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Libre, rouge et rebelle

François Asensi est nĂ© le 1er juin 1945 Ă  Santander, ville portuaire du nord de l’Espagne, capitale de la Cantabrie. Son pĂšre, prĂ©nommĂ© Ă©galement François, est nĂ© Ă  Valence et arrive en France alors qu’il a une dizaine d’annĂ©es, en 1920. Sa mĂšre, Consolacion Martinez, est Française et est nĂ©e un 1er mai de l’annĂ©e 1917, route de la RĂ©volte Ă  Levallois Perret. Á lui seul, ce concours de circonstances entourant la naissance de sa mĂšre symbolise assez bien l’homme politique pas tout Ă  fait comme les autres qu’est François Asensi ; lutteur, communiste et rebelle.

Le gamin du Landy

François Asensi vivra peu de temps en Espagne. Ses parents quittent l’Espagne franquiste alors qu’il a un peu plus de deux ans. Communistes tous les deux, ils ont Ă©tĂ© militants du PCF (Parti communiste français), avant de poursuivre leurs activitĂ©s dans le PCE (Parti communiste espagnol) Ă  leur arrivĂ©e en Espagne. Son pĂšre rejoint, en effet, les RĂ©publicains espagnols en 1937 et combat Ă  leurs cĂŽtĂ©s dans les brigades internationales. Sa mĂšre et sa sƓur, Sonia, le retrouvent en Espagne en 1940 ; ils ne se sont pas revus depuis trois ans. Ses parents participeront Ă  la lutte clandestine contre le fascisme jusqu’Ă  ce que l’espoir d’une reconquĂȘte dĂ©mocratique en Espagne s’Ă©teigne durablement. À la fin de l’annĂ©e 1947, ils dĂ©cident, de regagner la France pour retrouver leur famille qui ne connaĂźt pas encore le « petit dernier » et n’a pas vu sa grande sƓur de 11 ans depuis sept ans. Des passeurs leur font franchir clandestinement la frontiĂšre dans des conditions pĂ©rilleuses, par la traversĂ©e de la Bidassoa, fleuve cĂŽtier frontalier du pays basque.

« Je suis tombĂ© dedans dĂšs que je suis nĂ© ». François Asensi, habillĂ© en torero, est prĂ©sent au rassemblement du stade Buffalo, le 24 avril 1949, Ă  l'occasion du congrĂšs mondial des partisans de la paix. Il est assis dans les bras de sa tante, AngĂšle, elle-mĂȘme assise prĂšs de ses parents, son pĂšre, François, sur la gauche et prĂšs de lui sa mĂšre, Consolacion.

« Je suis tombĂ© dedans dĂšs que je suis nĂ© ». François Asensi, habillĂ© en torero, est prĂ©sent au rassemblement du stade Buffalo, le 24 avril 1949, Ă  l'occasion du congrĂšs mondial des partisans de la paix. Il est assis dans les bras de sa tante, AngĂšle, elle-mĂȘme assise prĂšs de ses parents, son pĂšre, François, sur la gauche et prĂšs de lui sa mĂšre, Consolacion.

AprĂšs bien des pĂ©ripĂ©ties, ils s’Ă©tablissent Ă  La Plaine Saint-Denis Ă  Aubervilliers oĂč est installĂ©e une partie de la famille. Le pĂšre reprend son mĂ©tier de tailleur de pierre et ses activitĂ©s au Parti communiste français. La mĂšre travaille comme ouvriĂšre spĂ©cialisĂ©e chez Jeumont Schneider oĂč elle occupe des responsabilitĂ©s syndicales. « Je suis tombĂ© dedans dĂšs que je suis nĂ© », plaisante François Asensi affectueusement, en parlant de ses parents. Au grĂ© des dĂ©mĂ©nagements de la famille, les conditions de vie restent prĂ©caires dans de petits logements sans confort et humides. C’est le lot de beaucoup de familles des banlieues. Éli Lotar rĂ©alise en 1946 un documentaire qui alerte l’opinion publique sur les conditions de vie difficiles dans la banlieue parisienne de l’aprĂšs-guerre, Gentils Enfants d’Aubervilliers. Le film est tournĂ© prĂ©cisĂ©ment dans ce quartier du Landy oĂč vit la famille Asensi. Jacques PrĂ©vert en Ă©crit le commentaire et trois poĂšmes-chansons, mis en musique par Joseph Kosma. Le plus connu est chantĂ© par Germaine Montero : « Gentils enfants d’Aubervilliers / Gentils enfants des prolĂ©taires / Gentils enfants de la misĂšre / Gentils enfants du monde entier ».

