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Securité et tranquillité publique : le Député demande au Ministre des moyens pour les forces de l'ordre

30 novembre 2009 1 989 vues Aucun commentaire Imprimer Imprimer Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Les citoyens s’en rendent compte. Malgré leur travail et leurs actions , les forces de police ne peuvent être aussi près du terrain que les policiers le souhaiteraient.  Manque de matériel, manque d’effectif,  inégalité des territoires en terme de moyens disponibles, dans ces conditions les policiers ne peuvent effectuer le travail de proximité attendu par  les habitants.

J’ai donc écrit au Ministre de l’intérieur afin de lui faire connaitre les attentes des Sevranais, des Tremblaysiens et des Villepintois, en terme de sécurité et de tranquillité publique.  A noter que depuis ce courrier, et après plusieurs intervention de ma part, un commissaire a enfin été nommé à Villepinte. Voici la lettre adressée au Ministre Brice Hortefeux :

« Monsieur le Ministre,

Le 23 septembre dernier, je vous faisais part de mes préoccupations quant à la recrudescence des actes de délinquance.

J’entends depuis la rentrée des annonces sur la mobilisation du gouvernement pour la sécurité et la tranquillité publique. Je constate pourtant que cette mobilisation n’est pas suivie d’effet. Maire et Député de Seine-Saint-Denis, je connais la réalité des violences urbaines au quotidien. Il m’apparaît nécessaire de vous part de ce quotidien, tel qu’il est vécu dans nos villes populaires.

A Villepinte, cet été, dans les quartiers Marie Laurencin et des Mousseaux, une trentaine de véhicules ont été incendiées. Le 30 août, l’incendie d’une voiture et la destruction des compteurs d’électricité et gaz attenants a entrainé l’évacuation du voisinage et aurait pu avoir de graves répercussions. A Tremblay, lors des événements du 27 juin dernier, des policiers se sont retrouvés menacés par des tirs de mortiers, alors qu’ils organisaient l’évacuation d’un bâtiment dont un des appartements était en flamme. A Sevran, les premiers éléments de l’enquête sur l’incendie qui a causé la mort de 5 personnes, dans le quartier des Beaudottes, évoquent la piste d’une « intervention humaine ».

Tout comme il est nécessaire de connaître la réalité vécue des chiffres de la délinquance, il faut également avoir conscience de leurs conséquences concrètes.

Sur le plan matériel, des familles modestes se retrouvent privées de moyen de locomotion pour amener les enfants à l’école ou pour aller au travail. Bien pire encore, sont les conséquences tragiques de gestes inconsidérés et criminels. Enfin, cette délinquance a des conséquences sociales profondes : la peur, le repli sur soi, le délitement du lien social. Le risque à laisser en l’état la situation est de voir se construire des barrières insurmontables entre les personnes et entre les quartiers.

La tranquillité publique et la sécurité sont donc des sujets majeurs qui demandent un engagement total de la part de l’Etat.

Je n’ai aucun doute quant à l’engagement des forces de polices sur le terrain et des officiers qui les encadrent. Chaque jour, 4823 policiers de notre département effectuent un travail remarquable. Mais encore faut-il qu’ils aient les moyens humains et matériels nécessaires pour agir.

Je vous ai donc alerté dans mon courrier du 23 septembre sur l’absence de commissaire à Villepinte depuis plus de 8 mois et depuis plus de un an maintenant à Sevran. Il est inconcevable que les villes de Sevran, Tremblay et Villepinte se retrouvent démunies d’une direction opérationnelle face aux problèmes de sécurité et de tranquillité publique qui parcourent notre territoire. Aussi, je vous demande de bien vouloir intervenir rapidement en faveur de nominations pour ces deux commissariats.

Mais d’autres éléments viennent éclairer ce constat de manque de moyens dont souffrent les policiers sur le terrain.

Au commissariat de Villepinte, par exemple, la brigade de sûreté urbaine, la police technique et scientifique ou encore la prise de plainte sont en manque d’effectifs. S’ajoute également un manque patent de véhicules. En effet, pour pouvoir couvrir dans des conditions normales l’ensemble du territoire qu’ils ont à leur charge, onze véhicules à minima seraient nécessaires. Ils n’en disposent que de huit. Comment les policiers peuvent-ils accomplir leur mission, avec près de 25% de véhicules manquants ?

Pour la ville de Sevran, Monsieur le Ministre, votre prédécesseur, avait pris des engagements. En effet, en réponse à une question que je lui posais en mars 2008 dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, la Ministre de l’Intérieur s’était engagée à la création d’une UTEQ. 18 mois plus tard, et malgré mes nombreuses interventions, les Sevranais attendent toujours. Monsieur le Ministre, pouvez-vous me donner un calendrier précis quant à l’installation de cette police de proximité ?

Par ailleurs, je voudrais vous interpeller sur un point qui me tient particulièrement à cœur : l’égalité des territoires. En matière de tranquillité publique, comme sur tant d’autres sujets, les villes de Seine-Saint-Denis sont en effet victimes d’une inégalité flagrante et incompréhensible. Alors que l’on compte plus du double de plaintes pour atteintes volontaires à l’intégrité physique dans notre département par rapport au département des Hauts-de-Seine, celui-ci bénéficie du même nombre de policiers, à une cinquantaine près. Nous sommes là face à un manquement manifeste à l’égalité entre les citoyens. Les principes républicains attendent de la part du gouvernement un rééquilibrage des forces de police, en fonction des besoins concrets.

Enfin, j’entends la voix de nombreux syndicats de police qui s’interrogent quant à la mise en place d’une nouvelle organisation administrative liée au grand Paris. Cette profession, déjà touchée par une crise profonde, craint que la nouvelle organisation détache encore plus la hiérarchie des réalités du terrain.

En souhaitant pouvoir compter sur votre appui et en attendant que vous me fassiez part des décisions prises sur ces différents points, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression mes respectueuses salutations.

François ASENSI

Député de Sevran, Tremblay, Villepinte »

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