Intercommunalité : Aulnay ne peut rester à l'écart

19 janvier 2009 0 Par Francois Asensi
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Très attaché aux communes de la Plaine de France et aux Pays de l’Aulnoye, je suis avec attention le développement de la ville dont vous avez la charge depuis mars 2008. Vous n’êtes pas sans savoir que le Président de la République a mandaté Monsieur Blanc, Secrétaire d’Etat, dans le but de proposer un nouveau rayonnement à la région capitale. Cette orientation s’articule avec la proposition du maire de Paris de promouvoir également les territoires franciliens sous la houlette de la conférence métropolitaine.

Tous ces débats ont leur pertinence pour peu qu’ils aient comme moteur la progression du niveau de vie des habitants de nos régions et la recherche d’une qualité de vie permanente. Au coeur de cette exigence se trouvent naturellement l’égalité sociale, les questions de l’emploi, de la formation, du logement et des transports.

Si nous voulons que les collectivités territoriales puissent contribuer à ce débat et faire valoir leurs desiderata, il est absolument nécessaire de promouvoir des actions communes et d’oeuvrer à la construction d’un véritable projet de territoire dans notre secteur géographique.

Si nous ne le faisons pas, nos villes seront isolées, et on leur imposera des intercommunalités.

Vous savez que je suis depuis de nombreuses années volontaire pour le renforcement de la coopération entre nos communes. Je propose de construire comme en dispose la loi Chevènement, votée sous le gouvernement Jospin, une communauté d’agglomération. Je veux dire ici que ces nouvelles coopérations ne peuvent se réaliser sans la volonté des communes et des citoyens. En tout état de cause, c’est le Conseil municipal souverain de votre ville qui décidera.

Le bien-fondé d’une communauté d’agglomération concourt à réaliser des projets que ne permet pas le cadre restreint d’une seule commune. C’est vrai dans les domaines du sport, de la culture, des infrastructures de transports, du développement durable, etc…

J’ajoute que la mise en commun de moyens nous permet de mutualiser les coûts. Déjà dans de nombreux domaines, les villes du syndicat, Aulnay, Le Blanc-Mesnil, Sevran, Villepinte et Tremblay, coopèrent, et ce depuis 1971.

Nous avons déjà une longue expérience du « travail ensemble ». Je citerai ici le développement durable : la collecte et le traitement des déchets ménagers, la promotion des énergies renouvelables et des liaisons douces ; l’ingénierie du syndicat dans le domaine des transports : ligne B du RER, gare de Sevran-Livry, gare des Beaudottes, gare du Vert-Galant ; c’est vrai également dans le domaine de la
formation avec la M2E d’Aulnay ; dans le domaine des loisirs avec pour fleuron le centre équestre intercommunal fréquenté par les enfants d’Aulnay.

Le travail en commun est également une réalité en dehors du SEAPFA. Je veux souligner la place toute particulière dans le secteur de la santé, de l’hôpital public Robert-Ballanger. Chacune de nos villes a un représentant au Conseil d’administration de l’hôpital, très actif dans la modernisation de cet établissement.

L’idée d’une intercommunalité n’est pas nouvelle. Je l’ai évoquée avec les maires de Villepinte, Sevran, Le Blanc-Mesnil et Aulnay. Dans un communiqué commun, Madame Valleton, maire de Villepinte, Monsieur Gaudron, maire d’Aulnay, Monsieur Gatignon, maire de Sevran et moi-même, avions estimé qu’il fallait engager le processus de l’intercommunalité. Malheureusement, j’ai constaté beaucoup d’inertie et, disons le franchement, l’absence de volonté politique. C’est d’autant plus dommageable que l’intercommunalité transcende le clivage droite-gauche. Seule la création de services utiles pour nos habitants doit nous guider dans notre projet.

J’ai évoqué le sujet avec vous à plusieurs reprises lors de rencontres informelles avant les élections municipales de 2008. J’avais cru déceler chez vous un véritable intérêt pour cette proposition. C’est pourquoi je suis surpris aujourd’hui de vos préventions, si ce n’est de votre refus de transformer notre syndicat en communauté d’agglomération.

Les populations de nos cinq villes confrontées à la crise économique et sociale, et pour certaines, au mal vivre dans des quartiers d’exclusion, attendent de nous des actes.

Je ne désespère pas qu’Aulnay s’associe un jour à ce processus d’union et je travaillerai en ce sens. Mais aujourd’hui le temps presse. C’est pourquoi j’ai proposé à mes collègues maires de Sevran et de Villepinte, mais aussi aux habitants par une annonce, de constituer entre nos trois villes une première étape vers une intercommunalité plus large par la suite et que j’appelle de mes vœux.

Nous demanderons à la ville d’Aulnay de nous rejoindre dans l’intérêt de ses habitants. Le principe même de la coopération intercommunale implique des réflexions communes, des décisions collégiales, le consensus comme moyen et comme finalité de toute construction et de tout projet. C’est pourquoi vous n’avez pas à craindre une instrumentalisation de ce nouvel outil à des fins partisanes. C’est du reste dans cet esprit que je préside aux destinées du syndicat intercommunal et de ma ville de Tremblay.

Dans l’attente de vous rencontrer et de pouvoir à nouveau échanger,

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire et cher collègue, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

François ASENSI
Député de Sevran, Tremblay et Villepinte
Maire de Tremblay-en-France


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