MalgrĂ© la vie difficile de ces annĂ©es, François Asensi garde le souvenir Ă©mu d’une enfance heureuse oĂč les enfants vivent dans une certaine libertĂ© : « Je connais toutes les rues de ce coin ; Émile Augier, Bengali, du Landy, le chemin latĂ©ral, le chemin de fer industriel, Cristino Garcia, le passage Boise, l’impasse du Chef de la Ville, le Champ des vaches. De ce quartier Ă  la limite d’Aubervilliers et de Saint-Denis, tout prĂšs de l’actuel Stade de France, j’ai fait le terrain d’aventure de mon enfance. Dans la ville, on l’appelait “la petite Espagne”. Beaucoup d’Espagnols y habitaient Ă  l’Ă©poque. » Une bonne part des habitants du quartier a fait la guerre d’Espagne ou participĂ© Ă  la RĂ©sistance, souvent les deux. Son pĂšre anime dans ce quartier cosmopolite une des plus importantes cellules du PCF de la ville. « J’ai Ă©tĂ© trĂšs marquĂ© par le souvenir de la guerre, par la lutte contre le fascisme. Ma tante avait Ă©tĂ© dĂ©portĂ©e, mon oncle Manolo, comme mon pĂšre, s’Ă©tait engagĂ© dans les Brigades internationales. J’ai grandi au milieu de militants. L’antifascisme est vraiment le fond de mon engagement. »

Au Landy, tout le monde le connaĂźt sous le nom de Tito, diminutif espagnol affectueux que lui donne sa mĂšre et qui lui restera longtemps dans sa vie militante.

La classe au CP Ă  l'Ă©cole Edgard Quinet d'Aubervilliers au cours de l'annĂ©e scolaire 1951-52. François Asensi, bras croisĂ©s, est assis au premier rang Ă  droite, ce qui n'empĂȘche qu'il n'ait dĂ©jĂ  un petit air moqueur.

Au CP Ă  l'Ă©cole Edgard Quinet d'Aubervilliers au cours de l'annĂ©e scolaire 1951-52. François Asensi, bras croisĂ©s, est assis au premier rang Ă  droite, ce qui n'empĂȘche qu'il n'ait dĂ©jĂ  un petit air moqueur.

Il fait sa scolaritĂ© primaire Ă  l’Ă©cole du quartier, Edgard Quinet. Quand il entre en sixiĂšme au collĂšge Paul Doumer, il se sent un peu dĂ©motivĂ©. Il ne retrouve pas lĂ  le cocon de l’Ă©cole oĂč « l’instit » prenait le temps de travailler avec tous les enfants. Il faut bien dire qu’avec 44 Ă©lĂšves par classe, les professeurs n’ont guĂšre le temps d’un suivi individuel et adaptĂ© pour chacun. Le collĂšge lui semble impersonnel et froid. Faute d’un vĂ©ritable choix, il entreprend de suivre des Ă©tudes professionnelles au lycĂ©e (LEP) Potain dans le 19e arrondissement de Paris. Quelques annĂ©es plus tard, il obtient son CAP (Certificat d’aptitude professionnelle) de dessinateur industriel. Il entre alors dans la vie active dans une entreprise qui fabrique des machines Ă  laver et Ă  repasser pour les grandes collectivitĂ©s.

L’enfance marque souvent durablement une vie. C’est particuliĂšrement vrai pour François Asensi qui reste trĂšs attachĂ© Ă  Aubervilliers. C’est sans doute Ă  ce moment qu’il prend le goĂ»t de la libertĂ© et de l’indĂ©pendance. Il faut se remĂ©morer ces annĂ©es, dans cette banlieue ouvriĂšre livrĂ©e Ă  elle-mĂȘme oĂč les grands terrains vagues servent de lieux de dĂ©couverte aux enfants ; le foot, la bagarre, l’amitiĂ©, le sentiment d’ĂȘtre libre malgrĂ© la misĂšre. C’est aussi dans ce quartier qui borde le canal Saint-Denis qu’il rencontre la solidaritĂ©, la vraie, celle qui ne faillit jamais parce que, dans ces milieux populaires, oĂč la vie n’a aucune tendresse pour les femmes et les hommes, on ne se laisse jamais tomber les uns les autres. Il est touchĂ© aussi par cet esprit libre et frondeur, un peu canaille, si particulier Ă  cette ville et qui transparaĂźt Ă  chaque carrefour de son histoire, notamment Ă  travers la forte personnalitĂ© de quelques uns de ses maires, Charles Tillon, AndrĂ© Karman ou Jack Ralite.

Le jeune militant communiste

A gauche sur la photo

A gauche sur la photo

Quand apparaissent les premiers comitĂ©s antifascistes contre la guerre d’AlgĂ©rie et contre l’OAS, François Asensi n’a aucune intention de « s’encarter » oĂč que ce soit. « Mon vieux fond libertaire » lance-t-il, avec un sourire ironique
 Pourtant, il participe Ă  une manifestation organisĂ©e Ă  Aubervilliers contre cette guerre qui n’ose dire son nom. On est en octobre 1960 et c’est l’une des premiĂšres manifestations organisĂ©e en France. Elle est durement rĂ©primĂ©e par la police qui matraque les manifestants sans mĂ©nagement. Cette premiĂšre participation Ă  la lutte le marquera profondĂ©ment. Il adhĂšre le jour mĂȘme Ă  la Jeunesse communiste (JC). Il a quinze ans. Moins de quatre ans plus tard, il rejoint le Parti communiste français (PCF) lors d’un voyage dans « la grande patrie du socialisme », l’URSS. « AdhĂ©rer dans ces circonstances, c’Ă©tait un geste fort pour moi. Tout un symbole ! Quand j’y repense aujourd’hui
 » laisse-t-il planer. La fougue et l’enthousiasme de la jeunesse manquent parfois de clairvoyance et puis, la pĂ©riode n’appelait pas les mĂȘmes questions qu’aujourd’hui. Ils ont laissĂ© la place Ă  une rĂ©flexion plus nuancĂ©e sur les rĂ©alitĂ©s du socialisme dans les « pays de l’est ». Pour François Asensi, « Le stalinisme reste une dĂ©chirure, une perversion indĂ©lĂ©bile ». Mais sa fidĂ©litĂ© Ă  l’idĂ©al communiste reste intacte. « Je suis un rouge », lance-t-il avec bravade et l’air provocateur. Il accepte le passĂ© pour ce qu’il est, il l’assume totalement. C’est aussi cet engagement qui a contribuĂ© Ă  bĂątir sa personnalitĂ© et ses combats d’aujourd’hui.

