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Transports collectifs: mettre fin aux inégalités territoriales

16 janvier 2007 3 707 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

RER-Aéroport

Dans un courrier envoyé aux maires franciliens et au président de la Région Ile-de-France, François Asensi apporte sa réflexion au débat sur les transports en Ile-de-France. Tout en dénonçant les inégalités dont sont victimes les communes au-delà de Paris et sa proche banlieue, il propose des solutions pour rééquilibrer l’offre en transports collectifs.

La dernière séance plénière de la Conférence métropolitaine du 9 novembre a ouvert des discussions et dégagé des orientations à prendre en matière de transport en Ile-de-France. Je me réjouis de voir se manifester les bonnes volontés pour sortir la Région de l’étouffement qui la menace. Il faut saluer la démarche entreprise par la Ville de Paris car sans concertation aucune politique ne pourra apporter une solution globale aux différents problèmes que nous rencontrons.
Le terme d’ « agglomération parisienne » sonne comme une nouvelle démonstration de l’inégalité de traitement entre les territoires franciliens.
Pourtant, la situation est sur le fond loin d’être satisfaisante, notamment sur la manière dont la réflexion se cristallise autour de Paris et sa proche banlieue. Le terme d’ « agglomération parisienne » sonne comme une nouvelle démonstration de l’inégalité de traitement entre les territoires franciliens. D’ailleurs le Plan de déplacement de Paris, qui comprend des mesures positives pour une meilleure mobilité, perd de sa pertinence en ne prenant pas en compte la situation de l’ensemble des territoires de la Région. L’égalité dans l’accès aux transports est une des missions du service public. Or passé la première couronne, tout est plus compliqué pour se déplacer. Cette réalité risque de s’aggraver si tous les enjeux et tous les moyens sont concentrés sur la « zone dense » telle qu’elle est définie.
Les grands ensembles au Nord et à l’Est de la région sont oubliés par les propositions actuelles
Il est, par exemple, impensable de tenir à l’écart des grands investissements structurels les 510.000 habitants de l’arrondissement du Raincy, soit plus du tiers de la population totale de la Seine-Saint-Denis. Réseaux ferrés et bus forment un maillage sous-évalué et totalement inadapté à leurs besoins. Le projet d’une rocade ferrée doit, en priorité, prendre en compte le besoin de mobilité de ces zones qui n’ont ni tramway, ni métro, un réseau de bus incomplet et une RER B en souffrance. D’ailleurs, sa rénovation, obtenue de longues luttes par les élus locaux, n’est qu’une solution de rattrapage pour corriger une situation actuelle inacceptable mais en aucun cas une solution pérenne pour construire un réseau performant. Toutes les études le confirment, nous allons vers une croissance de 15 à 20% du trafic de banlieue à banlieue. Or, si ‘lon ajoute les inégalités tarifaires de la carte Orange, les franciliens hors « zone dense » paient plus cher un service de moins bonne qualité. La conséquence est un usage excessif de la voiture avec les dégradations environnementales et les surcoûts financiers que cela engendre. 96% des ménages possèdent une voiture au-delà de la première couronne contre 47% pour les ménages parisiens. Il est don cindispensable de réformer le système de la carte Orange, d’intensifier le maillage au-delà de la première couronne mais aussi d’élargir le concept de « zone dense ». Pour l’heure, la conférence métropolitaine ne laisse entrevoir aucune solution en ce sens.
Projet orbital: profitons de l’intérêt que suscite ce projet pour enfin donner une réponse aux difficultés rencontrées par les villes de la moyenne couronne.
La relance du projet « orbital » est, à ce titre, exemplaire. Bien qu’il corresponde à une attente forte pour développer les déplacements banlieue-banlieue, je m’interroge sur la pertinence de son périmètre. Le tracé actuellement étudié concerne une nouvelle fois les zones les mieux desservies en matière de transport. Profitons de l’intérêt que suscite ce projet pour enfin donner une réponse aux difficultés rencontrées par les villes de la moyenne couronne. En tant que président de Région, Jean-Paul Huchon a réaffirmé qu’une rocade ferrée à quelques encablures du périphérique est une idée parisienne. Je le rejoins pour défendre la priorité au désenclavement de ville comme Clichy, Montfermeil, Aulnay, Tremblay, Sevran ou encore Sarcelles. Ces villes correspondent à la chaîne des grands ensembles mis sur champs dans les années 70 qui, en l’absence d’un véritable accès à l’emploi et aux services, subit un isolement accru. C’est à ces villes, où les difficultés sociales sont les plus fortes, qu’un projet aussi prometteur doit être destiné. Vous savez comme moi le rôle que peuvent jouer les transports publics dans la vie des quartiers. Il s’agit d’un moyen essentiel pour lutter contre la logique d’enclavement et de repli qui précarise leurs habitants. Là où de véritables poches de pauvreté se sont formées, il est impératif de développer des moyens de transports sûrs, réguliers, confortables et accessibles financièrement. Avec eux, l’égal accès à l’emploi, à la culture, aux sports et aux services deviendra un objectif réalisable. Sans eux, la ségrégation sociale continuera à caractériser nos territoires.
Je demande à ce que soit mis en oeuvre la même réflexion, la même volonté et le même engagement pour les déplacements en moyenne et grande couronne que pour ceux de Paris et sa proche banlieue.

Les collectivités locales de la moyenne couronne sont celles qui pâtissent le plus des déséquilibres actuels. En plus de financer les déficits des lignes départementales de bus, les villes, qui n’en ont pourtant pas la compétence, sont obligées de mettre en place des systèmes alternatifs. La municipalité de Tremblay-en-France a décidé la mise en service au mois de septembre d’un réseau intra-muros de bus, financé uniquement sur le budget de la Ville. Une décision qui intervient après avoir mis en place Allobus qui facilite l’accès à l’emploi sur la zone aéroportuaire où le travail en heure décalé est très important. De telles solutions soulignent l’urgence à agir mais ne sauraient remplacer une politique publique globale et concertée sur les vrais enjeux des transports franciliens. En tant que maire et parlementaire, j’appelle chaque responsable politique, chaque élu de la nation, à réagir pour mettre fin à cette rupture de l’égalité républicaine. Je demande à ce que soit mis en oeuvre la même réflexion, la même volonté et le même engagement pour les déplacements en moyenne et grande couronne que pour ceux de Paris et sa proche banlieue. Nous partageons le même espace urbain et les mêmes contraintes de développement, nous avons en commun le même objectif de réduction de la pollution et de redéploiement de l’offre de transports en commun. Il est vital que chaque partie prenante, pouvoirs publics et entreprises chargées d’une mission de service public, prenne la mesure de l’urgence à garantir à tous un service public des transports efficace et équitable.

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