Redécoupage électoral : les habitants de Seine-Saint-Denis sont des citoyens à part entière !

19 janvier 2010 1 Par Francois Asensi
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Dans un entretien accordé au Figaro, en marge de l’examen du projet de loi partial sur le redécoupage des circonscriptions législatives, le Secrétaire d’Etat à l’Intérieur réclame que les résidents étrangers ne soient plus comptabilisés comme citoyens, et ainsi privés de représentation politique.

Alain Marleix stigmatise à mot découvert la population immigrée de Seine-Saint-Denis et ses représentants, en mettant en cause leur représentativité. Une telle déclaration de guerre aux départements accueillant des populations étrangères est inadmissible venant d’un représentant de la République.

Cette nouvelle règle du jeu aurait pour effet de minorer la représentation à l’Assemblée nationale de ces départements le plus souvent ancrés à gauche, afin d’assurer la mainmise de l’UMP.

Si le projet de redécoupage de la droite est adopté, la Seine-Saint-Denis perdra un siège de député, alors même que les derniers chiffres du recensement, ignorés par le gouvernement, plaident pour le maintien de 13 députés. Avec la formule d’Alain Marleix, le département serait en plus amputé d’un tiers de ses représentants. Comment accepter une proposition totalement inique qui accorderait, à population égale, seulement 9 députés à la Seine-Saint-Denis, contre 12 députés aux Hauts-de-Seine ?

Un citoyen étranger reste un citoyen qui a toute sa place dans notre démocratie. M. Marleix orchestre une grave atteinte contre la citoyenneté et les droits politiques de populations étrangères parfois résidentes en France depuis plusieurs décennies et parfaitement intégrées à sa vie sociale et politique.

Alors que certains ministres font miroiter l’autorisation du droit de vote aux étrangers et parlent d’intégration des immigrés à la communauté nationale, la volonté de la majorité de droite est de restreindre la citoyenneté des classes populaires. Le droit de vote des étrangers doit devenir une réalité, non plus l’objet de surenchère électorale du Gouvernement ou du Parti socialiste.


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