Manifestation du 17 mai 1967 contre les pouvoirs spéciaux et sur la défense de la sécurité sociale

Manifestation du 17 mai 1967 contre les pouvoirs spéciaux et sur la défense de la sécurité sociale

En mars 1965, il fait son service militaire. À son retour, seize mois aprĂšs, les responsables de la JC se rappellent Ă  lui. Il devient secrĂ©taire de cercle Ă  Aubervilliers, puis, trĂšs vite, secrĂ©taire local de la ville. Il prend en mĂȘme temps de plus en plus de responsabilitĂ©s dans le dĂ©partement et est dĂ©signĂ© premier secrĂ©taire de la fĂ©dĂ©ration de Seine-Saint-Denis de l’UJCF (Union des jeunes communistes de France), puis secrĂ©taire national de l’UJCF. « Quand tu fais les choses, tu ne les fais pas Ă  moitiĂ©, tu les fais pour de bon ». Une constante dans ses engagements. Il est tenace, persĂ©vĂ©rant, entreprenant. Il va jusqu’au bout de ses engagements avec opiniĂątretĂ©, mĂȘme quand il n’est plus tout Ă  fait satisfait.

Il quitte la JC sur une action d’Ă©clat. Il est Ă  l’initiative et organise l’occupation de l’ambassade du Chili en 1973 contre le coup d’État de Pinochet. Un « commando » de jeunes communistes entre dans l’ambassade et l’investit. L’affaire fera du bruit dans la presse en France, mais aussi Ă  l’Ă©tranger. Le journal du Parti communiste cubain, Granma, donnera l’information Ă  la une.

Photo de l'occupation de l'Ambassade du Chili qu'il a impulsé (extrait du supplément-rétrospective du journal de la jeunesse communiste Avant Garde de 1975)

Photo de l'occupation de l'Ambassade du Chili qu'il a impulsé (extrait du supplément-rétrospective du journal de la jeunesse communiste Avant Garde de 1975)

D’Aulnay-sous-Bois Ă  la direction fĂ©dĂ©rale du PCF : un parcours semĂ© d’embĂ»ches


A la tribune (à droite) aux cÎtés de Waldek Rocher (au micro)

A la tribune (à droite) avec Waldeck Rocher (au micro), député d'Aubervilliers et sécrétaire général du PCF, à la Mairie d'Aubervilliers

En 1974, il a 29 ans et rĂ©intĂšgre la fĂ©dĂ©ration de Seine-Saint-Denis du PCF. Il devient secrĂ©taire Ă  la propagande. « Quand on y croit, on y croit avec tempĂ©rament, on prend des responsabilitĂ©s, on a plaisir Ă  ĂȘtre utile ». L’utilisation du pronom Ă  la troisiĂšme personne marque singuliĂšrement ce moment de la vie de François Asensi, comme s’il ne parlait pas vraiment de lui, mais d’un collectif qui avait toujours raison et qui ne dĂ©rogeait pas Ă  la rĂšgle de l’unanimisme. Pendant cette pĂ©riode de sa vie qui dure une dizaine d’annĂ©es, François Asensi se retient. Il n’est sans doute pas complĂštement lui-mĂȘme. Il se plie Ă  la sĂ©vĂšre discipline d’un parti qu’il dĂ©crit comme Ă©tant « quasi militaire », un parti qui reste trop souvent campĂ© sur ses positions sans prendre en compte l’Ă©volution sociĂ©tale. Ça ne lui plaĂźt pas. Il ravale ses rancƓurs autant qu’il le peut, mais les couleuvres ont de plus en plus de mal Ă  passer. Son cĂŽtĂ© franc et frondeur ne tardera pas Ă  reprendre le dessus et curieusement le « je » reparaĂźt dans l’entretien comme s’il redevenait alors lui-mĂȘme.

François Asensi quitte Aubervilliers. Chez les communistes, ça se passe souvent comme ça. Quand on estime que trop de militants se retrouvent dans le mĂȘme lieu, on propose Ă  ceux que l’on considĂšre comme de bons Ă©lĂ©ments d’aller ailleurs dĂ©fricher de nouveaux terrains. On rĂ©partit, en quelque sorte, le trop plein de militants. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qu’on dit Ă  François Asensi qui est, depuis 1971, Conseiller municipal d’Aubervilliers, dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la jeunesse. On lui laisse le choix entre Saint-Denis et Aulnay-sous-Bois. Il connaĂźt bien Saint-Denis, mais choisira le dĂ©paysement. Aulnay c’est plus loin. Tant qu’Ă  changer autant le faire vraiment. Le cĂŽtĂ© quasi provincial, Ă  l’Ă©poque, de ce coin de Seine-Saint-Denis l’attire, lui qui vient d’une ville de la banlieue proche de Paris et qui aspire Ă  dĂ©couvrir de nouvelles conditions de vie et de militantisme. Un dĂ©fi inĂ©dit pour lui.

