Assemblée Nationale : un budget ambitieux pour une Europe solidaire

29 octobre 2008 0 Par Francois Asensi
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Un budget ambitieux au service d’une Europe solidaire

A l’occasion de l’examen en loi de finances 2009 du budget consacré à l’Union européenne, j’ai regretté le manque d’ambition de ce budget et proposé une réorientation des crédits vers une Europe sociale et écologique

La présidence française de l’Union européenne a lieu au moment précis où la crise du capitalisme – car il faut appeler un chat un chat – rejoint la crise de légitimité démocratique que traverse la construction européenne.

Les impasses de la finance mondialisée découlent des politiques économiques et monétaires dogmatiques de l’Europe libérale que sont le pacte de stabilité, la marchandisation de toutes les activités humaines et l’indépendance de la Banque centrale européenne.
Après les désaveux des peuples français et hollandais lors du référendum de 2005, et le récent rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais, la crise financière plaide pour une refonte de la construction européenne. Je ne peux que constater que le budget européen présenté à l’Assemblée nationale reconduit les orientations désavouées par les peuples.

L’essentiel des crédits consacrés à la « Liberté, sécurité et justice » seront en réalité utilisés pour réprimer l’asile et l’immigration. Le visage de l’Union européenne ne peut se réduire à des politiques fondées sur des systèmes de contrôle policier sophistiqués, le recul de la politique d’asile, les centres de rétention. Les murs n’empêcheront pas l’exode des hommes et l’immigration de la pauvreté, que la crise du capitalisme accentuera : alors que 25 000 milliards de dollars ont été dépréciés par la crise, seulement 30 milliards de dollars par an permettraient d’éradiquer la famine.

A l’inverse, les crédits engagés pour la « Citoyenneté » connaissent une baisse inquiétante qui se répercutera sur des questions au centre des préoccupations des citoyens européens : santé publique, protection civile, financement de programmes culturels.

Au moment où les Européens attendent plus que jamais de l’Union une politique de solidarité à l’intérieur comme à l’extérieur, je déplore la forte baisse des paiements – moins 14,5 % – dans le projet de budget pour 2009.

L’insuffisance des moyens alloués aux opérations de paix extérieures ainsi qu’à l’aide alimentaire est inadmissible. En tout état de cause, cela confirme que l’Union européenne n’est pas prête à s’imposer comme un acteur mondial sur la scène internationale.

Devant ce recul des ambitions progressiste, humaniste et de coopération de l’Union européenne, traduit par un budget corseté, j’ai choisi de voter contre le projet de budget européen pour 2009.


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