Attaque criminelle de l'armée israelienne : "Je réclame des sanctions contre un Etat hors la loi"

2 juin 2010 0 Par Francois Asensi
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Déclaration du Député François ASENSI, membre de la Commission des Affaires étrangères, condamnant l’attaque criminelle de l’armée israélienne.

1er juin 2010

« La communauté internationale doit sanctionner un Etat hors la loi »


L’attaque délibérée de l’armée israélienne contre la mission humanitaire internationale « Free Gaza » a provoqué la légitime indignation du monde entier. Je condamne avec la plus grande fermeté ce recours à la violence. Rien ne peut justifier la mort de militants pacifistes, soucieux d’apporter assistance à une population gazouie qui se meurt d’un blocus illégal imposé par Israël depuis trois ans.

Au sein même de la société israélienne et dans la diaspora juive, de nombreuses voix se sont élevées. Il faut saluer le difficile combat de ces infatigables défenseurs de la paix et de l’émancipation humaine.

L’attaque israélienne contre la flottille humanitaire est une violation grave des droits de l’homme et du droit international, puisque le commando militaire est intervenu hors de son territoire, dans les eaux internationales.

Ce qu’il convient de qualifier de crime d’Etat n’est pas sans précédent. Du non respect des résolutions onusiennes sur la création d’un Etat palestinien aux crimes de guerre à Gaza, de la colonisation des terres palestiniennes au blocus contre la population gazouie, Israël se joue de la communauté internationale et des conventions protégeant les populations.

La violence militaire qui s’est abattue sur des civils en dehors du territoire israélien marque cependant une détermination renforcée à saper les espoirs de paix et la reconnaissance des droits palestiniens.

En autorisant son armée à intercepter coûte que coûte la flottille humanitaire, le gouvernement israélien n’a-t-il pas fait le choix de la politique du pire pour renforcer les ennemis de la paix dans les deux camps ? Car les vainqueurs de cette attaque criminelle se comptent chez les extrémistes refusant l’existence d’Israël, comme chez les extrémistes refusant la création d’un Etat palestinien.

Il est grand temps de tirer le bilan de la politique du compromis menée par la communauté internationale avec Israël : la paix n’a pas avancée, et les populations palestiniennes subissent une dégradation continuelle de leurs conditions de vie, par le blocus de Gaza et la poursuite de la colonisation.

L’intronisation de ce pays dans l’OCDE, la semaine dernière, ou encore le rehaussement de ses relations avec l’Union européenne ont donné à Israël l’assurance de disposer du soutien des pays occidentaux.

La condamnation unanime depuis hier de la communauté internationale doit désormais accoucher de sanctions dissuasives contre le gouvernement israélien. Les Etats-Unis d’Amérique de Barack Obama endosseraient une responsabilité historique en bloquant le vote de mesures de rétorsion par le Conseil de sécurité de l’ONU.

La France, après des déclarations ambiguës déplorant l’usage disproportionné de la force et les conséquences de l’attaque israélienne, a clairement condamné le principe même de cette opération illégale par la voix du Premier ministre. Notre pays doit traduire ces paroles en acte en exigeant au sein de l’ONU le respect de résolutions adoptées et la levée immédiate du blocus de Gaza.

Au sein de l’Union européenne, je demande que la France soutienne la création d’une commission d’enquête impartiale sous l’égide de l’ONU et réclame la suspension des accords commerciaux privilégiés avec Israel.

J’attends également que notre pays exige la libération immédiate et sans condition des militants français capturés dans les eaux internationales et cesse toute exportation de matériel militaire vers Israël.

Avec les députés du groupe de la Gauche démocratique et républicaine, je demande que le Premier ministre se soumette à un débat à l’Assemblée nationale pour répondre à ces exigences.

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Je me suis également adressé au Premier ministre pour que la France mette un terme à ses exportations d’armement vers Israël

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Question du Député François ASENSI au Premier ministre François FILLON :

La France constitue le premier pays exportateur d’armes de l’Union européenne à destination d’Israël, un Etat auteur de graves violations du droit international et des droits de l’homme.

Au cours de l’année 2008, 104 autorisations d’exportation d’armement vers ce pays ont été délivrées, à hauteur de 75 millions d’euros. Entre 2007 et 2008, le montant des livraisons effectives d’armement a doublé.

Le Code de conduite européen relatif aux exportations d’armement définit pourtant avec précision les critères interdisant ou limitant les ventes d’armes : utilisation de l’armement à des fins de répression interne, violations des droits de l’homme, non-respect du droit international, utilisation des armements pour attiser un conflit et imposer des revendications territoriales,…

Les crimes de guerre commis selon le rapport Goldstone par l’armée israélienne lors de la guerre de Gaza, ainsi que l’attaque meurtrière et illégale d’une flottille humanitaire le 31 mai 2010 démontrent que la moitié des critères du Code de conduite européen ne sont pas respectés. La violation des résolutions de l’ONU concernant la création de l’Etat palestinien et la levée du blocus contre la bande de Gaza placent Israël au ban de la communauté internationale.

Il aimerait savoir si la France entend faire respecter pleinement le Code de conduite européen en suspendant ses livraisons d’armement militaire vers ce pays.

Il souhaiterait connaître les initiatives que compte prendre la France pour que les autorités européennes et onusiennes imposent un embargo sur les livraisons d’armement vers Israël.
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