A la tribune avec Robert Ballanger, député de Seine-Saint-Denis, dont il est le suppléant. Il prendra sa succesion suite à son décÚs en 1981.

A la tribune avec Robert Ballanger, député de Seine-Saint-Denis, dont il est le suppléant. Il prendra sa succesion suite à son décÚs en 1981.

Fin 1975, il devient secrĂ©taire de la section du PCF d’Aulnay-sous-Bois avec une mission claire : prĂ©parer la succession du maire Robert Ballanger, dĂ©putĂ© et prĂ©sident du groupe communiste Ă  l’AssemblĂ©e nationale, qui souhaite se retirer, en plaçant Pierre Thomas, le candidat des directions nationale et fĂ©dĂ©rale, en position de le remplacer. L’ancien maire, Louis Solbes, est premier adjoint ; les directions ne souhaitent pas qu’il soit maire, ni mĂȘme qu’il reste premier adjoint. « J’ai fait le sale boulot. À l’Ă©poque, on ne s’embarrassait pas trop de scrupules. Humainement, cette pĂ©riode a Ă©tĂ© difficile. Le Parti communiste dans le dĂ©partement Ă©tait un parti dur, structurĂ©, hiĂ©rarchisĂ©, niant le vieux fond anarcho-syndicaliste qui pourtant existait en son sein. » En 1978, Pierre Thomas qui est Conseiller gĂ©nĂ©ral depuis 1976, est proclamĂ© maire d’Aulnay. Aux Ă©lections municipales suivantes, en 1983, François Asensi est Ă©lu conseiller municipal d’Aulnay-sous-Bois. DĂ©putĂ© supplĂ©ant de Robert Ballanger depuis mars 1978, il avait dĂ©jĂ  pris sa succession, Ă  son dĂ©cĂšs, en 1981 comme dĂ©putĂ© d’Aulnay-Sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Sevran, Tremblay, Villepinte.

Les annĂ©es passĂ©es Ă  Aulnay sont aussi sources de satisfaction et d’enrichissement pour ce militant inlassable. C’est l’Ă©poque des grandes luttes chez Ideal Standard ou chez CitroĂ«n dans lesquelles il prend une part essentielle. Il retrouve lĂ  ses engagements de jeunesse ; chaque jour sur le terrain, concoctant les actions, travaillant Ă  la rĂ©daction des tracts, discutant avec les ouvriers, les cadres, mobilisant la population. « De sacrĂ©es bagarres » se souvient-il, qui font apparaĂźtre, pour le conflit CitroĂ«n en 1982, la place prise par les immigrĂ©s dans la classe ouvriĂšre française. Ce qui ne va pas sans poser quelques problĂšmes avec la stratĂ©gie communiste d’alors. Des militants sont gĂȘnĂ©s par la prĂ©sence nombreuse d’immigrĂ©s dans l’entreprise. Certains s’interrogent : « À trop les soutenir, ne prend-on pas le risque de perdre l’appui de la population française de la ville ? ». Les Ă©lus socialistes de la ville lui demandent mĂȘme de prendre ses distances avec les travailleurs de chez CitroĂ«n. La rĂ©ponse de François Asensi sera cinglante : « Pour moi, il n’y a pas de diffĂ©rences. La classe ouvriĂšre est en lutte. Quelque soit ses composantes, on soutiendra son action jusqu’au bout, fusse au prix de la perte de la ville ».

SecrĂ©taire Ă  l’organisation de la fĂ©dĂ©ration (en gĂ©nĂ©ral numĂ©ro 2 dans le PCF), il est Ă©lu premier secrĂ©taire fĂ©dĂ©ral du PCF de Seine-Saint-Denis en 1979, jusqu’en 1985. PĂ©riode difficile de l’histoire du PCF qui commence dans l’enthousiasme du Programme commun signĂ© avec le PS et les radicaux de gauche, se poursuit par la dĂ©sillusion de la rĂ©actualisation Ă  la demande des communistes de ce programme et s’achĂšve avec une expĂ©rience de participation gouvernementale difficile Ă  apprĂ©hender pour les communistes.

Rassemblement à Ideal Standard pendant l’occupation. François Asensi est parmi les ouvriers. Jean-Michel Terry, dirigeant de la CGT et cadre de l’entreprise tient le micro, prùs de lui le maire d’Aulnay-sous-Bois, Robert Ballanger.

Rassemblement à Ideal Standard pendant l’occupation. François Asensi est parmi les ouvriers. Jean-Michel Terry, dirigeant de la CGT et cadre de l’entreprise tient le micro, prùs de lui le maire d’Aulnay-sous-Bois, Robert Ballanger.

Sa dĂ©signation comme premier secrĂ©taire de la fĂ©dĂ©ration ne va dĂ©jĂ  pas de soi. C’est l’Ă©poque ou le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du PCF place ses proches, ceux dont il est personnellement sĂ»r, aux postes clĂ©s et François Asensi ne fait pas partie de ceux qui sont pressentis comme les « PrĂ©fets du parti ». Mais c’est compter sans la tradition d’un dĂ©partement attachĂ© Ă  son indĂ©pendance et Ă  son identitĂ©. Jean Garcia, le secrĂ©taire fĂ©dĂ©ral sortant n’est pas d’accord avec la proposition arrangĂ©e par la direction nationale. Le dirigeant communiste, Étienne Fajon, directeur de L’HumanitĂ©, non plus. Georges Marchais en sera contrariĂ©, Ă  tel point que François Asensi, secrĂ©taire de la plus puissante fĂ©dĂ©ration du PCF n’entrera que tard au ComitĂ© central (1982). « On se mĂ©fiera longtemps de la Seine-Saint-Denis oĂč l’on avait dĂ©jĂ  connu un vĂ©ritable schisme au milieu des annĂ©es soixante. Un dĂ©partement rebelle Ă  qui la direction nationale ne fait jamais totalement confiance » relĂšve François Asensi.

