scandale et ne pourrait être comprise que comme une tentative d’intimidation de toute une profession et perçue comme une attaque très grave contre la liberté du droit syndical de la part de l’ordre des médecins.

1 commentaire »

  • viviane JARRY a écrit :

    Au Docteur PELLOUX, Chroniqueur à CHARLIE HEBDO :

    J’étais scotchée sur A2 pour votre intervention pendant le journal télévisé, tellement vous étiez vrai et bouleversant…..je me suis sentie obligée de le partager sur face book …..
    Vous savez que la culpabilité est dangereuse lorsqu’elle nous tient , mais je vais être sincère avec vous : VOUS N’Y ETES POUR RIEN , sincèrement votre douleur est trop forte et vous culpabilisez. Soyons justes : QUI a entendu l’appel de nos dessinateurs uniques préférés??? QUI a ^fait quelque chose AVANT que le drame n’arrive ? Vous vous sentez seul parce que vous savez…..et parce que vous les aimez….Alors ne vous sentez plus seul ….ON EST TOUS CHARLIBERTE et RIEN N’EST FINI, au contraire : TOUT COMMENCE !!!
    viviane (qui a travaillé 40 ans dans les hôpitaux)

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