Une tache indélébile sur notre République

21 juin 2007 1 Par Francois Asensi
Partager sur

Maurice Audin était un jeune militant communiste et anticolonialiste de 25 ans, brillant mathématicien qui s’était rallié à la cause algérienne. Père de 3 enfants en bas âge et il devait soutenir sa thèse le 2 décembre 1957.

Or quelques mois aupravant, le 11 juin 1957, il était arrêté par les parachutistes et le 21 juin, il y a 50 ans aujourd’hui, il succombait après avoir été sauvagement torturé.

L’armée a couvert cet assassinat par le mensonge d’une prétendue « évasion » et depuis, sa mort n’a jamais été reconnue par les autorités civiles et militaires. La vérité a pourtant été mise à nue par l’éminent historien, récemment décédé, Pierre Vidal Naquet. Mais aucune explication officielle n’a été donnée de sa disparition et son corps n’a jamais été retrouvé.

Sa veuve, Josette Audin, a raison de dire que « la justice française se grandirait en appliquant une jurisprudence internationale pour laquelle aucune affaire criminelle ne peut être éteinte tant que le corps reste disparu ».

Le combat de Maurice Audin est celui d’une cause juste : l’anticolonialisme et la liberté pour le peuple algérien. Ce combat, les Algériens en ont été tragiquement victimes lors d’une sauvage répression le 17 octobre 1961. C’est à cette tradition que j’ai été fidèle lorsque j’ai mené bataille contre le retour de l’idéologie coloniale à travers une loi de février 2005 qui imposait aux programmes scolaires de reconnaître « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du nord ».

Si Maurice Audin dispose maintenant d’une place à Alger comme à Paris, il est grand temps que la République en tire les conclusions et reconnaisse officiellement le crime qui a été commis pendant la guerre d’Algérie.

Cinquante ans après ce crime abominable du colonialisme, il faut la vérité et la justice soient définitivement rendue à la mémoire Maurice Audin. C’est ce que souhaite Josette Audin et c’est ce que je demande avec elle.


Partager sur