Intervention auprès de Luc Chatel : "L'Etat doit répondre aux revendications des enseignants et parents d'élèves de Seine-Saint-Denis"

18 février 2010 0 Par Francois Asensi
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Dans le cadre de la nouvelle journée de mobilisation de la communauté éducative de Seine-Saint-Denis, ce jeudi 18 février, je me suis adressé au Ministre de l’Education pour réclamer la prise en compte de ses revendications et pour que ses représentants soient reçus au ministère.

La jeunesse de notre département, parfois en situation de grande fragilité sociale, mérite un investissement massif de l’Etat, condition indispensable à l’égalité des chances.

Je vous propose de retrouver mon intervention :

 

Paris, le 17 février  2010

Monsieur le ministre de l’Education nationale,

Les enseignants, élèves et parents d’élèves de la Seine-Saint-Denis sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour la défense du service public d’éducation, à la suite de divers cas de violence scolaire et des conséquences funestes des réformes éducatives du gouvernement.

Les enseignants doivent faire face à des difficultés croissantes pour exercer leur mission, et je salue le dévouement dont ils font preuve chaque jour pour assurer l’égalité des chances et l’émancipation de nos enfants.

Les récents incidents survenus dans plusieurs établissements de banlieue parisienne, parfois tragiques, ne font que mettre en lumière un mal-être général de la communauté éducative auquel l’Etat doit apporter une réponse. L’école républicaine n’est plus ce sanctuaire imperméable aux maux de notre société. La violence physique et sociale s’invite chaque jour un peu plus à l’école, notamment dans les établissements situés en zone défavorisée.

Ce mal-être de l’Education nationale marque l’échec de la politique comptable appliquée au service public d’éducation, au prix de 50 000 suppressions de postes enseignants et d’assistants d’éducation. Chaque jour, je constate sur le terrain un manque de moyens qui paralyse les écoles. La FCPE de Seine-Saint-Denis dénombre près de 2000 journées de classes non assurées depuis la rentrée, faute de remplaçants, notamment sur la commune de Sevran. A cet aspect matériel s’ajoute une remise en cause profonde du métier d’enseignant par la réforme des IUFM et des programmes du lycée.

Vous n’êtes pas sans savoir que ce département concentre des populations en grande difficulté sociale, avec un quart des mineurs vivant en dessous du seuil de pauvreté et un taux de chômage supérieur de trois points à la moyenne francilienne. En Seine-Saint-Denis plus qu’ailleurs, l’intervention de l’Etat doit par conséquent être massive pour assurer l’égalité des chances. Avec une population constituée de 30% de moins de vingt ans, notre département est riche d’un vivier de jeunes gens créatifs qui ont le droit de bénéficier d’un service public d’éducation de qualité.

Les mesures annoncées à ce jour par le Gouvernement, essentiellement tournées vers la vidéosurveillance et les technologies de sécurité, ne résoudront pas les problèmes à leur racine. La moyenne de 18 surveillants pour 1000 élèves est totalement insuffisante, alors que la présence humaine demeure indispensable pour encadrer et faire œuvre de pédagogie.

Pour l’ensemble de ces raisons, la communauté éducative de Seine-Saint-Denis a pris la décision, que je soutiens, d’une nouvelle journée de grève et de manifestation ce jeudi 18 février.

L’intérêt de notre école républicaine plaide pour que le dialogue soit renoué au plus vite entre votre ministère, les enseignants et les parents d’élèves. Je vous serai ainsi reconnaissant de recevoir dès aujourd’hui leurs représentants afin d’entendre leurs propositions

En vous remerciant par avance de votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de ma haute considération. 

FRANCOIS ASENSI

Député de Seine-Saint-Denis 

Maire de Tremblay-en-France


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