La contestation et le rejet des « camarades » : une blessure qui ne remet pas en cause son engagement militant

Et puis, en 1984, c’est la douche froide. Les positions publiques qu’il prend, en dĂ©saccord avec la direction du PCF, conduisent Ă  son exclusion de son poste de secrĂ©taire fĂ©dĂ©ral et du ComitĂ© central.Il y a en fait longtemps que François Asensi se pose des questions sur certaines prises de position de son parti. Son esprit vif, portĂ© Ă  la contestation hĂ©ritĂ©e de son enfance, a Ă©tĂ© raffermi par sa relation chaleureuse avec Santiago Carillo, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du PCE qu’il a bien connu Ă  Aubervilliers. Le PCE et Carillo estiment que le PCF n’a pas pris la mesure des bouleversements sociĂ©taux mis en lumiĂšre par les Ă©vĂ©nements de 1968 en France. Ces discussions aiguisent dĂ©jĂ  la rĂ©flexion du jeune militant communiste bien que la direction nationale du PCF ait pris ombrage de ces dĂ©clarations.

Le mot d’ordre du PCF de la fin des annĂ©es soixante-dix autour du « Fabriquons français » le dĂ©range. « Je ne le sentais pas bien, trop chauvin, Ă  la limite du nationalisme. “Fabriquons en France” me semblait plus juste ». Puis, le lancement de la campagne par le PCF de la rĂ©actualisation du Programme commun signĂ© en 1972 le laisse insatisfait. « La rupture conduit le PCF Ă  dĂ©velopper encore plus la thĂšse selon laquelle ĂȘtre rĂ©volutionnaire, c’est ĂȘtre Ă  contre-courant des tendances de la sociĂ©tĂ©. La rupture de l’union de la gauche est ainsi imputĂ©e aux communistes ».

Le soutien, par tĂ©lĂ©vision interposĂ©e, sans aucune consultation des communistes, apportĂ© par Georges Marchais, de Moscou en dĂ©cembre 1979, Ă  l’invasion soviĂ©tique en Afghanistan le rĂ©volte. L’affaire du bulldozer de Vitry, le 24 dĂ©cembre 1980 – la municipalitĂ© communiste de Vitry-sur-Seine fait intervenir une pelleteuse contre un foyer de travailleurs maliens – le choque profondĂ©ment. « La fin ne peut pas justifier les moyens. On ne peut pas accepter que les travailleurs pauvres soient tous logĂ©s dans les villes les plus en difficultĂ©. Mais il Ă©tait intolĂ©rable de les expulser de cette maniĂšre ». Le ComitĂ© central intervient pour que les communistes assument l’initiative malheureuse. MalgrĂ© sa colĂšre, François Asensi ne remet pas en cause son engagement de secrĂ©taire fĂ©dĂ©ral du PCF, mais l’expression de son dĂ©saccord au bureau fĂ©dĂ©ral de Seine-Saint-Denis et dans des relations privĂ©es amĂšne de nouvelles suspicions Ă  son Ă©gard.

Lorsqu’en fĂ©vrier 1981, le Maire communiste de Montigny-LĂšs-Cormeilles livre Ă  la vindicte populaire une famille marocaine dont certains de ses membres sont soupçonnĂ©s, sur dĂ©nonciation d’une voisine, de trafic de drogue, la coupe commence Ă  dĂ©border. François Asensi refuse d’appliquer en Seine-Saint-Denis les consignes de la direction qui somment les communistes d’organiser la dĂ©nonciation des enseignants laxistes sur les questions de la drogue et leur exclusion de l’Éducation nationale. « La fameuse morale communiste ! Cette pĂ©riode renforce mon sentiment du dĂ©calage entre les positions prises par le PCF et la sociĂ©tĂ© telle qu’elle est. Depuis 1968, le PCF est en total divorce avec la jeunesse et pas seulement estudiantine. Et puis, pour moi, le PCF c’est le parti qui a su rassembler de grands intellectuels, il est liĂ© aux grands mouvements culturels du 20e siĂšcle ; le dadaĂŻsme, le surrĂ©alisme, le cubisme. Mon pĂšre Ă©tait un travailleur manuel, mais dans la bibliothĂšque de la maison, on trouvait des grands classiques et chaque soir, il lisait. On Ă©tait fier d’ĂȘtre aux cĂŽtĂ©s de grands intellectuels comme Aragon, Éluard, Desnos, Picasso et d’autres. Les positions que prend la direction du PCF Ă  ce moment me semblent en totale contradiction avec cette ouverture-lĂ . Elles m’apparaissent populistes, “franchouillardes”. Elles manquent singuliĂšrement de grandeur d’une certaine façon. Je les trouve indignes. Pour moi, c’est une vraie rupture avec le parti auquel je crois appartenir ».

