Si Montreuil m’était conté…

24 octobre 2007 8 Par Francois Asensi
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Cité à plusieurs reprises dans la presse à propos d’un communiqué de Jean-Pierre BRARD, je ne veux pas nourrir ici une polémique inutile mais il est tout de même nécessaire d’apporter quelques précisions. Voici mon commentaire.

Bien malgré moi, Il m’est attribué une interférence dans le climat politique de Montreuil et une contribution à la venue de Clémentine AUTAIN. Il m’est également fait procès une instrumentalisation de cette venue au nom de considérants propres à la vie interne du Parti communiste français. Pur fantasme !

Par contre, si cette interpellation a pour but de reconnaître ma préoccupation pour cette cité à laquelle je suis très attachée, Jean-Pierre BRARD est dans le vrai. Si par extension, elle vise à montrer mes inquiétudes pour la place de ma famille de pensée en Seine-Saint-Denis, alors c’est encore plus vrai.

Quand j’étais secrétaire de fédération de Seine Saint Denis du PCF, j’ai largement facilité l’arrivée de Jean-Pierre BRARD comme maire de Montreuil en 1984. J’ai soutenu, à ce moment là, un jeune candidat au poste de maire.

Peu connu à l’époque du grand public, il a bénéficié de la notoriété et du prestige de personnes politiques de premier plan telles que Marcel DUFRICHE et Louis ODRU, respectivement Maire de Montreuil de 1971 à 1983 et Député de Montreuil de 1962 à 1989. J’aimerai simplement connaître, comme beaucoup d’autres, les perspectives qu’il trace aujourd’hui et qu’il soumettra à l’avis de la population, afin de s’inscrire dans cette continuité.

Malgré la crise et un état partial qui a stigmatisé à des fins idéologiques la Seine Saint Denis, les élus communistes ont porté ce Département vers l’excellence dans de multiples domaines : 1er créateur d’emploi, 2ème pôle universitaire d’Ile-de-France, 5ème département français pour son produit intérieur. Ces réussites nous les avons obtenues dans une dynamique de rassemblement de toutes les forces de la gauche, et singulièrement avec le PS. Aujourd’hui, le Parti socialiste oubliant l’union qui a fait nos succès communs n’a pour ambition que de prendre le Conseil général et plusieurs villes à direction communistes, comme en témoignent des primaires imposées à Bagnolet, Aubervilliers, Pierrefite, La Courneuve, Villetaneuse et même Montreuil, et la volonté de faire basculer la Communauté d’agglomération de Plaine Commune.

Dans un tel contexte, il me paraît primordial que le courant communiste, à l’offensive sur son bilan, procède au renouvellement de sa pratique, de sa pensée, fasse appel aux jeunes générations, qui demain exerceront des responsabilités publiques, institutionnelles ou associatives et s’engageront dans le mouvement des idées. Ils seront les nouveaux animateurs de la vie sociale, culturelle et politique. C’est ce qu’attendent les nouvelles générations des communes limitrophes de Paris. Il faut considérer comme une chance l’évolution sociologique de notre département. L’arrivée de cadres, d’intellectuels, d’artistes, de créateurs sont autant de signes positifs pour nos territoires. Cette riche diversité est un atout sur lequel peut compter Montreuil, ville populaire et qui doit le rester.

Non seulement Montreuil n’échappe pas à cette évolution mais c’est la ville où ces mutations sont les plus visibles. L’arrivée de Clémentine AUTAIN m’apparait comme un atout propre à enrichir l’action locale du maire par son ouverture, sa modernité et son attachement aux valeurs de gauche.

Je note en outre que Clémentine AUTAIN n’a jamais revendiqué la place de maire ni un quelconque privilège. Elle sait, avant d’être une élue, rester une militante. Jean-Pierre BRARD le sait puisqu’il a eu l’occasion de la rencontrer et d’apprécier la sincérité de sa démarche.

Enfin, je constate que dans la perspective d’une désunion des forces de gauche à Montreuil, puisque Dominique VOYNET et le Parti socialiste annoncent leur intention de faire cavalier seul, le chemin du rassemblement ne passe certainement pas par des propos blessants à l’égard d’une jeune femme militante. Jean-Pierre BRARD peut conjuguer tous ces nouveaux talents dans l’intérêt général.


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