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Securité et tranquillité publique : le Député demande au Ministre des moyens pour les forces de l'ordre

30 novembre 2009 1 992 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer Ă  un ami Envoyer Ă  un ami

Les citoyens s’en rendent compte. MalgrĂ© leur travail et leurs actions , les forces de police ne peuvent ĂȘtre aussi prĂšs du terrain que les policiers le souhaiteraient.  Manque de matĂ©riel, manque d’effectif,  inĂ©galitĂ© des territoires en terme de moyens disponibles, dans ces conditions les policiers ne peuvent effectuer le travail de proximitĂ© attendu par  les habitants.

J’ai donc Ă©crit au Ministre de l’intĂ©rieur afin de lui faire connaitre les attentes des Sevranais, des Tremblaysiens et des Villepintois, en terme de sĂ©curitĂ© et de tranquillitĂ© publique.  A noter que depuis ce courrier, et aprĂšs plusieurs intervention de ma part, un commissaire a enfin Ă©tĂ© nommĂ© Ă  Villepinte. Voici la lettre adressĂ©e au Ministre Brice Hortefeux :

« Monsieur le Ministre,

Le 23 septembre dernier, je vous faisais part de mes préoccupations quant à la recrudescence des actes de délinquance.

J’entends depuis la rentrĂ©e des annonces sur la mobilisation du gouvernement pour la sĂ©curitĂ© et la tranquillitĂ© publique. Je constate pourtant que cette mobilisation n’est pas suivie d’effet. Maire et DĂ©putĂ© de Seine-Saint-Denis, je connais la rĂ©alitĂ© des violences urbaines au quotidien. Il m’apparaĂźt nĂ©cessaire de vous part de ce quotidien, tel qu’il est vĂ©cu dans nos villes populaires.

A Villepinte, cet Ă©tĂ©, dans les quartiers Marie Laurencin et des Mousseaux, une trentaine de vĂ©hicules ont Ă©tĂ© incendiĂ©es. Le 30 aoĂ»t, l’incendie d’une voiture et la destruction des compteurs d’électricitĂ© et gaz attenants a entrainĂ© l’évacuation du voisinage et aurait pu avoir de graves rĂ©percussions. A Tremblay, lors des Ă©vĂ©nements du 27 juin dernier, des policiers se sont retrouvĂ©s menacĂ©s par des tirs de mortiers, alors qu’ils organisaient l’évacuation d’un bĂątiment dont un des appartements Ă©tait en flamme. A Sevran, les premiers Ă©lĂ©ments de l’enquĂȘte sur l’incendie qui a causĂ© la mort de 5 personnes, dans le quartier des Beaudottes, Ă©voquent la piste d’une « intervention humaine ».

Tout comme il est nécessaire de connaßtre la réalité vécue des chiffres de la délinquance, il faut également avoir conscience de leurs conséquences concrÚtes.

Sur le plan matĂ©riel, des familles modestes se retrouvent privĂ©es de moyen de locomotion pour amener les enfants Ă  l’école ou pour aller au travail. Bien pire encore, sont les consĂ©quences tragiques de gestes inconsidĂ©rĂ©s et criminels. Enfin, cette dĂ©linquance a des consĂ©quences sociales profondes : la peur, le repli sur soi, le dĂ©litement du lien social. Le risque Ă  laisser en l’état la situation est de voir se construire des barriĂšres insurmontables entre les personnes et entre les quartiers.

La tranquillitĂ© publique et la sĂ©curitĂ© sont donc des sujets majeurs qui demandent un engagement total de la part de l’Etat.

Je n’ai aucun doute quant Ă  l’engagement des forces de polices sur le terrain et des officiers qui les encadrent. Chaque jour, 4823 policiers de notre dĂ©partement effectuent un travail remarquable. Mais encore faut-il qu’ils aient les moyens humains et matĂ©riels nĂ©cessaires pour agir.

Je vous ai donc alertĂ© dans mon courrier du 23 septembre sur l’absence de commissaire Ă  Villepinte depuis plus de 8 mois et depuis plus de un an maintenant Ă  Sevran. Il est inconcevable que les villes de Sevran, Tremblay et Villepinte se retrouvent dĂ©munies d’une direction opĂ©rationnelle face aux problĂšmes de sĂ©curitĂ© et de tranquillitĂ© publique qui parcourent notre territoire. Aussi, je vous demande de bien vouloir intervenir rapidement en faveur de nominations pour ces deux commissariats.

Mais d’autres Ă©lĂ©ments viennent Ă©clairer ce constat de manque de moyens dont souffrent les policiers sur le terrain.

Au commissariat de Villepinte, par exemple, la brigade de sĂ»retĂ© urbaine, la police technique et scientifique ou encore la prise de plainte sont en manque d’effectifs. S’ajoute Ă©galement un manque patent de vĂ©hicules. En effet, pour pouvoir couvrir dans des conditions normales l’ensemble du territoire qu’ils ont Ă  leur charge, onze vĂ©hicules Ă  minima seraient nĂ©cessaires. Ils n’en disposent que de huit. Comment les policiers peuvent-ils accomplir leur mission, avec prĂšs de 25% de vĂ©hicules manquants ?

Pour la ville de Sevran, Monsieur le Ministre, votre prĂ©dĂ©cesseur, avait pris des engagements. En effet, en rĂ©ponse Ă  une question que je lui posais en mars 2008 dans l’enceinte de l’AssemblĂ©e nationale, la Ministre de l’IntĂ©rieur s’était engagĂ©e Ă  la crĂ©ation d’une UTEQ. 18 mois plus tard, et malgrĂ© mes nombreuses interventions, les Sevranais attendent toujours. Monsieur le Ministre, pouvez-vous me donner un calendrier prĂ©cis quant Ă  l’installation de cette police de proximité ?

Par ailleurs, je voudrais vous interpeller sur un point qui me tient particuliĂšrement Ă  cƓur : l’égalitĂ© des territoires. En matiĂšre de tranquillitĂ© publique, comme sur tant d’autres sujets, les villes de Seine-Saint-Denis sont en effet victimes d’une inĂ©galitĂ© flagrante et incomprĂ©hensible. Alors que l’on compte plus du double de plaintes pour atteintes volontaires Ă  l’intĂ©gritĂ© physique dans notre dĂ©partement par rapport au dĂ©partement des Hauts-de-Seine, celui-ci bĂ©nĂ©ficie du mĂȘme nombre de policiers, Ă  une cinquantaine prĂšs. Nous sommes lĂ  face Ă  un manquement manifeste Ă  l’égalitĂ© entre les citoyens. Les principes rĂ©publicains attendent de la part du gouvernement un rĂ©Ă©quilibrage des forces de police, en fonction des besoins concrets.

Enfin, j’entends la voix de nombreux syndicats de police qui s’interrogent quant Ă  la mise en place d’une nouvelle organisation administrative liĂ©e au grand Paris. Cette profession, dĂ©jĂ  touchĂ©e par une crise profonde, craint que la nouvelle organisation dĂ©tache encore plus la hiĂ©rarchie des rĂ©alitĂ©s du terrain.

En souhaitant pouvoir compter sur votre appui et en attendant que vous me fassiez part des dĂ©cisions prises sur ces diffĂ©rents points, je vous prie d’agrĂ©er, Monsieur le Ministre, l’expression mes respectueuses salutations.

François ASENSI

Député de Sevran, Tremblay, Villepinte »

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