En compagnie de Charles Fitterman, dirigeant communiste, ministre des Transports du gouvernement Mauroy, et Georges Valbon, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

En compagnie de Charles Fitterman, dirigeant communiste, ministre des Transports du gouvernement Mauroy, et Georges Valbon, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

Les Ă©lections europĂ©ennes de juin 1984 dans lesquelles le PCF ne fait un score que de 11 % vont ĂȘtre le dĂ©clencheur d’une contestation que le PCF aura bien du mal Ă  faire taire. Les auteurs du rapport au ComitĂ© central qui suit l’Ă©lection s’autocensurent sur les causes du dĂ©clin du PCF. Ils sont contraints de rĂ©Ă©crire un texte conforme aux souhaits de Georges Marchais.

François Asensi, comme d’autres dirigeants du PCF, sort de sa rĂ©serve : « Les causes du recul ne pouvaient pas ĂȘtre analysĂ©es comme conjoncturelles, uniquement liĂ©es Ă  la participation de ministres communistes au gouvernement et au recentrage des dirigeants socialistes sur la rigueur. Il fallait travailler davantage sur l’histoire du PCF, notamment sur la pĂ©riode qui va de 1956 Ă  1968, et analyser finement ce qui nous avait coupĂ©s de la sociĂ©tĂ©. Au lieu de se refermer sur nous-mĂȘmes, il Ă©tait nĂ©cessaire de mener vraiment la lutte contre l’hĂ©gĂ©monie social-dĂ©mocrate sur la gauche française. Pour cela, il aurait mieux valu porter nos valeurs communistes et ĂȘtre vraiment Ă  l’initiative d’un projet de sociĂ©tĂ© attractif plutĂŽt que de se poser en inquisiteurs du Parti socialiste. Pendant des annĂ©es, le PCF avait portĂ© le drapeau de l’union et il apparaissait d’un coup comme le responsable d’une rupture mortifĂšre. À ce moment, je ne retrouve pas l’engagement rĂ©volutionnaire de mes origines fondĂ© sur l’antifascisme et la libertĂ© ».

La direction dĂ©savouĂ©e, y compris par des personnalitĂ©s comme Marie-Claude Vaillant-Couturier, va « resserrer les boulons » pour reprendre les choses en main. Plus personne n’a accĂšs aux comptes rendus du Bureau politique, mais chacun connaĂźt la dĂ©cision : mener la guerre contre ceux qu’on nomme dĂ©jĂ  « les liquidateurs » du PCF, « les opportunistes, les droitiers ». François Asensi se souvient de la fĂȘte de l’HumanitĂ© de septembre 1984 avec une certaine amertume : « On dĂ©couvre des regards fuyants, qui se dĂ©tournent Ă  votre approche, certains ne disent plus bonjour. On ne parle plus devant toi. Dans le mĂȘme temps, les dirigeants communistes se conduisent comme des exaltĂ©s, entonnant Ă  tue-tĂȘte les chants rĂ©volutionnaires dans les stands. Et lĂ , on se demande ce qui se passe ». Cette pĂ©riode est une blessure pour François Asensi qui rĂ©alise combien la fraternitĂ© communiste demeure fragile. Il se rapproche alors d’autres communistes contestataires qui se retrouvent sous l’appellation de « rĂ©novateurs ».

DĂ©putĂ© de Seine-Saint-Denis et Maire de Tremblay-en-France : l’indĂ©pendance retrouvĂ©e

François Asensi à la télévision

François Asensi à la télévision

En 1986, le PCF de Seine-Saint-Denis est contraint de placer François Asensi en deuxiĂšme position sur la liste qu’il prĂ©sente aux Ă©lections lĂ©gislatives Ă  la proportionnelle. Aux lĂ©gislatives suivantes, en 1988, la droite a supprimĂ© la proportionnelle. L’ancienne circonscription de François Asensi est charcutĂ©e. Aulnay qui, entre-temps, est devenue une municipalitĂ© de droite, se retrouve avec Pavillons-sous-Bois, ville Ă©galement de droite. Le Blanc-Mesnil (direction communiste), Dugny et Stains (direction communiste) forment une autre circonscription. En toute lĂ©gitimitĂ©, et comme c’est la tradition, le dĂ©putĂ© sortant qu’est François Asensi demande Ă  ĂȘtre prĂ©sentĂ© sur cette derniĂšre circonscription, la plus favorable. On lui rĂ©torque que c’est son ami Jack Ralite qui est pressenti. AprĂšs le refus de ce dernier qui est maire d’Aubervilliers, le PCF de Seine-Saint-Denis propose le maire de Stains, Louis Piernat. « Face Ă  ces manƓuvres qui visent en fait Ă  tenter de m’Ă©liminer du paysage politique par la sanction du suffrage universel, je refuse de me prĂ©senter Ă  Aulnay, circonscription taillĂ©e sur mesure pour la droite. Je me retrouve ainsi candidat sur la circonscription Villepinte, Tremblay, Sevran, favorable au PS et qui semble bien difficile Ă  conquĂ©rir ».

