Réunion des antilibéraux à Romainville

31 janvier 2007 0 Par Francois Asensi
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J’étais hier à Romainville pour soutenir la liste Doussin/Weisselberg dans le cadre des élections municipales qui auront lieu le 11 février. Vous le savez peut-être mais la situation politique à Romainville est particulièrement tendue depuis que Corinne Valls a été élue en 2002. Cette dernière a perdu sa majorité en cours de mandat et a démissionné en fin d’année dernière. Ce microclimat suscite bien évidemment l’incompréhension et le désarroi des habitants.

Il m’a semblé nécessaire d’apporter un soutien au candidat du rassemblement antilibéral. J’ai, d’ailleurs, lu récemment que la maire démissionnaire conteste à Jean-Marie Doussin « le monopole des antilibéraux ». Soit, mais s’il n’en a pas le monopole, il en a au moins la confiance. Une confiance avérée par les présences hier de Patrick Braouezec (PCF), Clémentine Autain (membre du collectif national) et Christian Piquet (LCR), pour ne citer qu’eux. Je trouve particulièrement étrange l’attitude de Corinne Valls qui n’hésite pas à se présenter en candidate unitaire de la gauche alors qu’elle a pour seul objectif de livrer Romainville aux socialistes. Des socialistes dont on peut se demander si leur ambition n’est pas de réduire à néant le Parti communiste en Seine-Saint-Denis.

J’ai évidemment mon idée sur la question…et pour tout dire, je trouve très déplaisant la distorsion des actes et des paroles en politique. Le PS s’émeut de l’absence de pluralité dans le débat public, il veut « refonder la démocratie » mais il se complaît dans le bipartisme désastreux dans lequel la Ve République a entraîné la vie politique française. Le pluralisme ne doit pourtant pas se cantonner à un slogan électoral. Si le débat public ne fait pas entendre toutes les opinions, si la représentation nationale ne s’ouvre pas à toutes les sensibilités, c’est la démocratie qui est touchée, le pacte républicain qui est remis en cause. Les Français ne s’y retrouvent pas et s’exaspèrent devant une compétition électorale cadenassée. Toutes les tentatives, affichées ou implicites, qui visent à faire triompher le bipartisme sont dangereuses. A Romainville comme partout ailleurs.

Cette réunion a donc été l’occasion de réaffirmer ce fort besoin de diversité. Des militants communistes, de la LCR, des Verts, mais aussi beaucoup de citoyens sont venus pour débattre, interpeller ou encourager notre démarche de transformation sociale. Le rassemblement antilibéral a devant lui un espace politique très important. Il est une alternative crédible aux politiques libérales mais aussi une construction politique inédite. Cette offre nouvelle doit, à la fois, servir à dépasser les logiques d’appareil et permettre au citoyen de réinvestir la sphère publique.

Je crois que l’échec de la candidature unitaire à la présidentielle ne doit pas nous faire oublier que la vie politique ne s’arrête pas là. Au contraire, les élections locales, comme celles de Romainville, sont capitales dans la perspective de l’après 2007. Il est essentiel de continuer le rassemblement lors des législatives puis lors des municipales de 2008. C’est la seule manière de garantir l’autonomie et la pérennité de la dynamique que nous portons. Des espoirs ont été soulevés après la victoire du NON au référendum européen : nous avons donc une responsabilité à assumer et des attentes à satisfaire. Mobilisons-nous !


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