Accueil » ActualitĂ©s, Affaires internationales, Interventions auprĂšs du gouvernement

Taxation des transactions financiĂšres : l'heure n'est plus Ă  l'attente !

26 octobre 2009 2 385 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Je vous propose de retrouver ici une contribution au dĂ©bat sur la crĂ©ation d’une taxe sur les transactions financiĂšres adressĂ©e au ministre des Affaires Ă©trangĂšres, suite Ă  la rĂ©union internationale sur le financement innovant convoquĂ©e jeudi 22 octobre Ă  Paris.

Taxation des transactions financiĂšres : l’heure n’est plus Ă  l’attente !

La rĂ©union de la « Task force sur les transactions financiĂšres internationales et le dĂ©veloppement », convoquĂ©e jeudi 22 octobre par Bernard Kouchner, n’a abouti Ă  aucune dĂ©cision concrĂšte en faveur d’une taxation de la spĂ©culation financiĂšre pour aider au dĂ©veloppement.

La mise en place d’un comitĂ© d’experts jusqu’en mai 2010 signale au contraire un manque de volontĂ© politique, et risque de repousser aux calendes grecques l’idĂ©e d’une taxe de type Tobin.

La crise Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent qui frappe les populations les plus fragiles des pays dĂ©veloppĂ©s et en dĂ©veloppement a ouvert une brĂšche en levant le tabou de la taxation des capitaux. Comment pouvait-il en ĂȘtre autrement alors que la spĂ©culation financiĂšre dĂ©connectĂ©e de l’économie rĂ©elle a conduit directement le monde vers cette crise ?

Je me fĂ©licite que la France ait contribuĂ© Ă  relancer l’idĂ©e de cette taxation en rĂ©unissant certains pays membres du groupe pilote sur les financements innovants ce jeudi Ă  Paris, mais les premiĂšres orientations retenues laissent perplexes sur le degrĂ© de ce volontarisme. Ne s’agit-il pas simplement pour le Gouvernement de rĂ©aliser un « coup mĂ©diatique », quitte Ă  trahir une belle idĂ©e ?

On peut ainsi regretter que le taux de cette taxation ne fasse l’objet d’un plus large dĂ©bat, et paraisse fixĂ© par avance Ă  un taux dĂ©risoire de 0,005%. Avec un euro prĂ©levĂ© pour 20 000 euros Ă©changĂ©s, les marchĂ©s de capitaux ne seront nullement pĂ©nalisĂ©s. Alors pourquoi ne pas multiplier par quatre ce taux et atteindre les 143 milliards de dollars nĂ©cessaires, selon l’OCDE, pour financer les Objectifs du MillĂ©naire du DĂ©veloppement ?

Plus inquiĂ©tant, le choix d’une taxation des transactions financiĂšres sur la base du volontariat tue dans l’Ɠuf les espoirs soulevĂ©s. Quel spĂ©culateur, soucieux par nature de dĂ©gager une plus value maximale, acceptera ce principe ?

L’objectif premier de cette taxation innovante, outre de placer un grain de sable dans les mĂ©canismes des marchĂ©s de capitaux, est d’apporter un financement supplĂ©mentaire au dĂ©veloppement des pays du sud.

Je rĂ©affirme avec force qu’elle ne doit pas se substituer Ă  l’aide publique au dĂ©veloppement, que les Etats refusent obstinĂ©ment de porter au niveau de leurs engagements, Ă  0,7% de leur PIB.

Une large mobilisation est indispensable pour que l’ambition d’une rĂ©elle domestication des flux de capitaux et d’un financement dĂ©cent de l’aide au dĂ©veloppement des pays du Sud voie le jour dans de brefs dĂ©lais. Ne gĂąchons pas cette occasion historique.

.

Laissez votre réponse !

Ajoutez votre commentaire si dessous, ou le trackback de votre propre site. Vous pouvez aussi vous abonner aux commentaires via RSS.

Vous pouvez utiliser ces balises :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>