La presse annonce quelques jours avant les Ă©lections qu’il n’y aura pas de dĂ©putĂ© communiste Ă©lu en France. Finalement, Ă  la surprise gĂ©nĂ©rale, le PCF rĂ©alise un score de 12 %. « Je partais battu. Le soir du rĂ©sultat, j’Ă©tais Ă  la mairie de Sevran. Il manquait le rĂ©sultat d’un seul bureau de vote, celui de Brossolette Ă  Tremblay, j’avais 56 voix d’avance. Ce bureau Ă©tait traditionnellement plutĂŽt acquis aux socialistes. J’Ă©tais certain d’ĂȘtre battu. Quand George Prudhomme m’a appelĂ© pour me donner le rĂ©sultat de ce dernier bureau, je suis restĂ© incrĂ©dule ; j’Ă©tais Ă©lu avec 17 voix d’avance sur le Parti socialiste. Une surprise inespĂ©rĂ©e ! ». Le PS fait annuler l’Ă©lection auprĂšs du Conseil constitutionnel pour une diffĂ©rence de 20 enveloppes. 12 bureaux de vote seulement sur 58 sont concernĂ©s. 20 enveloppes sur 50 000 Ă©lecteurs exprimĂ©s ; une peccadille tellement courante dans de nombreux scrutins qu’elle n’entraĂźne que trĂšs rarement l’annulation d’une Ă©lection. La campagne Ă©lectorale qui suit est extrĂȘmement tendue. Le PS accuse François Asensi de tricherie, de manipulation sans apporter aucune preuve. Le rĂ©sultat, lui, est sans appel : François Asensi est Ă©lu le 1er fĂ©vrier 1989. Il a devancĂ© le candidat PS de 3 800 voix. Il sera rĂ©Ă©lu dĂ©putĂ© en 1993, 1997, 2002 et 2007.

Le succĂšs retentissant de François Asensi Ă  cette lĂ©gislative de 1988 a encore renforcĂ© sa popularitĂ©, notamment Ă  Aulnay-sous-Bois. Dans la prĂ©paration des municipales de l’annĂ©e suivante, beaucoup attendent que ce soit lui – il habite la ville depuis plusieurs annĂ©es – qui conduise la liste. Mais la fĂ©dĂ©ration du PCF s’arrange pour que la candidature de Pierre Thomas Ă  Aulnay-Sous-Bois soit rapidement rendue publique, coupant ainsi court Ă  toute discussion. Dans le mĂȘme temps, le maire de Tremblay-en-France annonce qu’il souhaite se retirer. La section locale du PCF soutient la candidature de François Asensi pour conduire la liste Ă  Tremblay dont il est aussi le dĂ©putĂ©. Mais la fĂ©dĂ©ration PCF de Seine-Saint-Denis dĂ©sapprouve. George Prudhomme, qui voulait partir, est contraint de rester Ă  son poste.

François Asensi est finalement envoyĂ© Ă  Villepinte. Au premier tour, la liste qu’il conduit devance la liste conduite par le Conseiller gĂ©nĂ©ral PS. La fusion des deux listes est rĂ©alisĂ©e. Dans la triangulaire du deuxiĂšme tour, le FN qui avait fait 12 % au premier tour chute Ă  5 %. La droite a fait front pour battre les communistes. Elle est Ă©lue avec 150 voix d’avance.

Avec Georges Prughomme à l'occasion de la pose de la premiÚre pierre du lycée Léonard de Vinci de Tremblay-en-France en 1991.

Avec Georges Prudhomme à l'occasion de la pose de la premiÚre pierre du lycée Léonard de Vinci de Tremblay-en-France en 1991.

Deux ans plus tard, Georges Prudhomme dĂ©cide de passer outre l’avis du PCF. La majoritĂ© du Conseil municipal de Tremblay-en-France dĂ©missionne. La liste aux Ă©lections municipales qui suivent est conduite par François Asensi, Georges Prudhomme est le second. Elle arrive largement en tĂȘte. François Asensi est Ă©lu maire le 7 avril 1991.

Il est rĂ©Ă©lu en 1995, 2001 et avec plus de 70 % au premier tour en 2008. Lorsqu’il devient maire de cette commune, la plus grande en superficie du dĂ©partement, la ville est dĂ©jĂ  construite. De nombreux Ă©quipements culturels, sportifs, associatifs sont dĂ©jĂ  installĂ©s. Il impulse une politique de rĂ©novation systĂ©matique de ces Ă©quipements, modernise la ville, porte une attention particuliĂšre Ă  la qualitĂ© de vie des habitants, mĂšne une politique de protection de l’environnement, dĂ©veloppe la dĂ©mocratie locale rĂ©ussissant Ă  faire de Tremblay-en-France, une ville de banlieue pas tout-Ă -fait comme les autres mĂȘme s’il se dĂ©fend de pouvoir tout rĂ©soudre : « La gestion d’une ville est un bras de fer permanent avec l’État et les institutions. MalgrĂ© les efforts dĂ©ployĂ©s par la ville, la paupĂ©risation s’accĂ©lĂšre notamment dans le grand ensemble ». Pour autant, jamais il ne baisse les bras.

Son attachement Ă  la mĂ©moire, Ă  l’histoire l’amĂšne, avec trois autres fils de membres des brigades internationales en Espagne (JosĂ© Fort, Jean-Claude Lefort, Pierre ReniĂšre), Ă  crĂ©er l’association des Amis des combattants en Espagne rĂ©publicaine (ACER) en 1996. Il en est toujours co-prĂ©sident.

Un fil conducteur : relever de perpétuels défis

Lors d'un discours inauguratif

Un homme de conviction, toujours prĂȘt Ă  relever de nouveaux dĂ©fis.

Il a, auprĂšs de certains, la rĂ©putation d’ĂȘtre autoritaire et colĂ©rique. François Asensi a passĂ© sa vie Ă  servir avec conviction une cause dans une organisation dont il a le sentiment qu’elle la sert de moins en moins bien. Ses dĂ©boires avec les directions du PCF, la maniĂšre dont il a Ă©tĂ© ballotĂ©, parfois sans mĂ©nagement, l’ont sans doute conduit Ă  se fabriquer une carapace pour ĂȘtre moins vulnĂ©rable. Exigeant avec lui-mĂȘme, il est naturellement exigeant avec les autres. Il attend toujours le meilleur de ceux avec qui il travaille, avec qui il collabore.

La politique occupe une grande place dans sa vie. Pour lui, elle est partout et il n’admet pas facilement que la technocratie prenne le pas sur elle. Il est dans le mĂȘme temps extrĂȘmement attentif aux rapports humains dans ses relations aux autres. Il sait Ă©couter mĂȘme quand il n’est pas d’accord. Et s’il s’emporte parfois, jamais il ne prend de dĂ©cisions arbitraires contre les personnes. Il n’admet pas l’injustice, sans doute parce qu’il en a, lui-mĂȘme, Ă©tĂ© victime Ă  plusieurs reprises. Il reste aussi fidĂšle Ă  ses amitiĂ©s.

Les valeurs de solidaritĂ© qu’il dĂ©fend l’ont amenĂ© Ă  jouer un rĂŽle de premier plan dans la mise en place de la communautĂ© d’agglomĂ©ration entre Sevran, Villepinte et Tremblay.

Il est mariĂ© depuis le 17 janvier 1970 Ă  Marie-Françoise Springhetti avec qui il a deux filles, l’une nĂ©e en 1970, l’autre en 1979. Il est trois fois grand-pĂšre et habite Ă  Tremblay depuis 1991. Le sport est sans doute la deuxiĂšme passion de François Asensi, aprĂšs la politique bien sĂ»r. Ses activitĂ©s ne lui laissent guĂšre de loisirs, mais il n’est pas rare de le croiser sur son vĂ©lo.

François Asensi poursuit aujourd’hui son action pour Ă©tablir un espace communiste moderne, transformateur et ouvert. Il n’a de cesse d’intervenir pour que se construise une vĂ©ritable force Ă  gauche : anticapitaliste, ouverte, capable d’inventer, avec le plus grand nombre, une rĂ©elle alternative Ă  la crise sociale, Ă©conomique et politique et offrant une dynamique politique crĂ©dible et populaire. C’est ce qui l’a, notamment, amenĂ© Ă  s’investir dans les collectifs unitaires qui se sont constituĂ©s dans la foulĂ©e du referendum sur la constitution europĂ©enne, aprĂšs 2005 et Ă  soutenir une candidature unitaire aux Ă©lections prĂ©sidentielles de 2007. Toujours adhĂ©rent du PCF, il participe aux activitĂ©s de l’association des Communistes unitaires.

Votation pour La Poste du 3 octobre 2009

Votation pour La Poste du 3 octobre 2009

François Asensi n’est pas ce militant modeste que se complaisaient Ă  dĂ©peindre les hagiographies officielles communistes. Comment d’ailleurs peut-on sĂ©rieusement ĂȘtre modeste et rĂ©volutionnaire ? François Asensi n’est pas un saint patient et complaisant. Il est ambitieux dans le sens oĂč il est conquĂ©rant pour lui-mĂȘme, mais aussi beaucoup pour les autres. Comme disait Stendhal de Julien Sorel : il est « ivre d’ambition et non pas de vanitĂ© ». Relever de perpĂ©tuels dĂ©fis pour lui, pour sa ville, pour sa circonscription, dans son action rĂ©publicaine de parlementaire, pour les idĂ©es qu’il dĂ©fend est le moteur permanent de sa rĂ©flexion et de son action.

Jacqueline Laurent

RĂ©digĂ© suite Ă  un entretien avec François Asensi, le samedi 5 septembre 2009, Ă  Tremblay-en-France, suivi d’autres discussions dans le courant du mois de septembre 2009.


portrait

Responsabilités politiques

Secrétaire national des Jeunesses Communistes de 1972 à 1974.
Premier Secrétaire de la Fédération du PCF du 93 de 1979 à 1985.
Membre du Comité Central du PCF de 1982 à 1985, dont il a été déchargé de ses fonctions en 1985 au 25Úme CongrÚs, lors du débat sur la rénovation du PCF.
Responsable national du PCF de 2000 Ă  2002.

Mandats

Député de la onziÚme circonscription de la Seine-Saint-Denis (Sevran, Tremblay-en-France, Villepinte)
Maire de Tremblay-en-France

Mandat national

Député suppléant de Robert Ballanger de mars 1978 à janvier 1981
ProclamĂ© Ă©lu dĂ©putĂ© d’Aulnay sous Bois, Blanc-Mesnil, Sevran, Tremblay, Villepinte en janvier 1981.
Réélu député en 1986, 1988, 1993, 1997, 2002 et 2007

Mandat local

Conseiller municipal d’Aubervilliers, dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la jeunesse de 1971 Ă  1977
Conseiller municipal d’Aulnay sous Bois de 1983 Ă  1989.
Conseiller municipal de Villepinte de 1989 Ă  1991
Maire de Tremblay-en-France depuis 1991